Question :

La bénédiction que nous récitons avant d’allumer les bougies de ‘Hanouka dit : « Béni sois-tu, D.ieu... qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a commandé d’allumer la lampe de ‘Hanouka. » Je ne comprends pas. Quand D.ieu nous a-t-il ordonné d’allumer la ménorah ? ‘Hanouka n’est-elle pas une fête instaurée par les rabbins ?

Réponse :

Certes, l’allumage de la ménorah fut institué par nos Sages après la victoire miraculeuse des Juifs sur les Grecs de Syrie, puis le miracle de la petite fiole d’huile qui brûla sans interruption pendant huit jours. Il en va de même des autres mitsvot rabbiniques : la récitation du Hallel, le lavage des mains avant de manger, l’allumage des bougies de Chabbat, l’établissement d’un érouv et la lecture de la Méguila à Pourim. Toutes ces pratiques ont été instituées par nos Sages. Pourquoi, dès lors, attribuons-nous ces commandements à D.ieu ?

Maïmonide traite de cela dans son Code de la loi juive1 et explique que D.ieu? nous commande dans la Torah d’obéir aux instructions des sages des générations futures. « Tu ne te détourneras pas de ce qu’ils t’enseigneront », dit le verset.2 Cela signifie que lorsque nous obéissons aux sages, nous faisons la volonté de D.ieu?. Par conséquent, c’est D.ieu? qui nous a sanctifiés et qui nous a ordonné d’obéir aux sages qui ont institué l’allumage des bougies de ‘Hanouka.

De même, on lit dans l’ancien Midrash de Rabbi Tan’houma3 :

Une personne ne doit pas dire : « Je ne vais pas accomplir les mitsvot des anciens, car elles ne sont pas de la Torah. »

Le Saint, béni soit-Il, dit à de telles personnes : « Mes enfants, vous n’êtes pas autorisés à parler de la sorte ! Au contraire, tout ce qu’ils vous décrètent, vous devez l’accomplir, comme il est dit dans Ma Torah : “Tu feras selon la Torah qu’ils t’enseigneront.”4 Pourquoi ? Parce que Je suis également d’accord avec leurs paroles, comme il est dit : “Vous décréterez un statut et il sera établi pour vous.” »

En fait, le Talmud affirme que nous devons être plus stricts avec les paroles des sages qu’avec celles de la Torah, car leurs paroles sont plus précieuses à D.ieu? que les Siennes5 – tout comme les paroles d’un enfant sage peuvent être plus précieuses pour un parent ou un enseignant que ses propres paroles.