Yom Kippour 2025
Yom Kippour est le Jour du Grand Pardon, lorsque nous sommes au plus près de D.ieu et le plus connectés à l’essence de nos âmes. C’est le jour le plus saint de l’année, où les Juifs s’unissent, jeûnant et priant d’un seul cœur. (Yom Kippour 2025 commence quelques minutes avant le coucher du soleil le 1er octobre et se conclut à la tombée de la nuit le 2 octobre.) Voici un guide concis de Yom Kippour, avec ses principaux faits, observances et coutumes.
1. Les bougies de Yom Kippour
Bien qu’il n’y ait pas de nourriture à consommer à Yom Kippour, nous couvrons tout de même la table d’une nappe de fête et nous allumons des bougies avant l’entrée de ce jour saint. Nous récitons deux bénédictions sur les bougies : l’une pour les bougies, et l’autre, la bénédiction de Chéhé’héyanou, par laquelle nous remercions D.ieu de nous avoir permis d’atteindre cette étape. Lisez ici comment allumer vos bougies.
2. Bénédictions avant Yom Kippour
Il est une coutume ancestrale de bénir ses enfants avant le début de Yom Kippour. Bien qu’il n’existe pas de formule obligatoire, il est d’usage de dire :
Pour un fils : « Puisse D.ieu te rendre semblable à Éphraïm et Ménaché. »
Pour une fille : « Puisse D.ieu te rendre semblable à Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa. »
Puis, pour tous les enfants : L’Éternel parla à Moïse, en disant : Parle à Aaron et à ses fils, en disant : C’est ainsi que vous bénirez les enfants d’Israël. Dites-leur : « Que D.ieu te bénisse et te garde. Que D.ieu fasse rayonner Sa face sur toi et t’accorde Sa grâce. Que D.ieu tourne Sa face vers toi et t’accorde la paix. » Ils placeront Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Moi Je les bénirai.
3. Kol Nidrei n’est que le début
La première prière de Yom Kippour, connue sous le nom de Kol Nidrei, est souvent considérée comme la prière emblématique de ce jour. En réalité, ce n’est même pas une prière ! C’est simplement une déclaration que tous nos vœux soient considérés comme nuls et non avenus. Lisez ici l’histoire de Kol Nidrei.
4. La force du cinq
Il est bien connu que nous ne mangeons ni ne buvons à Yom Kippour. Mais saviez-vous que cela n’est qu’une des cinq choses dont nous nous abstenons en ce jour saint ? Voici les quatre autres : les relations conjugales, les ablutions, l’application de lotions ou d’huiles et le port de chaussures en cuir. Lisez ici les lois de Yom Kippour.
5. Un jour pour pardonner
Il y a plus de 3 300 ans, après avoir entendu D.ieu au Sinaï, les enfants d’Israël fautèrent en façonnant et en adorant un veau d’or. Moïse descendit du mont Sinaï, vit ce qui s’était passé et brisa les deux tables sur lesquelles étaient gravés les Dix Commandements. Il remonta ensuite sur la montagne, où il demeura 40 jours, puis encore 40 jours. Le dixième jour du mois de Tichri, il redescendit avec un pardon complet ainsi qu’avec une seconde paire de tables.
Depuis lors, le jour de la descente de Moïse est connu comme Yom Kippour, le Jour du Pardon, un jour approprié pour demander pardon à D.ieu (et aux autres) pour les fautes que nous avons pu commettre. Lire : La version de l’histoire humaine en 120 jours.
6. Blanc immaculé
Il existe une ancienne coutume consistant à porter du blanc à Yom Kippour. Cela nous rappelle les linceuls funéraires que chacun finit par porter. Mais les vêtements blancs évoquent aussi les anges immaculés auxquels nous sommes comparés en ce jour le plus sacré. Lisez ici pourquoi nous portons du blanc à Yom Kippour.
7. Yom Kippour est pour chaque Juif
C’est un jour d’unité. Peu importe ce que vous faites toute l’année, vous avez votre place à la synagogue, tout comme au Sinaï, « comme un seul homme avec un seul cœur ». Vous cherchez une place dans un office accueillant et chaleureux ? Consultez l’annuaire international des centres ‘Habad.
8. Les dix martyrs de Yom Kippour
Le récit des Dix Martyrs dépeint avec force les morts horribles de dix sages sous la main d’un roi romain cruel il y a près de 2 000 ans. Parmi les victimes figuraient notamment Rabbi Akiva et Rabbi Chimone ben Gamliel. Ce récit bouleversant décrit des morts infligées par haine gratuite.
Les Juifs ashkénazes lisent ce récit dans la liturgie de Yom Kippour, après la description du service du Grand Prêtre au Temple le jour de Yom Kippour. Lisez ici à propos des Dix Martyrs.
9. Cinq prières
Un jour ordinaire, il y a trois prières quotidiennes : Maariv, appelée aussi Arvit (la prière du soir), Cha’harit (la prière du matin) et Min’ha (la prière de l’après-midi). Le Chabbat et les fêtes, nous ajoutons Moussaf (« prière supplémentaire »). Yom Kippour est le seul jour de l’année où l’on récite Néïla, la prière de clôture, dite lorsque le soleil décline à l’ouest et que ce jour particulier touche à sa fin.
10. En quoi Yom Kippour ressemble-t-il à Pourim ?
La Torah désigne en réalité Yom Kippour sous le nom de « Yom Hakippourim ». Littéralement, cela signifie « le jour du pardon ». Mais cela peut aussi se comprendre comme « un jour semblable à Pourim ». Pourim est un jour joyeux, célébré par des cadeaux, des réjouissances et des festins. Et pourtant, Yom Kippour, le jour le plus sacré, est seulement semblable à Pourim, c’est-à-dire qu’il n’atteint pas tout à fait le niveau de sainteté de Pourim. Comment cela est-il possible ?
Notre but sur cette terre est de rendre le profane saint, de faire d’un mardi après-midi un moment aussi tourné vers D.ieu qu’un vendredi soir. À Pourim, nous embrassons notre être physique, nos désirs primaires et notre environnement bassement matériel en les élevant dans le domaine de l’esprit. À Yom Kippour, en revanche, nous nous concentrons uniquement sur l’esprit. Aucune distraction physique ni besoin matériel ne vient s’interposer. Cela nous met sur la voie du but d’élever le monde qui nous entoure. Mais ce n’est qu’un commencement. À Pourim, nous atteignons pleinement ce but. Pour en lire plus sur l’aspect profond de Pourim, cliquez ici.
11. S’immerger, s’habiller, recommencer !
Au Saint Temple, les Juifs ne priaient pas avec des livres de prières à Yom Kippour (de fait, les livres de prières n’existaient pas encore). Le centre de ce jour consistait à observer le Grand Prêtre accomplir les devoirs sacrés de Yom Kippour au Temple. Des animaux devaient être abattus et offerts en sacrifice, de l’encens devait être brûlé, et bien d’autres tâches devaient être effectuées avant la fin de la journée. Certaines de ses fonctions étaient accomplies dans sa tenue ornée, colorée et tissée d’or. D’autres étaient accomplies dans un simple vêtement de lin blanc. Chaque fois qu’il devait se changer, il passait derrière un rideau, se dévêtait, s’immergeait dans les eaux purificatrices du mikvé, se séchait, puis s’habillait à nouveau. Or, les sols n’étaient pas chauffés, et il peut faire frais à Jérusalem en automne, il devait donc être en parfaite condition physique !
12. Les deux boucs et le fil rouge
Deux boucs étaient amenés au Temple. Le Grand Prêtre tirait l’un au sort pour porter l’inscription « pour l’Éternel », et l’autre « pour Azazel ». Le bouc désigné « pour l’Éternel » était offert en sacrifice. Sur l’autre bouc, le Grand Prêtre confessait les fautes de la nation, puis il était conduit dans les collines désertiques à l’extérieur de Jérusalem où il était précipité, emportant avec lui les fautes du peuple. La tradition rapporte qu’un fil écarlate était attaché à ses cornes, dont la moitié était retirée avant l’envoi de l’animal. Si le rite avait été efficace, le fil rouge restant devenait blanc, symbolisant la pureté d’Israël.
13. Une semaine de préparation
Le Cohen Gadol (Grand Prêtre) était séparé de sa famille et de sa communauté pendant une semaine avant Yom Kippour, confiné dans la « Lichkat Parhèdrine », une chambre spéciale du Saint Temple. Ce processus d’isolement servait à s’assurer que le Cohen Gadol demeure rituellement pur et qu’il maîtrise parfaitement chaque aspect du service. C’était aussi un moment propice à l’introspection, où il pouvait finaliser sa préparation spirituelle pour représenter le peuple juif en ce jour le plus saint, dans le lieu le plus saint sur terre.
14. Le jubilé commençait dans la jubilation !
Dans l’Israël antique, chaque cinquantième année était une année de Yovel (Jubilé). C’était une période particulière durant laquelle il n’y avait pratiquement pas de travail agricole. Les terres revenaient à leurs propriétaires originels, et les esclaves étaient affranchis. Tout commençait à Yom Kippour, lorsqu’un chofar retentissait, inaugurant une véritable liberté et une joie profonde... une jubilation !
15. Le rabbin lit... quoi ?
En fin d’après-midi, avant le coucher du soleil, alors que nous sommes épuisés et affamés, nous lisons le chapitre 18 du Lévitique, qui détaille les interdictions relatives à l’inceste et à d’autres comportements sexuels interdits. Ce passage semble inapproprié à lire à un moment aussi élevé et crucial de notre parcours de repentance. La raison pour laquelle nous lisons ce passage à ce moment est qu’il nous rappelle que, si haut que nous essayions de nous élever, nous demeurons des êtres mortels avec des désirs et des penchants matériels. Mentionner les fautes les plus graves nous rappelle combien nos actions quotidiennes sont importantes, et combien la lutte quotidienne contre le mauvais penchant est cruciale. Les lectures de Yom Kippour.
16. La marche de Napoléon
La journée a été longue, mais à la fin de Yom Kippour, nous sommes convaincus d’avoir atteint notre objectif : une unité totale avec D.ieu et un pardon complet. Il est donc approprié que, dans les derniers instants de Yom Kippour, l’assemblée éclate en un chant joyeux. Dans la tradition ‘Habad, il est d’usage de chanter la « Marche de Napoléon », un air entraînant, connu pour son rythme victorieux et exaltant. Il fut d’abord chanté par l’Admour Hazakène comme une forme d’opposition au tyran Napoléon. Le Rabbi de Loubavitch l’a ensuite réintroduit pour qu’il soit chanté à ce moment précis. Lorsque Yom Kippour s’achève et que ce chant victorieux retentit, on ne peut qu’être saisi et porté par un sentiment d’unité et de fraternité rarement ressenti ou observé durant l’année. C’est une source d’inspiration qui nous incite à porter la sainteté de ce jour dans le reste de l’année. Écoutez un enregistrement de la Marche de Napoléon :
17. Le son final
Le son du chofar à la conclusion de Yom Kippour est l’aboutissement d’une journée de jeûne et de prières pour une année douce. Ce son évoque les retentissements du chofar qui marquèrent le départ de la Présence divine du mont Sinaï. Il sert aussi à rappeler à tous que la nuit qui suit Yom Kippour est une quasi-fête, accompagnée d’un repas festif. Pour aider chacun à s’en souvenir, il est d’usage de se souhaiter également un « bon yom tov ! »
18. Quand un jour est plus qu’un jour
Vous pensiez que Yom Kippour ne dure qu’un jour ? Nos sages enseignent qu’il est une mitsva d’étendre la sainteté de ce jour dans les deux sens, en le commençant un peu plus tôt (avant le coucher du soleil) et en le terminant un peu plus tard (après la sortie des étoiles). Ils le comparent à un loup affamé, qui mord sa proie par l’avant et par l’arrière. Heureusement, notre « appétit » est en réalité une soif de sainteté supplémentaire, qui nous pousse à prolonger le Chabbat, Yom Kippour et les autres fêtes jusque dans le profane. Lisez-en plus sur l’extension des jours saints ici.
19. D’une fête à l’autre
En yiddish, le jour qui suit Yom Kippour est appelé « Gott’s Nomen » (« le Nom de D.ieu »). Il est une coutume répandue de souhaiter aux gens « ‘Hag saméa’h » (« bonne fête ») après Yom Kippour. Nous commençons également la construction de la soukka, la cabane recouverte de feuillage où nous célébrerons la fête de Soukkot, qui survient cinq jours après Yom Kippour. Lire : Comment construire une soukka.
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