Tou BiChevat : le sens du plaisir

Ce jeudi, commençant mercredi soir, est Tou BiChevat, le « Nouvel An des arbres », qui permettait de réunir les fruits d’une année pour en prélever les dîmes sans les mélanger avec ceux de l’année suivante.

Au-delà de son aspect agricole, cette fête recèle un message profond : la manière dont nous vivons le plaisir définit notre relation avec le divin.

La Torah nous enseigne que D.ieu plaça Adam et Ève dans le Jardin d’Éden avec un commandement unique : jouir de toutes les espèces de fruits à l’exception d’une seule. Pourtant, ils échouèrent à reconnaître que le véritable plaisir ne réside pas dans la consommation en soi, mais dans la conscience que ces bienfaits sont un don divin. En cherchant à savourer un fruit indépendamment de leur lien avec D.ieu, ils firent du plaisir une barrière plutôt qu’un pont vers la spiritualité.

Aujourd’hui, Tou BiChevat nous offre l’opportunité de réparer cette erreur originelle : en dégustant des fruits et en récitant la bénédiction qui les accompagne, nous transformons l’acte de manger en une élévation spirituelle. Il ne s’agit plus seulement de satisfaire nos sens, mais de reconnaître que chaque saveur, chaque parfum et chaque texture sont des cadeaux divins destinés à nourrir non seulement le corps, mais aussi l’âme.

Dans un monde où le plaisir est souvent recherché pour lui-même, cette célébration nous rappelle une vérité essentielle : le véritable bonheur naît de notre connexion à D.ieu. Lorsque nous apprécions les plaisirs du monde avec gratitude et conscience, nous ne faisons pas qu’en jouir, nous les recevons comme une bénédiction.

Ainsi, Tou BiChevat est bien plus qu’une tradition : c’est une occasion de redonner un sens sacré à nos plaisirs quotidiens, et de transformer la terre, autrefois maudite, en une source de bénédiction pour l’humanité tout entière.

Lorsque viendra la rédemption messianique, la terre retrouvera son état originel de pureté et d’abondance, où chaque fruit sera consommé dans une parfaite harmonie entre plaisir et sainteté. Nos bénédictions et notre conscience spirituelle à Tou BiChevat préparent cette transformation. Car en révélant dès aujourd’hui la dimension divine de la matérialité, nous hâtons le moment où « la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux couvrent le fond des mers » (Isaïe 11,9).

Avec nos vœux pour un Tou BiChevat joyeux et inspirant et, comme chaque semaine,

Chabbat Chalom !

Vos amis @ Fr.Chabad.org