Noa'h
Noé, le lion et le Machia’h
Chaque année, c’est la même histoire. L’humanité va à vau-l’eau. Personne ne prend la leçon du sort de Caïn qui n’a rien de trouvé de mieux à faire que de tuer son frère et de faire l’hypocrite devant D.ieu. Au contraire, c’est qui volera le plus, qui ira sombrer le plus profondément dans l’abîme de la luxure, le gouffre du plaisir-à-tout-prix. Même des anges descendent se perdre dans ce tourbillon narcissique…
Et de nouveau, D.ieu fait pleuvoir. Et pleuvoir. Des cordes, des hallebardes, des cascades. Et chaque trou dans le sol devient un geyser bouillant, et le monde devient une soupe trop cuite…
Petit croûton sur les grumeaux de la soupe, coquille de noix dans l’immensité diluvienne, l’arche dérive et, à l’intérieur, Noa’h – Noé si vous préférez – crache du sang.
Seul survivant, avec sa petite famille, d’une humanité imbue d’elle-même, il doit, pendant ces quelques semaines, se mettre au service du règne animal. Et il mène une vie de fou, à préparer les doses exactes d’une nourriture qui se doit adaptée à chaque espèce, et qui sera donnée à heures précises, d’une façon précise. À des milliers d’animaux, représentant des milliers d’espèces. Des félins, des oiseaux, des pachydermes, des reptiles, des insectes…
Noa’h, l’esclave des animaux, exténué, sans sommeil, à bout de souffle, arrive avec quelques minutes de retard à la cage du lion, et celui-ci, d’un coup de patte griffue fait en sorte que cela ne se reproduira plus jamais.
Voilà l’idée que le Rabbi de Loubavitch en déduit, qui peut nous édifier dans notre rapport à autrui :
Non Noa’h, ce n’est pas parce que ta vie est vouée aux autres que cela t’autorise à exiger cela d’autrui. Tu ne peux pas faire attendre le lion, pas plus que la souris. Donner, c’est total. Donner, c’est absolu. Donner, c’est jusqu’au bout.
* * *
Et, dans l’esprit de Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev dont cette semaine marquait l'anniversaire du décès, voici la prière que cela m’inspire :
Maître de l’univers, c’est Toi qui nous donnes tout. L’air que nous respirons, le sol que nous foulons, l’horizon que nous scrutons. Maître de l’univers, nous nous comportons trop souvent envers Toi comme des animaux ingrats. Mais, Maître de l’univers, souviens-Toi de Noa’h dans l’arche et envoie-nous Machia’h maintenant.
Emmanuel Mergui
au nom de l’équipe éditoriale de Chabad.org
Quelle est la preuve que le surnaturel existe, ou qu’il a une quelconque influence sur nos vies ? Le mot “surnaturel” en lui-même est-il porteur d’un sens autre que la traduction de “je ne comprends pas (encore) cela”?
Silencieusement, Rabbi Lévi Its’hak étudia les expressions de leurs visages. «Mes frères!, dit-il sur un ton respectueux. Ne nous sommes-nous pas mis d’accord que je ne devrais pas être dérangé pour des discussions sur les anciennes pratiques?»
Aucune traduction ne peut se substituer parfaitement à l’original, cependant, "une prière sans concentration n'est pas une prière"…
“Il m’avait toujours semblé que, pour la plupart d’entre nous, les lois de la Torah restreignant les relations entre hommes et femmes étaient une sorte de “punition collective” infligée à tous pour le péché de quelques-uns. Toutefois, mon point de vue à ce sujet a récemment changé...”
Noa’h construit une arche, D.ieu inonde la terre, une colombe rapporte une branche d’olivier, Chem et Yaphet traînent une couverture, les hommes érigent une tour et le premier Juif nait…
D'un côté nous ne devons pas remarquer les fautes des autres, mais pourtant nous devons chercher à corriger leurs erreurs. Comment comprendre cela?