Pourquoi ? Parce qu’on ne répond pas Amen dans le Temple.
וְכׇל כָּךְ לָמָּה לְפִי שֶׁאֵין עוֹנִין אָמֵן בַּמִּקְדָּשׁ
Nos maîtres ont enseigné dans une baraïta : « De quel passage biblique déduisons-nous qu’on ne répond pas Amen au Temple ? Au moment de l’inauguration du deuxième Temple, les Lévites ordonnèrent au peuple (Néh. 9, 5) – “Levez-vous, bénissez l’Éternel votre Dieu depuis ce monde jusqu’au monde [à venir].” Chaque bénédiction récitée au Temple se terminait par la formule – “Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël, depuis ce monde jusqu’au monde [à venir].” Et de quel passage déduisons-nous qu’après chaque bénédiction récitée au Temple, les assistants prononçaient une louange ? Du verset (ibid.) – “Ils béniront le Nom de Ta gloire, [le Nom] qui s’élève au-dessus de toute bénédiction et louange” ; après chaque bénédiction, on répondait la louange : “Béni soit le Nom de Sa gloire à tout jamais.” »
תָּנוּ רַבָּנַן מִנַּיִן שֶׁאֵין עוֹנִין אָמֵן בַּמִּקְדָּשׁ שֶׁנֶּאֱמַר קוּמוּ בָּרְכוּ אֶת ה׳ אֱלֹהֵיכֶם מִן הָעוֹלָם עַד הָעוֹלָם וּמִנַּיִן שֶׁעַל כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה תְּהִלָּה שֶׁנֶּאֱמַר וִיבָרְכוּ שֵׁם כְּבֹדֶךָ וּמְרוֹמַם עַל כׇּל בְּרָכָה וּתְהִלָּה עַל כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה תֵּן לוֹ תְּהִלָּה
MICHNA Parmi les textes devant être prononcés en hébreu, la première michna de ce chapitre a mentionné les bénédictions du Cohen Gadol. Dans quelles circonstances les récite-t-il ? Le jour de Kipour, après le culte sacrificiel, le bedeau de la synagogue construite sur le mont du Temple prend un Rouleau de la Tora, le donne au président de la synagogue, qui le remet au Vice Cohen Gadol, pour qu’il l’apporte au Cohen Gadol.
מַתְנִי׳ בִּרְכוֹת כֹּהֵן גָּדוֹל כֵּיצַד חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה וְנוֹתְנָהּ לוֹ לְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת וְרֹאשׁ הַכְּנֶסֶת נוֹתְנָהּ לַסְּגָן וְהַסְּגָן נוֹתְנָהּ לְכֹהֵן גָּדוֹל
Ce dernier se lève, reçoit le Rouleau et lit le chapitre 16 du Lévitique dans la section A‘harei Mot, qui décrit le rite sacrificiel du jour de Kipour. Ensuite, pendant la traduction en araméen de ce passage, il déroule la Tora pour arriver à Akh bé-‘assor (Lév. 23, 26–32) – se rapportant aussi à Kipour – et lit ces versets. Puis il ferme le Rouleau, le met contre sa poitrine et déclare à l’assistance : bien que je sois appelé à vous lire un troisième passage de la Tora, ne croyez pas que je ferme maintenant le Rouleau parce qu’il ne s’y trouve pas. En vérité, il est écrit ici, à propos de Kipour, plus que je ne vous ai lu. Ensuite, il récite par cœur le texte commençant par Ou-vé-‘assor dans le Livre des Nombres (29, 7–11).
וְכֹהֵן גָּדוֹל עוֹמֵד וּמְקַבֵּל וְקוֹרֵא אַחֲרֵי מוֹת וְאַךְ בֶּעָשׂוֹר וְגוֹלֵל אֶת הַתּוֹרָה וּמַנִּיחָהּ בְּחֵיקוֹ וְאוֹמֵר יָתֵר מִמַּה שֶּׁקָּרִיתִי לִפְנֵיכֶם כָּתוּב כָּאן וּבֶעָשׂוֹר שֶׁבְּחוֹמֶשׁ הַפְּקוּדִים קוֹרֵא עַל פֶּה
À la fin de la lecture de la Tora, il récite huit bénédictions : celle qui est prononcée après chaque lecture de la Tora (« acher natan lanou Torat émet... ») ; trois autres, tirées du rituel de la ‘Amida, se rapportant au Service (Retsè...), au remerciement (Modim) et au pardon des péchés ; une cinquième sur le Temple (finissant par « qui choisit le Temple ») ; une sixième, sur Israël (conclue par la formule « qui choisit Israël, Son peuple ») ; et deux autres bénédictions sur les Cohanim (« qui choisit les Cohanim ») et sur Jérusalem (« qui réside à Sion »), suivie d’une autre prière.
וּמְבָרֵךְ עָלֶיהָ שְׁמֹנֶה בְּרָכוֹת עַל הַתּוֹרָה וְעַל הָעֲבוֹדָה וְעַל הַהוֹדָיָיה וְעַל מְחִילַת הֶעָוֹן וְעַל הַמִּקְדָּשׁ וְעַל יִשְׂרָאֵל וְעַל הַכֹּהֲנִים וְעַל יְרוּשָׁלַיִם וְהַשְּׁאָר תְּפִלָּה
GUEMARA Puisque le bedeau de la synagogue ne remet pas directement le Rouleau au Cohen Gadol, mais fait honneur au président en présence du Cohen Gadol et du Vice Cohen Gadol, il semble qu’un élève ait le droit de témoigner du respect à un condisciple éminent en présence du maître, sans porter ombrage à ce dernier – contrairement à l’affirmation de Rabbi Yochiya, opposé sur ce point à Aba ‘Hanan (Baba Batra 119b) !
גְּמָ׳ שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ חוֹלְקִין כָּבוֹד לְתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב
Abayè réfute : en réalité, il est interdit de témoigner du respect à un disciple en présence de son maître. Ici, on accomplit tout ce cérémonial en l’honneur du Cohen Gadol : le Rouleau passe d’un échelon à l’autre jusqu’au Cohen Gadol.
אָמַר אַבָּיֵי כּוּלַּהּ מִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ דְּכֹהֵן גָּדוֹל הוּא
Suite de notre michna – « Le Cohen Gadol se lève, reçoit le Rouleau de la Tora et lit la première partie de la section A‘harei Mot ainsi que le passage commençant par Akh bé-‘assor. » En précisant que le Cohen Gadol se lève au moment où il reçoit le Rouleau de la Tora, la michna laisse entendre qu’il était assis jusque-là. Pourtant, la lecture a lieu dans le parvis du Temple et, selon une règle établie, personne n’a le droit de s’asseoir dans le parvis du Temple, excepté les rois de la dynastie de David, car il est dit (II Sam. 7, 18) – « Le roi David vint s’asseoir devant l’Éternel et dit : “Qui suis-je, Éternel Dieu, et qu’est-ce que ma maison pour que Tu m’aies fait arriver jusqu’ici ?” »
וְכֹהֵן גָּדוֹל עוֹמֵד וּמְקַבֵּל וְקוֹרֵא וְכוּ׳ עוֹמֵד מִכְּלָל דְּיוֹשֵׁב הוּא וְהָאָמַר מָר אֵין יְשִׁיבָה בַּעֲזָרָה אֶלָּא לְמַלְכֵי בֵּית דָּוִד בִּלְבַד שֶׁנֶּאֱמַר וַיָּבֹא הַמֶּלֶךְ דָּוִד וַיֵּשֶׁב לִפְנֵי ה׳ וַיֹּאמֶר מִי אָנֹכִי וְגוֹ׳
À l’instar de Rav ‘Hisda, qui affirme (ci-après) que lors du rassemblement (hakhel ; voir Deut. 31, 10–13 et la michna en 41a), le roi lisait la Tora dans la cour des femmes, on peut répondre que la lecture du Cohen Gadol avait lieu au même endroit.
כִּדְאָמַר רַב חִסְדָּא בְּעֶזְרַת נָשִׁים הָכָא נָמֵי בְּעֶזְרַת נָשִׁים
Dans quelles circonstances Rav ‘Hisda a-t-il donné sa réponse ? À l’encontre de la règle citée précédemment – selon laquelle personne n’a le droit de s’asseoir dans le parvis du Temple, à l’exception des rois de la dynastie de David – des élèves avaient objecté en apportant cette baraïta – « Où le roi lit-il la Tora lors du Rassemblement ? D’après un premier Tana anonyme, dans la cour. Selon Rabbi Eli‘ézer ben Ya‘acov, sur le mont du Temple, car il est dit (Néh. 8, 3) :
מֵיתִיבִי וְהֵיכָן קוֹרִין בּוֹ בָּעֲזָרָה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר בְּהַר הַבַּיִת שֶׁנֶּאֱמַר

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