doit être prononcée, elle aussi, par les Cohanim eux-mêmes. Et dans la pratique, conclut la guemara, on suit la règle citée par Abayè – selon quoi l’invitation à réciter la bénédiction sacerdotale n’est pas prononcée quand il n’y a qu’un seul Cohen – mais, dans la pratique, on ne suit pas la règle rapportée par Rav ‘Hisda demandant toujours à un Cohen de la faire. מִשֶּׁלָּהֶם תְּהֵא וְהִילְכְתָא כְּווֹתֵיהּ דְּאַבָּיֵי וְלֵית הִילְכְתָא כְּווֹתֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא
La guemara présente quatre enseignements de Rabbi Yehochoua ben Lévi à propos de la bénédiction sacerdotale, puis quatre autres ayant trait à la générosité et à l’avarice. Ces huit règles sont évoquées par les termes mnémotechniques – Il Aspire à la Bénédiction, l’Estrade, au Service, la Coupe, il Reconnaît, il tire Profit de la Génisse. (סִימַן מִתְאַוֶּה לִבְרָכָה דּוּכָן בַּעֲבוֹדָה כּוֹס מַכִּיר נֶהֱנֶה בְּעֶגְלָה)
Rabbi Yehochoua ben Lévi déclare : de quel passage biblique déduisons-nous que le Saint béni soit-Il Aspire à la bénédiction des Cohanim ? Du verset (Nbres 6, 27) – « Ils mettront Mon Nom sur les fils d’Israël et Moi Je les bénirai. » La bénédiction sacerdotale n’est pas présentée comme un besoin de la communauté, mais comme une demande adressée aux Cohanim par le Saint béni soit-Il de mettre Son Nom sur les Enfants d’Israël. Deuxième enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi – Tout Cohen qui récite la bénédiction sera lui-même béni, mais pas celui qui ne la prononce pas, car l’Éternel a déclaré à Avraham (Gen. 12, 3) – « Je bénirai ceux qui te bénissent. » אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִנַּיִן שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִתְאַוֶּה לְבִרְכַּת כֹּהֲנִים שֶׁנֶּאֱמַר וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כׇּל כֹּהֵן שֶׁמְּבָרֵךְ מִתְבָּרֵךְ וְשֶׁאֵינוֹ מְבָרֵךְ אֵין מִתְבָּרֵךְ שֶׁנֶּאֱמַר וַאֲבָרְכָה מְבָרְכֶיךָ
Troisième enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi – Tout Cohen se trouvant à la synagogue qui ne monte pas sur l’estrade pour réciter la bénédiction sacerdotale transgresse trois injonctions – « Ainsi vous bénirez » (Nbres 6, 23), « vous leur direz » (ibid.) et « Ils mettront Mon Nom » (ibid. 6, 27). וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כׇּל כֹּהֵן שֶׁאֵינוֹ עוֹלֶה לַדּוּכָן עוֹבֵר בִּשְׁלֹשָׁה עֲשֵׂה כֹּה תְבָרְכוּ אָמוֹר לָהֶם וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי
Rav affirme qu’en faisant défection, le Cohen se discrédite : il est suspecté d’être issu de l’union interdite entre un Cohen et une divorcée ou une femme ayant procédé au cérémonial du déchaussement et de ce fait, disqualifié [‘halal]. רַב אָמַר חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא בֶּן גְּרוּשָׁה אוֹ בֶּן חֲלוּצָה הוּא
En réalité, précise la guemara, Rabbi Yehochoua ben Lévi et Rav ne sont pas en discussion. Le premier se réfère à un Cohen qui, montant sur l’estrade de temps en temps, ne saurait être tenu pour ‘halal. Rav, lui, parle d’un Cohen supposé l’être, parce qu’il ne monte jamais sur l’estrade. וְלָא פְּלִיגִי הָא דְּסָלֵיק לִפְרָקִים הָא דְּלָא סָלֵיק לִפְרָקִים
Quatrième enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi : tout Cohen qui ne monte pas sur l’estrade au moment où l’officiant termine la bénédiction se rapportant au Service (Retsè...) – lors de la répétition de la ‘Amida – ne peut plus le faire par la suite, car il est dit (Lév. 9, 22) – « Aaron leva les mains vers le peuple et le bénit, puis il descendit après avoir fait l’offrande expiatoire, l’holocauste et les offrandes pacifiques. » De même que là-bas Aaron bénit le peuple avant d’avoir terminé le Service, ici aussi, les Cohanim doivent monter sur l’estrade avant que l’officiant finisse la bénédiction évoquant ce Service. וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כׇּל כֹּהֵן שֶׁאֵינוֹ עוֹלֶה בָּעֲבוֹדָה שׁוּב אֵינוֹ עוֹלֶה שֶׁנֶּאֱמַר וַיִּשָּׂא אַהֲרֹן אֶת יָדָיו אֶל הָעָם וַיְבָרְכֵם וַיֵּרֶד מֵעֲשֹׂת הַחַטָּאת וְהָעוֹלָה וְהַשְּׁלָמִים מָה לְהַלָּן בַּעֲבוֹדָה אַף כָּאן בַּעֲבוֹדָה
Est-ce vrai, interroge la guemara ? Pourtant Rabbi Ami et Rabbi Assi montaient sur l’estrade même après ! Rabbi Ami et Rabbi Assi, répond la guemara, se déplaçaient en direction de l’estrade dès le début de Retsè, mais en raison de leur éloignement, ils n’y parvenaient pas avant la fin de cette bénédiction. Cette manière d’agir est confirmée par cet enseignement de Rabbi Ocha‘ya – « La règle stipulant qu’un Cohen ne peut plus monter sur l’estrade après la fin de Retsè s’applique seulement s’il n’a pas encore quitté sa place, mais pas dans le cas contraire. » אִינִי וְהָא רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי סָלְקִי רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי מֵעִיקָּרָא הֲווֹ עָקְרִי כַּרְעַיְיהוּ מִמְטָא לָא הֲוָה מָטוּ הָתָם וְכִדְתָנֵי רַבִּי אוֹשַׁעְיָא לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא עָקַר אֶת רַגְלָיו אֲבָל עָקַר אֶת רַגְלָיו עוֹלֶה
Et nous avons aussi enseigné dans une michna (Berakhot 34a) – « Un officiant Cohen n’a le droit de réciter la bénédiction sacerdotale que s’il est certain de pouvoir reprendre la répétition de la ‘Amida sans se troubler. » Pourtant, l’officiant ne quitte pas sa place pour monter sur l’estrade au moment où il dit Retsè ! Mais à l’évidence, la michna lui permet de réciter la bénédiction quand il a bougé un peu les pieds en direction de l’estrade dès le début de Retsèet Rabbi Ami et Rabbi Assi procédaient de la même façon. וּתְנַן נָמֵי אִם הַבְטָחָתוֹ שֶׁנּוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו וְחוֹזֵר לִתְפִלָּתוֹ רַשַּׁאי וְהָוֵינַן בַּהּ הָא לָא עֲקַר אֶלָּא דְּנָד פּוּרְתָּא הָכָא נָמֵי דְּעָקַר פּוּרְתָּא
Cinquième enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi – On ne remet la coupe de bénédiction pour réciter la Birkat ha-Mazon qu’à une personne généreuse, puisqu’il est dit (Prov. 22, 9) : « Celui qui a l’œil bon sera béni [yevorakh], car il donne de son pain au pauvre. » Le texte n’étant pas vocalisé, au lieu de yevorakh, on peut lire yevarekh, « il bénira ». וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אֵין נוֹתְנִין כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה לְבָרֵךְ אֶלָּא לְטוֹב עַיִן שֶׁנֶּאֱמַר טוֹב עַיִן הוּא יְבֹרָךְ כִּי נָתַן מִלַּחְמוֹ לַדָּל אַל תִּיקְרֵי יְבֹרָךְ אֶלָּא יְבָרֵךְ
Sixième enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi : de quel passage biblique déduisons-nous que même les oiseaux reconnaissent les personnes avares et ne s’approchent pas d’elles pour recevoir de la nourriture ? Du verset (ibid. 1, 17) affirmant à propos du voleur cupide – « Car c’est en vain qu’il tend le filet (avec des grains) aux yeux de tout porteur d’ailes. » וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִנַּיִן שֶׁאֲפִילּוּ עוֹפוֹת מַכִּירִין בְּצָרֵי הָעַיִן שֶׁנֶּאֱמַר כִּי חִנָּם מְזֹרָה הָרָשֶׁת בְּעֵינֵי כׇּל בַּעַל כָּנָף
Septième enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi : qui tire Profit d’un avare transgresse un interdit d’ordre moral, puisqu’il est dit (Prov. 23, 6–7) – « Ne mange pas le pain de qui a l’œil mauvais et ne convoite pas ses mets. En effet, comme si on avait agité son esprit, ainsi est-il. Mange et bois – te dira-t-il, mais son cœur n’est pas avec toi. » Selon Rav Na‘hman bar Yits‘hak, celui qui accepte la nourriture d’un avare transgresse deux interdits – « Ne mange pas le pain », et « ne convoite pas ses mets ». וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי כׇּל הַנֶּהֱנֶה מִצָּרֵי הָעַיִן עוֹבֵר בְּלָאו שֶׁנֶּאֱמַר אַל תִּלְחַם אֶת לֶחֶם רַע עָיִן וְגוֹ׳ כִּי כְּמוֹ שָׁעַר בְּנַפְשׁוֹ כֶּן הוּא אֱכוֹל וּשְׁתֵה יֹאמַר לָךְ וְגוֹ׳ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר עוֹבֵר בִּשְׁנֵי לָאוִין אַל תִּלְחַם וְאַל תִּתְאָו
Huitième et dernier enseignement de Rabbi Yehochoua ben Lévi : on en vient à procéder au cérémonial de la Génisse à la nuque brisée – pour expier un crime dont l’auteur n’a pas été identifié (voir Deut. 21, 1–9) – à cause des avares. וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אֵין עֶגְלָה עֲרוּפָה בָּאָה אֶלָּא בִּשְׁבִיל צָרֵי הָעַיִן
En effet, il est dit (ibid. 21, 7) – « Les Anciens (c’est-à-dire les juges rabbiniques) de la ville la plus proche de l’endroit où le cadavre a été retrouvé proclameront et diront : nos mains n’ont pas répandu ce sang. » Pourquoi ces juges font-ils cette déclaration ? Seraient-ils soupçonnés de meurtre ? Mais à l’évidence, on suppose que le crime s’est déroulé ainsi : un homme affamé a voulu s’emparer par la force de la nourriture d’un avare qui, pour défendre son bien, l’a tué. Aussi, les juges se disculpent-ils en disant : le crime a certainement été commis dans ces circonstances, mais nous, n’avons pas fait preuve d’avarice. Si la victime était venue chez nous, nous ne l’aurions pas renvoyée ; si nous l’avions vue, nous ne l’aurions pas délaissée. Autrement dit, si elle était venue crier famine, nous ne l’aurions pas renvoyée sans nourriture. Si nous l’avions vue, nous ne l’aurions pas laissée partir seule. שֶׁנֶּאֱמַר וְעָנוּ וְאָמְרוּ יָדֵינוּ לֹא שָׁפְכוּ אֶת הַדָּם הַזֶּה וְכִי עַל לִבֵּנוּ עָלְתָה שֶׁזִּקְנֵי בֵּית דִּין שׁוֹפְכֵי דָמִים הֵם אֶלָּא לֹא בָּא לְיָדֵינוּ וּפְטַרְנוּהוּ וְלֹא רְאִינוּהוּ וְהִנַּחְנוּהוּ לֹא בָּא לְיָדֵינוּ וּפְטַרְנוּהוּ בְּלֹא מְזוֹנוֹת לֹא רְאִינוּהוּ וְהִנַּחְנוּהוּ בְּלֹא לְוָיָיה
§ Retour à la bénédiction sacerdotale. Ada a rapporté cet enseignement de Rabbi Samlaï : dans une synagogue où il n’y a que des Cohanim, tous montent sur l’estrade. À qui adressent-ils la bénédiction ? Rabbi Zèra répond : elle profite à ceux de leurs frères qui ne peuvent l’écouter parce qu’ils travaillent aux champs. אָמַר אַדָּא אָמַר רַבִּי שִׂמְלַאי בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁכּוּלָּהּ כֹּהֲנִים כּוּלָּן עוֹלִין לַדּוּכָן לְמִי מְבָרְכִין אָמַר רַבִּי זֵירָא לַאֲחֵיהֶם שֶׁבַּשָּׂדוֹת
Est-ce vrai, interroge la guemara ? Pourtant Aba fils de Rav Minyamin bar ‘Hiya a rapporté cette baraïta – « Les fidèles qui se trouvent derrière les Cohanim ne sont pas inclus dans leur bénédiction » ! Ce n’est pas contradictoire. Rabbi Zèra englobe dans la bénédiction ceux qui ne peuvent assister à l’office, à cause de leur travail. La baraïta, elle, en exclut les fidèles qui se trouvent derrière les Cohanim, parce que rien ne les empêche de se placer devant eux, comme il se doit. אִינִי וְהָתָנֵי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַב מִנְיָמִין בַּר חִיָּיא עַם שֶׁאֲחוֹרֵי כֹּהֲנִים אֵינָן בִּכְלַל בְּרָכָה לָא קַשְׁיָא הָא דַּאֲנִיסִי הָא דְּלָא אֲנִיסִי
Est-il vrai, interroge encore la guemara, que si l’assistance se compose de Cohanim, tous montent sur l’estrade – comme l’affirme Rabbi Simlaï ? Pourtant, une baraïta, citée par Rav Chimi de Birtei de Chi‘horei, recommande dans le cas d’une synagogue où il n’y a que des Cohanim de se séparer en deux groupes – « Les uns doivent monter sur l’estrade pour réciter la bénédiction, tandis que les autres restent sur place et répondent Amen » ! וְהָתָנֵי רַב שִׁימִי מִבִּירְתָא דְשִׁיחוֹרִי בֵּית הַכְּנֶסֶת שֶׁכּוּלָּהּ כֹּהֲנִים מִקְצָתָן עוֹלִין וּמִקְצָתָן עוֹנִין אָמֵן
Ce n’est pas contradictoire. La baraïta se réfère à une assemblée où il reste au moins dix Cohanim sans compter celui ou ceux qui sont montés sur l’estrade. En revanche, la règle de Rabbi Samlaï – stipulant que tous les Cohanim présents doivent participer à la bénédiction sacerdotale – s’applique au cas contraire. Un groupe inférieur à dix personnes n’étant pas suffisamment important pour justifier, à lui seul, la récitation de cette bénédiction, il est préférable que les dix Cohanim montent sur l’estrade et la récitent pour les agriculteurs retenus aux champs. לָא קַשְׁיָא הָא דְּאִישְׁתְּיֻיר בֵּי עֲשָׂרָה הָא דְּלָא אִישְׁתְּיֻיר בֵּי עַשְׂרָה
À propos de l’enseignement d’Aba fils de Rav Minyamin bar ‘Hiya – « Les fidèles qui se trouvent derrière les Cohanim ne sont pas inclus dans leur bénédiction. » גּוּפָא תָּנָא אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַב מִנְיָמִין בַּר חִיָּיא עַם שֶׁאֲחוֹרֵי כֹּהֲנִים אֵינָן בִּכְלַל בְּרָכָה
La guemara ajoute : il est évident que des fidèles de grande taille se trouvant proches des Cohanim ne font pas barrage à la bénédiction et n’empêchent pas les personnes plus petites – placées derrière eux – d’en bénéficier. De même, il est clair que le pupitre de l’officiant ne fait pas non plus barrage à la bénédiction. Mais des fidèles séparés des Cohanim par une cloison sont-ils inclus dans la bénédiction ? Viens, écoute un enseignement probant, car Rabbi Yehochoua ben Lévi a déclaré : même une cloison en fer ne fait pas barrage entre les Enfants d’Israël et la bénédiction de leur Père qui est aux cieux. פְּשִׁיטָא אֲרִיכֵי בְּאַפֵּי גוּצֵי לָא מַפְסְקִי תֵּיבָה לָא מַפְסְקָא מְחִיצָה מַאי תָּא שְׁמַע דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אֲפִילּוּ מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל אֵינָהּ מַפְסֶקֶת בֵּין יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם
On s’est posé la question : les fidèles placés sur la même ligne que les Cohanim sont-ils inclus dans leur bénédiction ? Aba Mar bar Rav Achi répond – Viens, écoute l’enseignement probant de cette michna (Para 12, 2) à propos des eaux lustrales aspergées par un Cohen pour purifier une personne ou un ustensile devenus impurs au contact d’un mort : « Si le Cohen a eu l’intention d’asperger ces eaux sur des ustensiles impurs se trouvant devant lui אִיבַּעְיָא לְהוּ צְדָדִין מַהוּ אָמַר אַבָּא מָר בַּר רַב אָשֵׁי תָּא שְׁמַע דִּתְנַן נִתְכַּוֵּון לְהַזּוֹת לְפָנָיו