Lois sur l'idolâtrie et les traditions des gentils

Elles comprennent cinquante et un commandements, deux commandements positifs et quarante-neuf commandements négatifs, dont voici le détail :
1. Ne pas s’intéresser à l’idolâtrie.
2. Ne pas s’égarer dans les pensées du cœur et dans la vue des yeux.
3. Ne pas blasphémer.
4. Ne pas adorer [une fausse divinité] comme son culte lui est rendu.
5. Ne pas se prosterner devant elle.
6. Ne pas fabriquer d’idole pour soi-même.
7. Ne pas fabriquer d’idole, même pour une autre personne.
8. Ne pas fabriquer des formes [humaines], même en décoration.
9. Ne pas dévoyer d’autres [juifs collectivement à l’idolâtrie].
10. Brûler la ville dévoyée [à l’idolâtrie].
11. Ne pas la reconstruire.
12. Ne pas tirer profit de tous ses biens.
13. Ne pas inciter une personne à un culte idolâtre.
14. Ne pas aimer l’instigateur.
15. Ne pas réduire la haine nourrie [contre lui].
16. Ne pas lui porter secours.
17. Ne pas argumenter en sa faveur.
18. Ne pas faire taire les arguments à sa charge.
19. Ne pas prophétiser au nom [d’une fausse divinité].
20. Ne pas écouter celui qui prophétise en son nom.
21. Ne pas faire de fausse prophétie, même au nom de D.ieu.
22. Ne pas craindre d’exécuter un faux prophète.
23. Ne pas jurer au nom de faux dieux.
24. Ne pas faire [les pratiques associées au] ov.
25. Ne pas faire [les pratiques associées au] yidoni.
26. Ne pas offrir [son fils] à Molekh.
27. Ne pas ériger de stèle.
28. Ne pas se prosterner sur un sol de pierre.
29. Ne pas planter d’achéra.
30. Détruire les idoles et tout ce qui est fait pour elles.
31. Ne pas tirer profit de toutes les idoles et de tout ce qui leur sert.
32. Ne pas tirer profit des ornements [des idoles].
33. Ne pas contracter d’alliance avec les [peuples] idolâtres.
34. Ne pas leur accorder grâce.
35. Qu’ils ne s’établissent pas dans notre pays.
36. Ne pas suivre leurs traditions et leur habillement.
37. Ne pas se livrer aux augures.
38. Ne pas pratiquer la divination.
39. Ne pas faire dépendre sa conduite en fonction des astres.
40. Ne pas employer de charmes.
41. Ne pas interroger les morts.
42. Ne pas consulter un ov.
43. Ne pas consulter un yidoni.
44. Ne pas pratiquer la sorcellerie.
45. Ne pas se raser les tempes.
46. Ne pas se raser les coins de la barbe.
47. Qu’un homme ne se pare pas comme une femme.
48. Qu’une femme ne porte pas d’armes et ne se pare pas comme un homme.
49. Ne pas se tatouer.
50. Ne pas se faire d’entailles.
51. Ne pas s’arracher les cheveux pour un mort.

L’explication de ces lois se trouve dans les chapitres que voici :

Chapitre Premier

1. À l’époque d’Énoch, les hommes commirent une immense erreur, et le conseil des sages de la génération fut frappé d’hébétement ; Énoch lui-même fit partie des égarés. Leur erreur fut la suivante : « Étant donné que D.ieu » dirent-ils, « a créé ces étoiles et ces sphères pour diriger le monde, et les a placées là-haut, leur faisant honneur, et qu’elles sont des ministres qui officient devant Lui, il convient de les louer, de les glorifier, et de leur faire honneur. Et telle est la volonté de D.ieu, béni soit-Il, que l’on glorifie et honore ceux qu’Il a élevés et honorés, tout comme un roi désire que [ses officiers] qui se tiennent devant lui soient honorés, et cet honneur revient au roi ». Quand cette idée leur monta à l’esprit, ils commencèrent à ériger des temples aux étoiles, leur offrir des sacrifices, les louer et les glorifier verbalement, et se prosterner devant elles, [espérant] dans leur fausse conception, être agréés par le Créateur. Ceci fut la source de l’idolâtrie ; telles étaient les croyances des [premiers] idolâtres, qui connaissaient ses fondements. Ils ne croyaient pas en l’inexistence d’un autre dieu qu’une certaine étoile. C’est [le sens de] ce que dit [le prophète] Jérémie : « Qui ne te vénérerait, ô, Roi des nations, comme cela t’est dû ? Assurément, parmi tous les sages des nations et dans tous leurs royaumes, nul n’est semblable à Toi. Ensemble, ils font preuve de déraison et de sottise, le bois [qu’ils adorent] montre le néant de leur doctrine », c'est-à-dire tous savent que Toi seul [est D.ieu], mais leur erreur et leur sottise consistent à penser que ce vain [service] est Ta volonté.

2. Avec le temps, des faux prophètes virent le jour, et affirmèrent que D.ieu leur avait donné l’ordre de servir une certaine étoile ou toutes les étoiles, de leur offrir tels sacrifices et telles libations, de leur construire un temple, et de fabriquer leur figure , afin que tout le peuple – femmes, enfants, et le reste du peuple – se prosternent devant elle. Il [chacun de ces prophètes] indiquait la figure [qu’il avait] imaginée en son esprit, et prétendait que c’était la figure de cette étoile qui lui avait été communiquée dans sa vision prophétique. De cette manière, ils commencèrent à fabriquer des figures dans les temples, en dessous des arbres, au sommet des montagnes et des collines. Ils se rassemblaient, se prosternaient devant celles-ci, et disaient au peuple que telle figure dispense le bien [à ceux qui l’adorent] et fait du mal [à ceux qui la méprisent], et doit donc être adorée et crainte. Leurs prêtres disaient : « Par ce service, vous augmenterez et prospérerez ; faites ceci et cela, et ne faites pas ceci et cela ! » D’autres imposteurs apparurent et dirent que l’étoile même, la sphère, ou l’ange avait parlé avec eux et leur avait dit : « Adorez-moi de telle et telle façon », et leur avait enseigné son culte, disant : « Faites ceci, et ne faites pas cela ». Ainsi, [progressivement,] cette coutume – adorer des figures avec des formes de service très diverses, leur offrir des sacrifices et se prosterner devant elles – se répandit dans le monde entier. Peu à peu, le Nom révéré et redoutable [de D.ieu] fut oublié par l’humanité, et disparut des lèvres et des cœurs. Tous les gens du commun, les femmes, et les enfants, ne connaissaient plus que la figure de bois ou de pierre, et le temple de pierres, ayant, depuis leur tendre enfance, été éduqués à se protester devant elle, à l’adorer, et à jurer par son nom. Leurs sages, comme leurs prêtres et [hommes] semblables, imaginaient qu’il n’eût point d’autre dieu que les étoiles et sphères pour lesquelles et en représentation desquelles ces figures avaient été fabriquées. Mais le Créateur de l’univers n’était connu de personne, si ce n’est de quelques individus dans le monde, comme Hanokh, Metouchelah, Noé, Chem, et Ever. C’est ainsi que le monde erra jusqu’à la naissance du pilier du monde, Abraham, notre père.

3. Dès que ce « puissant » fut sevré, alors qu’il n’était qu’un enfant, il commença à réfléchir. Jour et nuit, il pensait et s’étonnait : « Comment est-il possible que la sphère [céleste] dirige continuellement [le monde] sans que personne ne la dirige. Et qui la fait tourner ? Il est en effet impossible qu’elle se fasse elle-même tourner. Il n’avait pas de professeur, ni personne pour l’instruire. Il était submergé à Our Kasdim, au milieu de stupides idolâtres. Son père, sa mère, et la population entière adoraient des idoles, et lui rendait ce culte avec eux. Son esprit ne cessait de le tourmenter, et il réfléchissait, jusqu’au moment où il trouva le droit chemin, comprit la ligne de pensée correcte, et sut qu’il n’existe qu’un seul D.ieu, qui dirige la sphère, et qui a tout créé, et qu’il n’existe aucun autre dieu que Lui. Il réalisa que toute l’humanité était dans l’erreur, et [compris également] que ce qui avait rendu possible une telle erreur était le culte des étoiles et des figures, jusqu’à ce que la vérité avait disparu de leur esprit. À l’âge de quarante ans, Abraham reconnut son Créateur. Dès lors, il commença à réfuter les habitants d’Our Kasdim, et à débattre avec eux, en leur disant : « Vous ne suivez pas le chemin de la vérité ». Il brisa les figures et commença à enseigner au peuple qu’il n’est correct que de servir le D.ieu de l’univers, et que c’est devant Lui qu’il convient de se prosterner, d’offrir des sacrifices et des libations, afin que les générations futures Le reconnaissent. [Il leur expliqua] qu’il fallait détruire et briser toutes les figures afin d’éviter que tout le monde ne se trompe comme ceux-ci, qui pensaient qu’il n’y avait pas d’autre dieu que ces [figures]. Ayant fait triompher ses idées, le roi [Nimrod] chercha à le tuer. Il fut sauvé miraculeusement et émigra à Haran. Il commença à proclamer au monde entier avec une immense puissance que tout l’univers n’a qu’un seul D.ieu, et que c’est Lui qu’il convient d’adorer. Il allait de ville en ville et de royaume en royaume, appelant et rassemblant ensemble les habitants, jusqu’à ce qu’il atteignît la Terre de Canaan. [Là aussi,] il proclama [son message], comme il est dit : « et il appela là-bas au Nom de l’Eternel, le D.ieu de l’univers ». Quand les gens affluaient vers lui et l’interrogeaient sur ses dires, il répondait à chacun selon son aptitude, jusqu’à le ramener sur le chemin de la vérité. Ainsi, des milliers et dizaines de milliers se joignirent à lui, et constituèrent : « les gens de la maison d’Abraham ». Abraham implanta dans leurs cœurs cette doctrine essentielle, et composa des ouvrages sur le sujet. Il l’enseigna à Isaac son fils. Isaac l’enseigna et ramena [ainsi les gens sur le chemin de D.ieu]. Isaac la transmit à Jacob et lui ordonna de l’enseigner. Lui aussi, enseigna, et ramena [sur le chemin de D.ieu] tous ceux qui se joignirent à lui. Jacob notre père enseigna à tous ses fils, et mit à part Lévi, qu’il nomma à la tête et plaça dans l’académie pour enseigner la voie de D.ieu et garder la tâche d’Abraham. Il ordonna à ses enfants de nommer, un [professeur] après l’autre de la tribu de Lévi, dans une chaîne ininterrompue, afin que cette doctrine ne soit pas oubliée. Cela continua ainsi et prit de l’ampleur, au sein des enfants de Jacob et de leurs adeptes, jusqu’à ce qu’ils devinrent un peuple connaissant D.ieu. Puis, les israélites, ayant séjourné longtemps en Égypte, récidivèrent et apprirent les pratiques de leurs voisins et, comme eux, servirent des idoles, à l’exception de la tribu de Lévi qui resta fermement attaché à la prescription des patriarches. La tribu de Lévi ne sombra jamais dans l’idolâtrie. La doctrine implantée par Abraham aurait pu, en un court instant, être déracinée, et les descendants de Jacob auraient sombré dans l’erreur et l’égarement des peuples. Mais D.ieu, par amour pour nous et pour garder le serment fait à Abraham notre père, suscita Moïse notre maître et maître de tous les prophètes, et le chargea de cette mission. Après que Moïse notre maître commença à exercer sa fonction prophétique et qu’Israël fut choisi par le Tout-Puissant comme Son héritage, Il les couronna des préceptes, et leur montra la voie de son service et comment traiter l’idolâtrie et tous ceux qui s’y égarent.