Bechala’h
Le voile et la lumière
Chers amis,
Ce Chabbat sera Youd Chevat, le 10 Chevat, jour de la Hiloula du Rabbi Précédent en 1950 et anniversaire de la prise de fonction du Rabbi en 1951, lorsqu’il a initié et impulsé le mouvement destiné à faire de ce monde « un jardin pour la présence de D.ieu », de sorte que nous soyons « la dernière génération de l’exil et la première génération des temps messianiques ».
Peu avant sa disparition, Rabbi Yossef Its’hak a rédigé un long discours ‘hassidique de 20 chapitres qui fut son « testament spirituel », et son successeur, le Rabbi, en fit l’ordre de marche de notre génération. C’est ainsi qu’il s’est attaché à commenter et à développer chaque année, à l’occasion de Youd Chevat, un chapitre parmi les vingt. En 1965 et en 1985, le Rabbi a donc approfondi le quinzième chapitre, et c’est également celui qui correspond à cette année, 5785.
En voici donc l’idée maîtresse :
L’existence oscille entre clarté et mystère, entre lumière et obscurité. Ce balancement n’est pas un hasard : il reflète la manière dont D.ieu a conçu le monde. Comprendre cette dynamique peut transformer notre manière d’appréhender la vie, en nous offrant une nouvelle perspective sur les défis et les moments d’incertitude.
D.ieu est simultanément caché et révélé, à l’image du soleil dont la lumière filtre à travers un rideau. Avant la création, Sa présence était infiniment manifeste, comme un éclat sans limite. Mais Il souhaitait un monde où l’homme puisse évoluer librement et choisir de découvrir Sa lumière. C’est là qu’intervient le principe du « tsimtsoum » : une contraction de la révélation divine, qui laisse place à une réalité où l’homme peut s’exprimer et chercher le Divin par lui-même.
Cette dissimulation n’est pas une absence ; elle est une opportunité. Elle donne à chacun la responsabilité et le privilège d’exercer son libre arbitre pour dévoiler D.ieu au sein de ce monde. La plus grande force divine ne réside pas dans la manifestation de Sa lumière, mais dans Sa capacité à la masquer tout en la laissant accessible.
Une analogie éclaire cette idée : lorsqu’un enseignant partage un concept profond avec son élève, il ne peut le transmettre dans son intégralité d’un seul coup. Il doit le fragmenter, l’adapter, afin que l’élève puisse progressivement l’intégrer. De même, le tsimtsoum module la lumière divine pour nous permettre de l’appréhender à notre mesure.
Ce processus n’est pas une simple mise à l’épreuve, mais une invitation à révéler ce qui est voilé. Par nos actions – l’étude de la Torah, l’accomplissement des mitsvot, et la recherche du divin dans le quotidien – nous dissipons les couches d’obscurité. Chaque geste de bonté, chaque prière, chaque instant de conscience spirituelle écarte un peu plus le rideau qui semble cacher la lumière.
Ainsi, la dissimulation divine ne nous éloigne pas de D.ieu ; elle nous offre au contraire le moyen de nous rapprocher de Lui activement. Ce n’est pas seulement une leçon théorique, mais un appel à transformer notre perception du monde. Là où nous voyons des obstacles, il y a des opportunités. Là où nous percevons l’absence, il y a un défi à révéler la présence. En acceptant cette mission, nous accomplissons le but ultime de la création : faire de ce monde une demeure pour la lumière infinie de D.ieu.
Chabbat Chalom !
Vos amis @ Fr.Chabad.org
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