Balak
L’attente active
Chers amis,
À la fin de son Michné Torah, dans les lois relatives au roi Machia’h, Maïmonide écrit que « celui qui ne croit pas en lui, ou n’attend pas sa venue, renie non seulement les paroles des prophètes, mais aussi celles de la Torah et de Moïse, notre maître ». Pour étayer cette affirmation, il cite deux sources : un verset annonçant le retour des exilés, et la prophétie de Bilaam, qui évoque deux rois oints par D.ieu : le roi David, et Machia’h.
Le Rabbi de Loubavitch attire notre attention sur un point remarquable : le Michné Torah est un code de loi, non un commentaire biblique. Pourtant, ici, Maïmonide ne se contente pas d’évoquer la prophétie de Bilaam ; il l’analyse en détail, verset après verset, en expliquant comment chaque expression se rapporte d’une part à David, d’autre part à Machia’h. Pourquoi une telle minutie dans un ouvrage purement halakhique ?
Parce que, répond le Rabbi, Maïmonide ne cherche pas seulement à démontrer que la Torah annonce la venue de Machia’h : il veut nous faire comprendre la nature même de cette venue. En plaçant Machia’h dans la continuité du roi David, Maïmonide nous enseigne que la Délivrance ne viendra pas rompre le fil de notre histoire, mais en révélera l’accomplissement ultime – celui de la promesse divine qui la traverse depuis toujours.
David a unifié le peuple, vaincu ses ennemis, établi la paix et préparé la construction du Temple. Machia’h poursuivra et accomplira cette œuvre : il rétablira la royauté de David, rassemblera les exilés, rebâtira le Temple, et rendra possible l’accomplissement intégral de la Torah et de ses commandements. La royauté messianique n’est pas un simple pouvoir politique : elle est le cadre qui permet à la Torah de s’incarner pleinement dans la vie du peuple juif.
Dès lors, l’attente de Machia’h ne peut être passive ni abstraite. Il ne s’agit pas d’espérer un homme aux pouvoirs miraculeux, mais de nourrir une aspiration active : celle d’un monde transformé par la Torah, d’une société unifiée autour du service divin. Croire en Machia’h, c’est croire que le monde peut être conduit vers plus de lumière, de justice et de vérité.
Et cette croyance engage. Elle inspire nos actes, guide nos choix, ravive notre espérance. Chaque mitsva accomplie, chaque pas vers l’unité, chaque étincelle de vérité allumée dans notre quotidien rapproche le moment où cette promesse se réalisera.
Puissions-nous voir ce jour très prochainement.
Chabbat Chalom !
Vos amis @ Fr.Chabad.org
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