Les nations, les États, les provinces, et même certaines entreprises japonaises, ont leur hymne.

Un hymne est une composition musicale qui exprime l’essence de l’entité qu’il honore, un thème commun qui unit la population variée de cet endroit et les activités diverses qui émaillent la vie en ce lieu.

Par exemple, il existe de nombreux types de rassemblements aux États-Unis où l’on joue le « Star-Spangled Banner ». Certains sont joyeux et d’autres tristes. Certains sont empreints d’une grande gravité et d’autres sont plus légers. Certains sont immenses et d’autres très modestes. Le thème commun que cet hymne exprime est le suivant : ceux qui le chantent sont fiers d’être Américains et sommes reconnaissants des opportunités que leur pays leur a offertes ; ils savent que leur bonheur et leur sécurité ont été obtenus au prix du sacrifice et du sang, et que seule une fermeté absolue dans leur protection les préservera. Ces vérités sont présentes à l’esprit aussi bien lors de l’investiture d’un nouveau président que dans l’insouciance d’un match de baseball, car elles sont tout aussi cruciales dans les deux situations.

La saison des Fêtes Solennelles possède elle aussi son « hymne ».


Nous entrons à présent dans une période du calendrier juif marquée par une profondeur, une intensité et une diversité d’expériences hors du commun. Les fêtes et dates particulières de cette saison font vibrer toutes les cordes de notre être et font résonner pratiquement toutes les notes que notre âme peut chanter.

Durant le mois d’Eloul, nous nous adonnons à l’introspection et à l’examen intérieur.

À Roch Hachana, nous explorons notre lien personnel et collectif avec D.ieu et nous renouvelons notre conviction que nous pouvons avoir un impact dans notre monde.

Durant les Dix Jours de Retour qui culminent à Yom Kippour, nous faisons face aux aspects négatifs de notre passé. Nous nous relions alors à notre Source ultime à un niveau plus profond que celui que nos manquements pouvaient atteindre, et, par la force de ce lien, nous transformons l’amertume du passé en la douceur d’un avenir meilleur.

Forts de cette proximité retrouvée avec le transcendant, nous entrons ensuite dans la fête de Soukkot, où chaque aspect de notre vie est enveloppé et imprégné par l’amour de D.ieu pour nous et par notre amour réciproque pour Lui – une expérience qui engendre une profonde allégresse et culmine dans la joie absolue de Chemini Atséret et Sim’hat Torah.

Ces expériences sont très diverses, et pourtant elles s’inscrivent dans un même continuum. Et elles ont un hymne qui exprime cette continuité.


L’« hymne » de la saison des Fêtes Solennelles, qui couvre les mois juifs d’Eloul et de Tichri, est le Psaume 27 : « D.ieu est ma lumière ».

Pendant cinquante jours – du Roch ‘Hodech (« tête du mois ») d’Eloul au septième jour de Soukkot (« Hochaana Rabba ») – nous récitons ce psaume deux fois par jour, matin et soir. Sa première ligne est la clé de toutes ces expériences : « D.ieu est ma lumière… »

Le rôle de la lumière est de révéler. Elle nous permet de voir clairement ce qu’elle éclaire. Cet hymne exprime notre sentiment que, durant cette période de l’année, D.ieu est particulièrement accessible ; nous pouvons donc ouvrir les portes de notre conscience à D.ieu et laisser Sa lumière révéler tout ce que nous possédons déjà, mais que nous avons relégué dans les couloirs assombris de la vie quotidienne.

Cette lumière est le thème dominant de cette saison :

Elle révèle nos failles.

Elle révèle notre potentiel de les transcender.

Elle révèle que nos aspects négatifs ne s’enracinent pas plus profondément qu’un mauvais rêve dont nous pouvons nous éveiller par un sursaut de conscience volontaire.

Elle révèle que notre rêve de perfection est une vision que nous avons le pouvoir d’atteindre.

Elle révèle que nous ne sommes pas aussi éloignés de la Divinité que nous l’imaginions.

Elle révèle que nous ne sommes pas une entité séparée de D.ieu, mais une extension de l’essence même de D.ieu.

Elle révèle notre faculté de percevoir cette qualité divine chez autrui.

Elle révèle notre capacité à nous élever au-dessus de la douleur de ce qui est transitoire et éphémère.

Elle révèle notre capacité à nous réjouir de ce qui est réel et éternel.

Lorsque nous récitons chaque jour ces paroles magnifiques en cette période cruciale, ouvrons-nous à la lumière divine en nous, et transformons-nous ainsi que notre monde – pour le bien.


Tehilim (Psaumes), chapitre  27

1. De David. D.ieu est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je peur ? D.ieu est le rempart de ma vie ; de qui aurais-je crainte ?

2. Quand des malfaisants s’avancent contre moi pour dévorer ma chair, ce sont mes adversaires et mes ennemis qui trébuchent et tombent.

3. Si une armée campe contre moi, mon cœur ne craindra pas ; si une guerre s’élève contre moi, je reste confiant.

4. Une [chose] je demande à D.ieu, que je recherche : c’est d’habiter dans la maison de D.ieu tous les jours de ma vie, pour contempler la douceur de D.ieu et visiter Son sanctuaire chaque matin.

5. Car Il me cachera dans Son tabernacle au jour du malheur, Il me dissimulera dans la retraite de Sa tente, Il m’élèvera sur un rocher.

6. Et maintenant, ma tête s’élève au-dessus de mes ennemis qui m’entourent, et je sacrifierai dans Sa tente des offrandes accompagnées de chants joyeux ; je chanterai et je psalmodierai des louanges à D.ieu.

7. Écoute, ô D.ieu, ma voix quand j’appelle, sois gracieux envers moi et réponds-moi.

8. En Ton nom, mon cœur dit : « Cherchez Ma face ». Ta face, ô D.ieu, je la chercherai.

9. Ne me cache pas Ton visage, ne repousse pas Ton serviteur avec colère. Toi qui fus mon aide, ne m’abandonne pas, ne me délaisse pas, ô D.ieu de mon salut.

10. Car mon père et ma mère m’ont abandonné, mais D.ieu me recueille.

11. Enseigne-moi, ô D.ieu, Ta voie, et guide-moi sur le sentier droit, à cause de ceux qui me guettent.

12. Ne me livre pas au désir de mes adversaires, car de faux témoins et ceux qui profèrent la violence se sont levés contre moi.

13. Si je n’avais pas eu la foi de voir la bonté de D.ieu sur la terre des vivants !

14. Espère en D.ieu, sois fort et Il affermira ton cœur, et espère en D.ieu.