En dépit de sa force de caractère extraordinaire, sa santé allait en empirant. La tumeur, qu'il portait depuis longtemps déjà, se développait pour atteindre tout son organisme et ses souffrances s'accroissaient de jour en jour.

Un des derniers Chabbat de sa vie, une vingtaine de personnes se rassemblèrent autour de lui pour entendre des paroles de Torah. Ses souffrances étaient telles qu'il ne pouvait revêtir aucun habit sur son corps. Il portait uniquement son habit extérieur, leur demanda de pardonner sa présentation et, dans sa grande modestie, dit en souriant : « On a ce que l'on mérite. » Durant plusieurs heures, des paroles de Torah coulèrent de sa bouche comme auparavant. Son visage avait changé, mais les auditeurs n'entendaient pas une voix brisée par la souffrance. Ces paroles de Torah lui donnaient une force unique qu'il perdrait en s'interrompant.

Il était suivi par un médecin qui lui rendait visite fréquemment et s'occupait de lui. Il y avait aussi deux autres médecins célèbres. Mais, ne voyant aucune amélioration de sa situation, ils décidèrent de faire venir un célèbre professeur de Leningrad.

Celui-ci établit immédiatement le diagnostic et indiqua même la localisation exacte de la tumeur. L'expression de son visage laissait deviner quelle était la véritable situation de Rabbi Lévi Its'hak. Il raconta au médecin tout ce qu'il avait subi ces dernières années. Quand le professeur transmit un rapport complet sur la situation du malade, il affirma que ce fut la première fois, de toute son expérience, qu'il rencontrait une telle personnalité.

Durant cette période difficile, ses talmidim, ses disciples, firent tout pour l'aider.

Les derniers jours, il était très faible. « Vois-tu, dit-il à un ami, il ne me reste que la peau et les os. Je ne ressens plus du tout le goût de la nourriture... »

À propos du dernier jour de sa vie, un des ‘hassidim qui était présents raconte :

« La nuit du mardi soir, ses lèvres murmuraient sans cesse, mais sans laisser entendre aucune voix. Soudain, il se réveilla, ouvrit les yeux et dit : “Il faut se préparer à passer dans un autre monde.” C'était ses dernières paroles pour la journée et ses lèvres murmuraient seulement le reste du temps. Le lendemain, le 20 Av 5704 (1944), son état de santé se détériora gravement. Dans la matinée, ses lèvres murmuraient sans interruption, ses douleurs étaient insupportables et plusieurs fois, il fit signe de le changer de position. Rabbi Hirshel Rabinovitch, qui se tenait près du lit, tendit l'oreille pour entendre ce que ses lèvres murmuraient et entendit quelques mots prononcés en soupirant : “Tes pas (talons) échappèrent au regard... talons du Machia'h”.

La tombe de Rabbi Lévi Its'hak à Alma-Ata (auj. Almaty)
La tombe de Rabbi Lévi Its'hak à Alma-Ata (auj. Almaty)

Dans la soirée, il fut pris d'un violent malaise. Le médecin prescrivit des médicaments qu'il eut à peine le temps d'absorber. Ceux qui l'entouraient savaient que le plus grave allait se produire dans les heures qui suivraient. Ils récitèrent les versets du Chema ainsi que les autres prières appropriées au moment où l'âme doit se séparer du corps. »

Dans l'heure qui suivit, l'âme de ce tsadik, ce juste, quitta son corps pur pour rejoindre sa source divine. Il fut enterré au cimetière juif d'Alma-Ata.

Le Rabbi dira plus tard à son propos qu'il n'avait pas seulement risqué sa vie pour le Judaïsme, il en avait fait don effectivement.