Le dernier jour de ‘Hanouka est appelé « Zot ‘Hanouka », ce qui signifie littéralement « Ceci est l’inauguration », puisque ‘Hanouka signifie « dédicace ». Cette appellation est tirée de la lecture de la Torah propre à ce jour, qui commence par les mots : « Ceci est l’inauguration de l’Autel. »1

Le fait même que ce jour porte le nom de « Ceci est ‘Hanouka » nous conduit à conclure que, d’une certaine manière, il exprime l’essence même de ‘Hanouka et constitue l’aboutissement des sept jours précédents.

Au-delà de la nature

Le nombre sept symbolise la nature et ses cycles établis. Il y a sept jours dans une semaine, sept couleurs dans l’arc-en-ciel, sept notes de musique, etc. Le nombre huit, en revanche, symbolise ce qui est au-delà de la nature et de ses limites. Huit relève d’un autre monde : il est miraculeux, il transcende les frontières de la création. Le huitième et dernier jour de ‘Hanouka, nous franchissons ainsi les limites de la nature et atteignons un niveau bien plus élevé que celui révélé au cours des jours précédents.2

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Une période prolongée pour la téchouva

‘Hanouka s’inscrit dans le prolongement spirituel des Fêtes Solennelles. « Ce que les justes peuvent obtenir de D.ieu à Roch Hachana et à Yom Kippour », explique Rabbi Israël de Rouzhin, « tout Juif peut également l’obtenir à Zot ‘Hanouka. »3 Autrement dit, quiconque n’a pas pleinement accompli la téchouva durant les Dix Jours de Pénitence peut encore voir sa téchouva acceptée jusqu’au huitième jour de ‘Hanouka. Cette idée est suggérée par le mot zot dans le verset d’Isaïe : « Par ceci (zot), la faute de Jacob sera expiée. »4

Potentiel et actualisation

Les grandes Écoles de Hillel et de Chammaï divergeaient sur l’ordre d’allumage des bougies de ‘Hanouka. L’école de Chammaï soutenait qu’il fallait allumer les bougies dans un ordre décroissant, en commençant par huit bougies la première nuit et en en retirant une chaque nuit suivante, tandis que l’école de Hillel préconisait d’allumer une bougie la première nuit, puis d’en ajouter une chaque soir jusqu’à ce que les huit soient allumées la dernière nuit.

Quel était le fond de leur divergence ? Le Rabbi explique qu’il s’agit de la distinction entre le potentiel et l’actualisation. L’école de Chammaï enseignait que l’on doit considérer les choses dans leur état potentiel. Ainsi, la première nuit de ‘Hanouka contenait en germe l’ensemble des nuits à venir. L’école de Hillel, en revanche, estimait que l’on doit considérer les choses telles qu’elles existent effectivement. Ainsi, le premier jour, une seule bougie est allumée, puisqu’il ne s’agit encore que du premier jour de la fête, et ainsi de suite.

‘Hanouka, en particulier, reflète l’aspect de l’actualisation plutôt que celui du potentiel – et de fait, nous allumons la ménorah selon la méthode de l’École de Hillel. C’est pourquoi ce n’est que le dernier jour de ‘Hanouka – lorsque les huit jours et les huit lumières ont été pleinement actualisés, puis allumés – que nous pouvons déclarer : « Ceci est ‘Hanouka. »