L’après-midi du dernier jour de Pessa’h, il est de coutume de prendre un troisième repas appelé Séoudat Machia’h : le « Repas du Machia’h ». Cette tradition fut instaurée par le Baal Chem Tov, le fondateur du mouvement ‘hassidique, et s’est depuis répandue dans toutes les communautés juives.

Ce repas est ainsi appelé, car, le dernier jour de Pessa’h un « rayonnement du Machia’h » se révèle dans le monde. De fait, ce jour est particulièrement lié au thème du Machia’h, comme on le voit dans la Haftara du jour : Isaïe 10,32-12,6 qui décrit l'ère messianique et la personnalité du roi Machia'h. En voici un extrait :

« Or, un rameau sortira de la souche de Yichaï (Jessé), un rejeton poussera de ses racines. Sur lui reposera l'esprit de D.ieu : esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de science et de crainte de D.ieu.

Animé ainsi de la crainte de Dieu, il ne jugera point selon ce que ses yeux croiront voir, il ne décidera pas selon ce que ses oreilles auront entendu. Mais il jugera les faibles avec justice, il rendra des arrêts équitables en faveur des humbles du pays ; du sceptre de sa parole il frappera les violents et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.

La justice sera la ceinture de ses reins, et la loyauté l'écharpe de ses flancs.

Alors le loup habitera avec la brebis, et le tigre reposera avec le chevreau ; veau, lionceau et bélier vivront ensemble, et un jeune enfant les conduira. Génisse et ourse paîtront côte à côte, ensemble s'ébattront leurs petits ; et le lion, comme le bœuf, se nourrira de paille. Le nourrisson jouera près du nid de la vipère, et le nouveau-sevré avancera la main dans le repaire de l'aspic.

Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne ; car la terre sera pleine de la connaissance de D.ieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers. »

Isaïe 11, 1-9

Lors de ce repas, on consomme des matsot accompagnées d’un autre aliment.

Quatre verres de vin pour la délivrance

En 1906, le cinquième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Chalom DovBer Schneerson, instaura que l’on boive, au cours de ce repas, quatre verres de vin.

Le Rabbi de Loubavitch a expliqué que les quatre verres de vin du Seder de Pessa’h sont liés à la sortie d’Égypte alors que ceux de la Séoudat Machia’h sont liés à la délivrance future. Le Midrache1 enseigne que, lors de la délivrance messianique, D.ieu fera boire aux ennemis du peuple juif « quatre verres de calamité » et fera boire aux Enfants d’Israël « quatre verres de consolation ».

La raison de cela est que la délivrance d’Égypte a constitué la première étape du processus de la délivrance messianique. Ainsi, à la conclusion de la fête, on ressent la finalité et l’aboutissement de Pessa’h qui est la venue du Machia’h.

La coutume de célébrer ce repas permet d’intérioriser cette foi d’une manière bien plus profonde qu’intellectuelle ou émotionnelle, car les matsot et le vin deviennent partie de notre chair. C’est pourquoi il est important de boire ces quatre verres, ajoute le Rabbi de Loubavitch, avec l’intention expresse d’exprimer notre foi en la délivrance messianique2

Le Rabbi, dans un de ses discours, a développé l’idée selon laquelle le fait de célébrer la Séoudat Machia’h en temps d’exil montre que le peuple juif ne « reconnaît pas » l’exil, ce qui a pour effet d’accélérer l’avènement messianique.

La Séoudat Machia’h en 2020

En raisons des mesures de confinement liées à l’épidémie de coronavirus, chacun est invité à célébrer cette année la Séoudat Machia’h à la maison avec sa famille.

C’est l’occasion de préparer un enseignement sur la Délivrance, des histoires inspirantes véhiculant la foi juive, et des chants juifs traditionnels (tels que Ani Maamine) exprimant notre foi millénaire en la Délivrance messianique qui amènera la paix et la plénitude pour toute l’humanité.