Réeh
Un mois de refuge
Lorsque l’on est en position de vulnérabilité et en même temps assailli de toutes parts, on cherche un endroit où se réfugier, un lieu où être en sécurité le temps de reprendre ses esprits, puis de réfléchir à une stratégie pour s’extraire de cette fâcheuse situation. Ceci fait, on peut alors continuer sa vie, aller de l’avant et changer le monde.
Bienvenue en Eloul.
À mesure que nous approchons du Jour du Jugement de l’Univers – et du coup, de notre jugement – connu sous le nom de Roch Hachana, nos « dossiers » sont passés en revue là-haut, et un certain ange remplissant les fonctions de Procureur Céleste se drape dans des habits de vengeur.
« Cette personne est un meurtrier, dit l’ange accusateur. À travers son attitude délétère tout au long de l’année, elle a assassiné l’image de D.ieu qui était en elle ; elle a “tué l’âme de l’homme dans l’homme”, sa propre âme au-dedans d’elle-même. Laissez-moi donc lui rendre la pareille, en tant que “vengeur du sang”, et lui assurer une sortie rapide de ce monde. »
Toutefois, il est bien admis que, si son âme est désormais (comme) morte du fait de ses manquements, ce n’était pas prémédité. C’est seulement que la lumière de D.ieu était si peu perceptible dans ce monde, alors que les tentations, elles, étaient si fortes, et si présentes... Si homicide spirituel il y a eu, il était clairement involontaire.
Ce qui signifie que notre prévenu peut bénéficier de la sécurité d’une « ville de refuge » qui le mettra à l’abri du « vengeur ».
Qu’est-ce qui peut servir de « ville de refuge » dans ce cas ?
« Les paroles de la Torah sont un refuge », enseignent nos Sages. Lorsque l’on étudie la Torah, notre conscience s’imprègne intellectuellement de ses enseignements et, ce faisant, la profondeur de notre âme entre inconsciemment en phase avec la profondeur de la Torah, un lieu où le mal, passé ou présent, n’a pas accès.
Lorsqu’il développa cet enseignement, le Rabbi de Loubavitch conclut en engageant chacun à diffuser cette notion autour de soi : à travers ce mois d’Eloul qui commence, D.ieu nous donne à tous 30 jours lors desquels notre étude régulière de la Torah nous donne les forces de rectifier dans notre vie tout ce qui doit l’être, pour aborder l’avenir avec sérénité, lucidité, détermination et joie.
Puissiez-vous être inscrits et scellés pour une bonne et douce année.
Emmanuel Mergui
au nom de l’équipe éditoriale de Chabad.org
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