Lag BaOmer: l’unité qui éclaire la nuit

Dans le calendrier juif, le 33e jour du Compte du Omer, Lag BaOmer, se distingue par une lumière particulière. Ce jour – le 18 Iyar – marque la cessation de l’épidémie qui emporta les élèves de Rabbi Akiva, révélant combien le manque d’unité peut coûter cher. Mais ce jour est aussi, et surtout, le jour de la Hiloula de Rabbi Chimone bar Yo’haï, le maître du Zohar, celui qui fit descendre dans le monde les secrets les plus profonds de la Torah, et qui demanda expressément que l’on se réjouisse en ce jour.

De fait, Lag BaOmer est devenu, depuis des générations, un jour de joie populaire, vibrant, collectif. Une joie qui ne se contente pas d’éclats individuels, mais qui embrasse la collectivité tout entière. À Mérone, au nord d’Israël, ils sont des centaines de milliers – jeunes et anciens, Séfarades, Ashkénazes, ‘hassidim ou non, religieux ou non – à gravir ensemble la montagne qui mène au tombeau de Rachbi. Là, autour de feux allumés en son honneur, les chants s’élèvent, les danses s’enchaînent, les cœurs se rapprochent.

Le Rabbi de Loubavitch voyait en ce phénomène une expression rare et précieuse de l’A’hdout Israël – l’unité du peuple juif. Il enseignait que cette unité, loin d’être un simple idéal abstrait, est la condition même de notre rédemption. La haine gratuite a causé l’exil. L’amour gratuit, cette capacité de voir en l’autre une âme divine, en est la clé de sortie.

C’est dans cet esprit que le Rabbi relança, en 1980, les grandes parades d’enfants pour Lag BaOmer, sous la bannière : « Ensemble, tous les enfants d’Israël ». Des États-Unis à l’Australie, de l’Afrique du Sud à la France, ces défilés ont pris une ampleur mondiale, fédérant des enfants et leurs familles dans une même célébration. Ils incarnent une lumière collective, joyeuse et haute en couleur, qui transcende les frontières habituelles. En eux s’exprime cette promesse d’un avenir uni, pacifié, où chacun trouve sa place.

En voyant ces enfants défiler, unis dans leur diversité, on perçoit ce que le Rabbi voulait révéler : qu’au-delà de nos différences, une seule et même flamme brûle en nous tous. Et que cette flamme, nourrie de respect, de lien et d’écoute, peut hâter la venue de Machia’h.

Puissions-nous, à l’image de Lag BaOmer, transformer nos jours en jours de lumière partagée – jusqu’à ce que cette lumière illumine le monde entier.

Chabbat Chalom !


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