tel qu’il est écrit (Y-H-V-H), et partout ailleurs, tel qu’on le prononce (Adona-ï). Partout, les Cohanim doivent lever les mains à hauteur des épaules au moment de réciter la bénédiction sacerdotale, sauf au Temple, lieu de prédilection de la Présence divine, où ils les haussaient au-dessus de leur tête, en hommage au Très-Haut et au Tétragramme. D’après le premier Tana anonyme, le Cohen Gadol, lui, ne devait pas lever les mains au-dessus du diadème, contenant le Nom divin, Alors que d’après Rabbi Yehouda, il était tenu de le faire. Et de quel passage déduisons-nous qu’il faut lever les mains pour réciter la bénédiction sacerdotale ? Du verset (Lév. 9, 22) – « Aaron (le Cohen Gadol) leva les mains vers le peuple et le bénit. »
כִּכְתָבוֹ וּבַמְּדִינָה בְּכִינּוּיוֹ בַּמְּדִינָה כֹּהֲנִים נוֹשְׂאִים אֶת יְדֵיהֶן כְּנֶגֶד כִּתְפֵיהֶן וּבַמִּקְדָּשׁ עַל גַּבֵּי רָאשֵׁיהֶן חוּץ מִכֹּהֵן גָּדוֹל שֶׁאֵינוֹ מַגְבִּיהַּ אֶת יָדָיו לְמַעְלָה מִן הַצִּיץ רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אַף כֹּהֵן גָּדוֹל מַגְבִּיהַּ יָדָיו לְמַעְלָה מִן הַצִּיץ שֶׁנֶּאֱמַר וַיִּשָּׂא אַהֲרֹן אֶת יָדוֹ אֶל הָעָם וַיְבָרְכֵם
GUEMARA Voici sept baraïtot se rapportant à la bénédiction sacerdotale. Première baraïta : « Le verset – “Ainsi vous bénirez les fils d’Israël et vous leur direz” (Nbres 6, 23) ordonne de prononcer la bénédiction sacerdotale dans la langue de sainteté. À première vue, on pourrait penser que la Tora permet de la réciter en toute langue. D’après un premier Tana, anonyme, cette hypothèse est exclue par une analogie sémantique. Il est dit ici – “Ainsi vous bénirez”, et il est dit plus loin (Deut. 27, 12) : “Ceux-ci se tiendront pour bénir le peuple.” De même que là-bas les bénédictions devaient être récitées en hébreu – comme démontré en 33a – il en va ainsi pour celle des Cohanim.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן כֹּה תְבָרְכוּ בִּלְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ אַתָּה אוֹמֵר בִּלְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּכׇל לָשׁוֹן נֶאֱמַר כָּאן כֹּה תְבָרְכוּ וְנֶאֱמַר לְהַלָּן אֵלֶּה יַעַמְדוּ לְבָרֵךְ אֶת הָעָם מָה לְהַלָּן בִּלְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ אַף כָּאן בִּלְשׁוֹן הַקּוֹדֶשׁ
Selon Rabbi Yehouda, il est inutile de recourir à cette analogie. Le mot “ainsi” souligne que les Cohanim doivent réciter la bénédiction en hébreu. »
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר אֵינוֹ צָרִיךְ הֲרֵי הוּא אוֹמֵר כֹּה עַד שֶׁיֹּאמְרוּ בַּלָּשׁוֹן הַזֶּה
Deuxième baraïta : « La formule – “Ainsi vous bénirez” laisse entendre que la bénédiction doit être prononcée debout. De prime abord, on pourrait penser qu’il est permis de la réciter même assis. D’après le premier Tana anonyme, cette seconde hypothèse est exclue par une nouvelle analogie sémantique. Il est dit ici – “Ainsi vous bénirez” et il est dit plus loin, dans le verset déjà cité : “Ceux-ci se tiendront (debout) pour bénir le peuple”. De même que là-bas les bénédictions devaient être récitées debout, il en va ainsi pour celle des Cohanim.
תַּנְיָא אִידַּךְ כֹּה תְבָרְכוּ בַּעֲמִידָה אַתָּה אוֹמֵר בַּעֲמִידָה אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא אֲפִילּוּ בִּישִׁיבָה נֶאֱמַר כָּאן כֹּה תְבָרְכוּ וְנֶאֱמַר לְהַלָּן אֵלֶּה יַעַמְדוּ לְבָרֵךְ מָה לְהַלָּן בַּעֲמִידָה אַף כָּאן בַּעֲמִידָה
Selon Rabbi Nathan, il est inutile de recourir à cette analogie. Il est dit (Deut. 10, 8) – “En ce temps-là, l’Éternel mit à part la tribu de Lévi... pour Le servir et bénir en Son Nom.” Le verset met en regard le Service et la bénédiction des Cohanim – issus de la tribu de Lévi. De même qu’ils devaient effectuer le Service debout, il en va ainsi pour leur bénédiction. Et de quel verset déduisons-nous qu’il faut se tenir debout lors du Service ? De la formule (ibid. 18, 5) – “C’est lui (le Cohen) qu’a choisi l’Éternel, ton Dieu, d’entre toutes les tribus pour se tenir et servir au Nom de l’Éternel, lui et ses fils, tous les jours.” »
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר אֵינוֹ צָרִיךְ הֲרֵי הוּא אוֹמֵר לְשָׁרְתוֹ וּלְבָרֵךְ בִּשְׁמוֹ מָה מְשָׁרֵת בַּעֲמִידָה אַף מְבָרֵךְ בַּעֲמִידָה וּמְשָׁרֵת גּוּפֵיהּ מְנָלַן דִּכְתִיב לַעֲמֹד לְשָׁרֵת
Troisième baraïta : « De la formule “Ainsi vous bénirez”, on déduit que les Cohanim doivent réciter la bénédiction en élevant les paumes. À première vue, on aurait pu penser que ce geste n’est pas indispensable, mais cette hypothèse est exclue par une autre analogie sémantique. Il est dit ici – “Ainsi vous bénirez” et il est dit plus loin (Lév. 9, 22) : “Aaron leva les mains vers le peuple et le bénit”. De même que là-bas, au moment de l’inauguration du Tabernacle qui eut lieu Roch ‘Hodech Nissan, après sept jours d’offrandes collectives, Aaron récita la bénédiction en élevant les mains, il en va ainsi pour les autres Cohanim. »
תַּנְיָא אִידַּךְ כֹּה תְבָרְכוּ בִּנְשִׂיאוּת כַּפַּיִם אַתָּה אוֹמֵר בִּנְשִׂיאוּת כַּפַּיִם אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא שֶׁלֹּא בִּנְשִׂיאוּת כַּפַּיִם נֶאֱמַר כָּאן כֹּה תְבָרְכוּ וְנֶאֱמַר לְהַלָּן וַיִּשָּׂא אַהֲרֹן אֶת יָדָיו אֶל הָעָם וַיְבָרְכֵם מָה לְהַלָּן בִּנְשִׂיאוּת כַּפַּיִם אַף כָּאן בִּנְשִׂיאוּת כַּפַּיִם
Avant de poursuivre la baraïta, la guemara rapporte une objection de Rabbi Yonathan : « S’il en est ainsi, il faut poursuivre l’analogie jusqu’au bout et conclure que l’obligation d’élever les mains lors de la bénédiction sacerdotale s’applique seulement au Cohen Gadol, à Roch ‘Hodech, et après des offrandes collectives ! »
קַשְׁיָא לֵיהּ לְרַבִּי יוֹנָתָן אִי מָה לְהַלָּן כֹּהֵן גָּדוֹל וְרֹאשׁ חוֹדֶשׁ וַעֲבוֹדַת צִבּוּר אַף כָּאן כֹּהֵן גָּדוֹל וְרֹאשׁ חוֹדֶשׁ וַעֲבוֹדַת צִיבּוּר
Suite de la baraïta : « Rabbi Nathan affirme qu’on n’a pas besoin d’une analogie sémantique pour déduire l’obligation d’élever les mains lors de la bénédiction sacerdotale. En effet, le verset (Deut. 18, 5) – “C’est lui (le Cohen) qu’a choisi l’Éternel, ton Dieu, d’entre toutes les tribus... lui et ses fils, tous les jours” Compare les fils, les Cohanim, à leur père (Aaron). De même que celui-ci bénit le peuple en élevant les paumes, il en va ainsi pour ses fils. Et la Tora souligne que cette bénédiction devra être récitée “tous les jours” – pas seulement à Roch ‘Hodech et après des offrandes collectives. Bien que ce verset ne s’applique pas à la bénédiction sacerdotale mais au Service, on a vu précédemment qu’ils sont mis en regard dans le verset du Deutéronome (10, 8). »
רַבִּי נָתָן אוֹמֵר אֵינוֹ צָרִיךְ הֲרֵי הוּא אוֹמֵר הוּא וּבָנָיו כׇּל הַיָּמִים מַקִּישׁ בָּנָיו לוֹ מָה הוּא בִּנְשִׂיאוּת כַּפַּיִם אַף בָּנָיו בִּנְשִׂיאוּת כַּפַּיִם וּכְתִיב כׇּל הַיָּמִים וְאִיתַּקַּשׁ בְּרָכָה לְשֵׁירוּת
Quatrième baraïta : « L’injonction – “Ainsi vous bénirez les fils d’Israël” contient l’obligation de mentionner au Temple, le Tétragramme, tel qu’il est écrit (Y-H-V-H). À première vue, on aurait pu penser que les Cohanim devraient dire le Tétragramme comme on le prononce habituellement (Adona-ï) ? Aussi la Tora souligne-t-elle à la fin des versets de la bénédiction sacerdotale (Nbres 6, 27) – “Ils mettront Mon Nom sur les fils d’Israël”, autrement dit, ils doivent prononcer Mon vrai Nom, tel qu’il est écrit.
וְתַנְיָא אִידַּךְ כֹּה תְבָרְכוּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל בַּשֵּׁם הַמְפוֹרָשׁ אַתָּה אוֹמֵר בַּשֵּׁם הַמְפוֹרָשׁ אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּכִינּוּי תַּלְמוּד לוֹמַר וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי שְׁמִי הַמְיוּחָד לִי
On aurait pu croire qu’il en sera de même hors du Temple mais, d’après un premier Tana anonyme, cette hypothèse est écartée par une analogie sémantique. Il est dit ici : “Ils mettront Mon Nom”, et il est dit plus loin (Deut. 12, 5) – “le lieu que l’Éternel votre Dieu aura choisi... pour y mettre Son Nom, dans ce lieu...”. De même que là-bas l’Écriture se réfère au Temple, le lieu choisi par le Saint béni soit-Il pour établir Sa résidence, ici aussi, c’est seulement au Temple que les Cohanim sont tenus de “mettre Son Nom”, c’est-à-dire mentionner le Tétragramme tel qu’il est écrit.
יָכוֹל אַף בַּגְּבוּלִין כֵּן נֶאֱמַר כָּאן וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי וְנֶאֱמַר לְהַלָּן לָשׂוּם אֶת שְׁמוֹ שָׁם מָה לְהַלָּן בֵּית הַבְּחִירָה אַף כָּאן בְּבֵית הַבְּחִירָה
Selon Rabbi Yochiya, on n’a pas besoin de recourir à cette analogie. En effet, il est dit (Ex. 20, 21) – “En tout endroit où Je ferai invoquer Mon Nom, Je viendrai vers toi et te bénirai.” Apparemment, ce verset pose un problème : la Présence divine se manifeste-t-elle réellement en tout endroit où Son Nom est invoqué ? Mais en vérité, il y a une rupture de construction dans le verset. Il faut le comprendre ainsi – “En tout endroit où Je viendrai vers toi et te bénirai”, là “Je ferai invoquer Mon Nom”. Et où “viendrai-Je vers toi et te bénirai” ? Autrement dit, quels sont les lieux “choisis” ? La tente du rendez-vous, Chilo et le Temple. »
רַבִּי יֹאשִׁיָּה אוֹמֵר אֵינוֹ צָרִיךְ הֲרֵי הוּא אוֹמֵר בְּכׇל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר אַזְכִּיר אֶת שְׁמִי אָבוֹא אֵלֶיךָ בְּכׇל מָקוֹם סָלְקָא דַּעְתָּךְ אֶלָּא מִקְרָא זֶה מְסוֹרָס הוּא בְּכׇל מָקוֹם אֲשֶׁר אָבוֹא אֵלֶיךָ וּבֵרַכְתִּיךָ שָׁם אַזְכִּיר אֶת שְׁמִי וְהֵיכָן אָבוֹא אֵלֶיךָ וּבֵרַכְתִּיךָ בְּבֵית הַבְּחִירָה שָׁם אַזְכִּיר אֶת שְׁמִי בְּבֵית הַבְּחִירָה
Cinquième baraïta : « Au sens strict, la formule – “Ainsi vous bénirez les fils d’Israël” n’inclut que les hommes juifs de naissance. De quel texte biblique déduisons-nous que cette bénédiction s’étend aussi aux prosélytes, aux femmes et aux esclaves affranchis ? De l’expression – “Et vous leur direz”, qui inclut l’ensemble du peuple juif. »
תַּנְיָא אִידַּךְ כֹּה תְבָרְכוּ אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל אֵין לִי אֶלָּא בְּנֵי יִשְׂרָאֵל גֵּרִים נָשִׁים וַעֲבָדִים מְשׁוּחְרָרִים מִנַּיִן תַּלְמוּד לוֹמַר אָמוֹר לָהֶם לְכוּלְּהוּ
Sixième baraïta : « L’injonction – “Ainsi vous bénirez les fils d’Israël” implique l’obligation pour les fidèles et les Cohanim d’être face à face lors de la bénédiction sacerdotale. À première vue, on aurait pu permettre à l’assemblée de tourner le dos aux Cohanim. Mais cette hypothèse est infirmée par l’injonction – “Vous leur direz” laissant entendre que les fidèles doivent être tournés vers les Cohanim, comme au cours d’une conversation. »
תַּנְיָא אִידַּךְ כֹּה תְבָרְכוּ פָּנִים כְּנֶגֶד פָּנִים אַתָּה אוֹמֵר פָּנִים כְּנֶגֶד פָּנִים אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא פָּנִים כְּנֶגֶד עוֹרֶף תַּלְמוּד לוֹמַר אָמוֹר לָהֶם כְּאָדָם הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ
Septième baraïta : « L’injonction – “Ainsi vous bénirez” contient l’obligation pour les Cohanim de réciter leur bénédiction à haute voix. De prime abord, on aurait pu leur permettre de la prononcer à voix basse. Aussi la Tora ajoute-t-elle : “Vous leur direz” – d’une voix audible, comme une personne qui parle à une autre. »
תַּנְיָא אִידַּךְ כֹּה תְבָרְכוּ בְּקוֹל רָם אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּלַחַשׁ תַּלְמוּד לוֹמַר אָמוֹר לָהֶם כְּאָדָם שֶׁאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ
Selon une règle établie, rapportée par Abayè, quand deux Cohanim au moins se trouvent dans l’assistance, l’officiant doit proclamer « Cohanim » pour les convier à réciter la bénédiction, mais lorsqu’il y a un seul Cohen, l’officiant n’appelle pas « Cohen ». En effet, l’emploi du pluriel : « Vous leur direz » laisse entendre qu’il faut appeler les Cohanim à réciter la bénédiction s’ils sont au moins deux. Selon une autre règle établie, citée par Rav ‘Hisda, l’officiant proclame « Cohanim » seulement s’il est lui-même Cohen, mais pas s’il est un simple Israélite. En effet, l’injonction – « Vous leur direz » adressée aux Cohanim laisse entendre que l’invitation à réciter la bénédiction
אָמַר אַבָּיֵי נָקְטִינַן לִשְׁנַיִם קוֹרֵא כֹּהֲנִים וּלְאֶחָד אֵינוֹ קוֹרֵא כֹּהֵן שֶׁנֶּאֱמַר אָמוֹר לָהֶם לִשְׁנַיִם וְאָמַר רַב חִסְדָּא נָקְטִינַן כֹּהֵן קוֹרֵא כֹּהֲנִים וְאֵין יִשְׂרָאֵל קוֹרֵא כֹּהֲנִים שֶׁנֶּאֱמַר אָמוֹר לָהֶם אֲמִירָה

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