Quand le peuple juif se lève comme un lion

 « Voici un peuple qui se lève comme une lionne, qui se dresse comme un lion » (Nombres 23, 24).

Ces mots, prononcés par le prophète Bilam alors qu’il tentait en vain de maudire Israël, décrivent un peuple animé d’une force singulière : non celle des armes, mais celle de l’âme. Rachi commente : « Lorsqu’ils se lèvent le matin, c’est avec la vigueur du lion, pour accomplir les mitsvot : revêtir le talith, réciter le Chéma, mettre les téfiline. » Le secret de cette puissance réside donc dans la fidélité du quotidien, dans ces gestes sacrés qui rattachent l’homme à l’infini.

Le Rabbi de Loubavitch soulignait que cette image du lion ne célèbre pas la bravoure guerrière, mais l’élan spirituel. Se lever comme un lion, c’est faire de chaque matin un commencement, un sursaut de lumière, une conquête du bien. C’est cela, disait-il, la véritable force du peuple juif.

Et pourtant, il est des heures où cet élan doit aussi se traduire dans le monde tangible. Lorsque le danger est réel, imminent, la Torah elle-même trace la voie : « Celui qui vient te tuer, lève-toi tôt et tue-le le premier » (Sanhédrine 72a). Non par vengeance ni par goût de la violence, mais par devoir sacré de protéger la vie – ce don que D.ieu nous confie. Le Rabbi, déjà en 1969, expliquait qu’il ne fallait jamais attendre que l’ennemi frappe : il faut, disait-il, « se lever tôt », agir avec lucidité et détermination.

Ces derniers jours, alors que les événements se précipitent avec une intensité bouleversante, avant de prendre les décisions qui s’imposaient pour faire face à la menace existentielle de l’arme nucléaire et des missiles balistiques iraniens, les dirigeants de l’État d’Israël se sont tournés vers D.ieu. Ils ont prié, récité les Téhilim, déposé une prière entre les pierres du Kotel, invoquant ce même verset : « Voici un peuple qui se lève comme une lionne… » Oui, ils se sont levés. Mais ce que le Rabbi nous enseigne, c’est que ce sursaut ne doit pas rester l’affaire des seuls chefs militaires. Il nous concerne tous.

Car nous aussi, dans nos maisons, dans nos existences paisibles, avons à nous lever. Nous aussi avons à nous envelopper du talith, à prononcer le Chéma, à mettre les téfiline – ces trois mitsvot qui nous rappellent que la nation juive est née lorsque D.ieu nous a miraculeusement fait sortir d’Égypte, tout comme Il a miraculeusement assuré notre survie jusqu’à aujourd’hui.

C’est ainsi que l’on prépare la véritable victoire. Non celle des champs de bataille, mais celle d’un monde transformé. Quand le peuple juif se lève avec la force du lion pour faire le bien, il appelle les miracles. Et il hâte la venue de Machia’h, celui qui révélera pleinement cette force enfouie dans l’âme d’Israël et dans le cœur du monde.

Chabbat Chalom !


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