Si ce sont généralement les Séder de Pessa’h qui retiennent le plus l’attention, le reste de cette fête de huit jours a lui aussi quelque chose de spécial — et le dernier jour est particulièrement marquant ! Voici 14 faits sur A’harone Chel Pessa’h, le bouquet final d’une semaine placée sous le signe de la fête, de la famille et de la liberté.
1. C’est la fin d’une semaine bien remplie
Pessa’h touche à sa fin, et quelle semaine bien remplie nous venons de vivre ! Nous avons commencé par les deux premiers jours et les nuits du Séder, riches en moments forts et précieux. Puis est venu ‘Hol HaMoëd, quatre jours intermédiaires placés sous le signe des moments en famille, des excursions et de beaucoup de matsa. Il est maintenant temps de célébrer les deux derniers jours : Chevii Chel Pessa’h (le septième jour de Pessa’h) et A’harone Chel Pessa’h (le tout dernier jour).
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2. Nous nous abstenons de travailler
Tout comme les deux premiers jours de Pessa’h, les deux derniers sont Yom Tov, des jours de fête où le travail est interdit. Mais contrairement au Chabbat, certaines activités sont autorisées, comme le fait de porter dehors (uniquement les objets nécessaires pour Yom Tov) et certaines formes de préparation des aliments.
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3. C’est une journée consacrée au Machia’h
À Pessa’h, nous évoquons la Sortie d’Égypte, lorsque D.ieu nous a libérés de l’exil d’Égypte. Mais nous sommes, nous aussi, en exil aujourd’hui, dans un monde qui n’a jamais été aussi sombre spirituellement. Il est donc naturel que le thème du dernier jour de Pessa’h soit le Machia’h et la Rédemption finale.1 C’est un jour propice pour prier afin que vienne enfin le temps où le monde atteindra son état de perfection, et pour prendre la résolution de faire tout ce que nous pouvons pour en faire une réalité.
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4. Nous lisons une haftarah unique
Le thème du Machia’h commence dès la synagogue, où nous lisons une extraordinaire haftarah tirée d’Isaïe. Le prophète y dépeint la personnalité noble du Machia’h et l’ère particulière qu’il inaugurera :
Un rameau sortira de la souche de Jessé, et un rejeton poussera de ses racines. L’esprit de D.ieu reposera sur lui : un esprit de sagesse et de discernement ; un esprit de conseil et de force ; un esprit de connaissance et de crainte de D.ieu [...] Le loup habitera avec l’agneau, et la panthère se couchera près du chevreau [...] car la terre sera remplie de la connaissance de D.ieu comme les eaux couvrent la mer.2
À lire : Qui est le Machia’h ?
5. Yizkor honore la mémoire de nos proches
À A’harone Chel Pessa’h, nous récitons le Yizkor, la prière spéciale à la mémoire des proches disparus. Plus qu’un simple souvenir, le Yizkor est un moment où l’on s’engage à faire un don de charité en leur mérite et à mener une vie pleine de sens, une vie dont leurs âmes dans les hauteurs puissent être fières.
À lire : Yizkor — la prière du souvenir
6. Il est de coutume de prendre le « repas du Machia’h »
La plupart des fêtes comportent deux repas festifs — l’un le soir, l’autre le lendemain matin ou en début d’après-midi. Mais à A’harone Chel Pessa’h, il est de coutume d’ajouter un troisième repas en fin d’après-midi. Appelé « repas du Machia’h », ce repas remonte au Baal Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique.3
7. C’est presque un troisième Séder
Pendant le repas du Machia’h, il est de coutume de manger de la matsa et de boire quatre coupes de vin,4 rappelant les deux Séder célébrés une semaine plus tôt. Cela a une portée spirituelle : en les consommant, nous faisons nôtre le message selon lequel l’arrivée du Machia’h est imminente et qu’il ne tient qu’à nous d’en faire une réalité.5
8. Une semaine de passée, six encore à venir
Depuis la deuxième nuit de Pessa’h, nous comptons le Omer — les sept semaines qui mènent à Chavouot, lorsque nous avons reçu la Torah. À A’harone Chel Pessa’h, nous avons achevé la première semaine.
Cet accomplissement a une portée spirituelle. La Kabbale enseigne qu’il existe sept émotions fondamentales qui composent l’éventail de l’expérience humaine. Chacune des sept semaines entre Pessa’h et Chavouot est consacrée à l’examen et au raffinement de l’une d’entre elles.6 Le dernier jour de Pessa’h, nous achevons le raffinement de la première émotion, le ‘hessed (la bonté et l’amour).
À lire : Guide spirituel pour compter le Omer
9. Ceux qui évitent la matsa cherouya baissent la garde
Certaines communautés évitent de mouiller la matsa pendant Pessa’h (pratique appelée matsa cherouya en hébreu ou gebrokts en yiddish) pour prévenir tout risque qu’elle ne devienne du ‘hamets. Mais à A’harone Chel Pessa’h, beaucoup tiennent précisément à en manger — en savourant des boulettes de matsa, du matsa brei et d’autres plats délicieux.
Pourquoi cette différence ? L’une des raisons est que le dernier jour est une fête d’ordre rabbinique, ce qui laisse place à une certaine indulgence. Mais il y a aussi une dimension spirituelle : après une semaine passée à affiner notre caractère, nous sommes plus solides spirituellement. Tout en continuant d’éviter le véritable ‘hamets, qui représente l’orgueil et l’ego, nous pouvons désormais faire un usage positif d’une pointe de ces traits.7
10. Une célèbre bénédiction manque à l’appel
En général, lors des fêtes et des occasions particulières, nous récitons la bénédiction de Chéhé’héyanou : « Béni sois-Tu, D.ieu [...] qui nous a fait vivre, nous a maintenus et nous a permis de parvenir à ce moment. » Mais pas les deux derniers jours de Pessa’h. Pourquoi ? L’une des raisons est que Chéhé’héyanou se dit pour célébrer quelque chose de tangible. Ces jours sont centrés sur la Rédemption future — qui, à l’heure où ces lignes sont écrites, ne s’est pas encore réalisée.8
À lire : La bénédiction manquante
11. La tradition veut que l’on visite d’autres synagogues
Le Rabbi, de mémoire bénie, a institué une belle tradition consistant à visiter d’autres synagogues les jours de fête afin d’y partager joie et inspiration, près comme loin. À Pessa’h, ces visites sont prévues pour la soirée précédant A’harone Chel Pessa’h. Puisqu’il n’est pas permis de conduire pendant Yom Tov, les ‘hassidim ‘Habad parcourent de longues distances à pied pour partager une pensée ‘hassidique et animer l’atmosphère d’une danse pleine d’entrain.
À lire : Aller loin pour se sentir proche
12. Attendez avant de manger du ‘hamets
Dès la fin d’A’harone Chel Pessa’h, le ‘hamets est de nouveau officiellement autorisé. Mais si vous avez vendu votre ‘hamets par l’intermédiaire d’un rabbin, attendez un peu avant d’en consommer. Cela laisse au rabbin le temps de finaliser le rachat.
13. En Israël, il se confond avec le 7e jour
En Terre d’Israël, Pessa’h ne dure que sept jours. De nombreuses coutumes d’A’harone Chel Pessa’h ont donc lieu à Chevii Chel Pessa’h. Cela signifie aussi que, tandis que les Juifs de la diaspora célèbrent leur dernier jour de Pessa’h, les Israéliens profitent déjà de leur ‘hamets d’après-Pessa’h !
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14. Les Marocains se réunissent pour la Mimouna
À l’issue d’A’harone Chel Pessa’h, lorsque la fête est terminée, les Juifs marocains organisent un rassemblement festif appelé mimouna. Les amis et les membres de la famille se rendent visite, et les tables sont garnies de douceurs, notamment de crêpes spéciales appelées moufleta.
Le mot mimouna signifie « chance ». À Pessa’h, beaucoup de gens ne mangent pas les uns chez les autres, car tous n’ont pas les mêmes critères. Cette convivialité d’après-Pessa’h montre qu’il n’y a aucune rancœur.
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