Rassemblement

Chers amis,

Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous lisons : « Moïse rassembla toute l’assemblée des enfants d’Israël. » Avant même de parler des détails du Michkane, le Sanctuaire que le peuple devait construire dans le désert, la Torah commence par ce geste : rassembler. Le Rabbi de Loubavitch enseigne que cet ordre n’est pas un simple prélude pratique. Il révèle la condition même de la Présence divine dans le monde : pour bâtir une demeure pour D.ieu, il faut d’abord faire place à l’unité entre les hommes.

Le Michkane n’était pas seulement un édifice fait de poutres, de tentures, d’or et de cuivre. Il était le lieu où la sainteté devenait sensible, où l’infini se laissait approcher dans le concret d’une vie humaine. Mais une telle révélation ne pouvait reposer sur des individus séparés, repliés sur leur propre mérite ou sur leur propre élévation. Elle demandait un peuple réuni, un cœur collectif capable de porter ensemble une même aspiration.

Il existe une forme de raffinement spirituel qui peut demeurer enfermée en soi-même. On peut aimer la prière, chercher l’élévation, cultiver une certaine délicatesse intérieure, et pourtant laisser subsister des distances, des jugements, des barrières entre soi et autrui. Le Rabbi rappelle que la vraie spiritualité se reconnaît à sa capacité de nous décentrer. Sortir de soi pour rencontrer l’autre n’est pas une conséquence secondaire de la vie spirituelle : c’en est, peut-être, l’expression la plus juste.

C’est pourquoi cet ordre-là n’est pas anodin. D’abord « Vayakhel » : rassembler. D’abord desserrer ce qui sépare. D’abord apprendre à regarder l’autre non comme une limite à notre vie intérieure, mais comme l’espace même où elle devient réelle. Alors seulement peut s’élever un Sanctuaire. Alors seulement les barrières qui obscurcissent la présence de D.ieu dans ce monde commencent à tomber.

Nous le disons dans la prière : « Bénis-nous, notre Père, tous comme un. » La bénédiction divine ne manque jamais à la création, mais elle a besoin d’un récipient pour se révéler. L’unité est ce récipient. Non pas l’uniformité, non pas l’effacement des différences, mais une capacité plus haute : demeurer distincts sans devenir étrangers.

En ces jours où le monde semble souvent fragmenté, la paracha nous confie une tâche simple et exigeante à la fois : faire de nos paroles, de nos regards, de nos maisons et de nos communautés des lieux de rapprochement. Chaque mur abaissé entre deux êtres prépare un peu plus la demeure de D.ieu ici-bas. Et chaque geste d’unité authentique nous rapproche du temps où cette Présence sera pleinement dévoilée, avec la venue de Machia’h, très bientôt.

Chabbat Chalom !

Vos amis @ Fr.Chabad.org