Cet article est un guide des lois spécifiques à Roch Hachana. Pour un guide général des lois relatives à toutes les fêtes (par exemple, les lois de la cuisson et du transport), voir les lois de Yom tov.
La plupart d’entre nous considèrent Roch Hachana, le Nouvel An juif, comme un jour très sérieux – le jour où nous proclamons D.ieu Roi de l’univers alors qu’Il siège pour juger le monde et ses habitants. Et pourtant, Roch Hachana est aussi une fête joyeuse, car nous avons foi que D.ieu nous accordera une année douce. Ces deux idées s’expriment dans les différentes lois et coutumes de Roch Hachana.
Seli’hot
À l’approche de la nouvelle année, nos préparatifs pour les Grandes Fêtes s’intensifient. Plusieurs jours avant Roch Hachana, nous commençons à réciter les Seli’hot – un ensemble de prières et pièces liturgiques de pénitence – avant la prière du matin.
Selon l’usage ashkénaze, les premières Seli’hot sont récitées après « minuit halakhique » dans la nuit du samedi précédant Roch Hachana. Comme un minimum de quatre jours de Seli’hot doit être observé, si le premier jour de Roch Hachana tombe un lundi ou un mardi soir, les Seli’hot sont commencées le samedi soir précédent. Après l’office du samedi soir, les Seli’hot sont récitées chaque jour avant la prière du matin jusqu’à Roch Hachana (sauf Chabbat).
Les Séfarades récitent les Seli’hot durant tout le mois d’Eloul.
Les Seli’hot ont vocation à être récitées avec un minyane. Pourquoi ? Tout d’abord, il nous est assuré que toute prière récitée avec un minyane n’est pas repoussée par D.ieu.1 Cependant, il y a une autre raison propre aux Seli’hot :
Au cœur des Seli’hot se trouvent les Treize Attributs de Miséricorde divins, que D.ieu enseigna à Moïse comme moyen d’obtenir le pardon divin. Selon le Talmud, D.ieu révéla les Treize Attributs en étant « enveloppé dans un tallit, tel un ‘hazane dirigeant la congrégation ».2 Ils sont donc considérés comme un davar chebikedoucha, des « paroles de sainteté », qui ne sont dits qu’avec une « congrégation », c’est-à-dire un minyane, tout comme le Kaddich.3
Et si vous ne pouvez pas rejoindre un minyane ? Dans ce cas, vous pouvez tout de même dire les Seli’hot seul, mais le fait de dire ou non les Treize Attributs dépend de votre coutume. Beaucoup ont l’usage de réciter les Treize Attributs sur l’air de la lecture de la Torah, comme s’ils lisaient les versets et non comme s’ils les disaient « en prière ».4 La coutume ‘Habad, cependant, est d’omettre entièrement la partie des Treize Attributs lorsque l’on prie seul.5 De plus, lorsqu’on prie seul, la coutume est d’omettre les passages en araméen des Seli’hot.6
Erev Roch Hachana
Le jour précédant Roch Hachana, les Seli’hot sont de nouveau récitées aux premières heures du matin. Les Seli’hot de la veille de Roch Hachana sont sensiblement plus longues que celles des jours précédents.
Office du matin
On récite les prières d’un jour de semaine ; toutefois, comme c’est le cas à la veille de toutes les fêtes, le ta’hanoun est omis (il est toutefois récité dans le cadre des Seli’hot).7
Pas de choffar
Alors que la coutume est de sonner du choffar pendant le reste du mois d’Eloul, on ne sonne pas du choffar la veille de Roch Hachana,8 car nous voulons distinguer les sonneries du mois d’Eloul – qui relèvent de la coutume – de la sonnerie du choffar à Roch Hachana, qui est une mitsva d’ordre biblique.9
Hatarat Nedarim
Afin de commencer le Jour du Jugement et la nouvelle année exempts de la faute des vœux non tenus, il est d’usage de réunir un Beth Din (un tribunal rabbinique) après la prière du matin pour procéder à la cérémonie de Hatarat Nedarim et annuler les vœux que nous aurions pu faire par inadvertance au cours de l’année écoulée. Un Beth Din se compose d’au minimum trois hommes adultes, plus le requérant.10 Cependant, beaucoup, y compris selon l’usage ‘Habad, ont coutume que dix personnes siègent au Beth Din, car cela est considéré comme un tribunal doté d’une autorité plus forte.11
Contrairement aux membres d’un Beth Din ordinaire, les membres du Beth Din pour Hatarat Nedarim peuvent être apparentés et n’ont pas besoin de qualifications rabbiniques.12
Hatarat Nedarim doit être dite dans une langue comprise à la fois par le requérant et par le tribunal.13
Au cours de la procédure de Hatarat Nedarim, quatre (ou onze14) hommes se réunissent. L’un d’eux se lève, fait face au panel de « juges » assis et leur demande d’annuler ses vœux, ce qu’ils font. Cette personne s’assoit alors, devenant membre du panel, et l’individu suivant demande l’annulation. On poursuit ainsi jusqu’à ce que tous aient fait annuler leurs vœux. (On trouvera le texte de Hatarat Nedarim dans le Sidour Tehilat Hachem, p. 358.)
La coutume répandue est que les femmes ne font pas Hatarat Nedarim la veille de Roch Hachana. (Toutefois, une femme peut mandater son mari pour annuler ses vœux en même temps que les siens. Dans ce cas, le mari doit informer le tribunal qu’il cherche à annuler les vœux de son épouse avec les siens.15 )
Les femmes peuvent annuler leurs vœux en disant Kol Nidrei à Yom Kippour en même temps que le ‘hazane, puisque la prière de Kol Nidrei porte également sur l’annulation des vœux.16
À l’exception d’un mari agissant au nom de son épouse, on ne peut pas recourir à un messager pour annuler les vœux d’autrui.17
Année de Chemita et prouzboul
Pendant une année de Chemita (l’année sabbatique qui survient tous les sept ans), outre les restrictions agricoles en vigueur en Israël, l’observance de la Chemita inclut la remise de tous les prêts et dettes non acquittés au terme de l’année de Chemita.18 Même si l’emprunteur souhaite rembourser sa dette, le prêteur ne peut l’accepter sans rappeler à l’emprunteur que la dette a été annulée.19
En même temps, la Torah nous interdit de nous abstenir de prêter par crainte que la Chemita n’annule le prêt, et nous ordonne de prêter avec joie, malgré la possibilité de ne pas être remboursés.
Lorsque Hillel l’Ancien constata que les riches évitaient d’accorder des prêts à l’approche de l’année de Chemita, privant les pauvres d’argent indispensable, il eut une idée novatrice. Partant du principe que seules les dettes privées sont annulées par la Chemita, et que la Chemita de nos jours n’est qu’un décret rabbinique, Hillel institua le « prouzboul », un mécanisme par lequel les dettes sont transférées au tribunal juif, les rendant ainsi publiques et non sujettes à l’annulation par la Chemita.20
Les coutumes varient quant au moment où l’on doit faire un prouzboul. Techniquement, les prêts ne sont annulés qu’à la fin de l’année de Chemita. Cependant, dès que l’année de Chemita commence, un prêteur ne peut plus exiger le remboursement d’un prêt. Pour cette raison, beaucoup, y compris selon la coutume ‘Habad, font un prouzboul la veille de Roch Hachana, avant l’entrée de la septième année.21 D’autres ont la coutume de le faire à la fin de l’année de Chemita, moment où les prêts sont annulés.22 D’autres encore s’efforcent de le faire deux fois – au début et à la fin de l’année de Chemita – ce qui était la pratique du Rabbi, de mémoire bénie.23
Pour faire un prouzboul, le prêteur se tient devant un tribunal juif et lui cède ses créances, en disant :
הריני מוסר לכם כל החובות שיש לי, שאגבה אותם כל זמן שארצה
« Je vous cède [à vous, le Beth Din] toutes les dettes que je détiens, afin que je puisse les recouvrer quand je le désire. »
Comme un tribunal juif est requis pour faire un prouzboul, l’usage est de le faire juste après Hatarat Nedarim, car un tribunal juif est déjà réuni.
Le Rabbi a suggéré que même si personne ne vous doit d’argent, vous prêtiez une petite somme afin de pouvoir faire le prouzboul.24
Pour en savoir plus sur le prouzboul, voir L’annulation des dettes lors de la Chemita.
Autres coutumes
Mikvé
Beaucoup d’hommes ont la coutume de s’immerger au mikvé avant Roch Hachana afin d’entrer dans la nouvelle année avec une sainteté accrue.25
Cimetière
Il est d’usage de se rendre au cimetière la veille de Roch Hachana, en particulier sur les tombes des justes, et de demander à D.ieu de nous pardonner par leur mérite.26
Jeûne
Certains ont coutume de jeûner la veille de Roch Hachana (au moins une partie de la journée), à condition que le jeûne ne les affaiblisse pas.27
Tehilim/Psaumes
Nous tâchons de minimiser la frivolité et d’employer tout temps libre à la récitation des Psaumes le jour précédant Roch Hachana, et particulièrement pendant les deux jours de Roch Hachana eux-mêmes.28 29
Premier soir de Roch Hachana
Allumage des bougies
Pour inaugurer Yom tov, les femmes (ou les hommes, dans un foyer entièrement masculin) allument les bougies le premier et le deuxième soir de Roch Hachana.
Comme pour les autres fêtes, on peut transférer le feu à partir d’une flamme préexistante à Roch Hachana, à condition que Roch Hachana ne tombe pas Chabbat. Par conséquent, avant l’entrée de la fête, assurez-vous d’avoir une flamme allumée qui durera pendant toute la fête pour l’allumage du second soir et pour la cuisson. (Pour plus de détails, voir les Lois de Yom tov.)
Éteindre un feu n’est pas permis à Yom tov ; après avoir allumé les bougies, laissez l’allumette se consumer d’elle-même.
Après l’allumage, on récite les bénédictions suivantes.
- Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam achère kidéchanou bémitsvotav vétsivanou lehadlik ner chel (Chabbat véchel) Yom Hazikarone.
« Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné d’allumer la bougie (de Chabbat et) du Jour du Souvenir. » - Barou’h ata Ado-naï Elo-hénou mélè’h haolam chéhé’héyanou vekiyémanou vehiguiyanou lizmane hazé.
« Béni sois-Tu Éternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre, nous a fait exister et nous a fait parvenir à ce moment. »
Le premier soir, on allume les bougies avant le coucher du soleil, et le second soir, après la tombée de la nuit. Si vous n’avez pas pu allumer avant le coucher du soleil le premier soir, vous pouvez allumer après, à condition d’utiliser une flamme préexistante.
Pour les horaires d’allumage dans votre région, voir Horaires d’allumage des bougies pour Chabbat et les fêtes.
Prières
Il y a de nombreuses prières supplémentaires à Roch Hachana, que vous trouverez dans votre ma’hzor. La ‘Amida (« la prière debout ») que l’on dit entre Roch Hachana et Yom Kippour comporte aussi quelques petits changements :
- À la fin de la troisième bénédiction, au lieu de conclure par les mots « ha-El hakadoch », « le D.ieu saint », on conclut par « haMélekh hakadoch », « le Roi saint ».30 Que se passe-t-il si vous oubliez et dites « ha-El hakadoch » comme d’habitude ? Si vous vous en rendez compte immédiatement, corrigez-vous et dites « hamélekh hakadoch ». Si vous avez déjà entamé la bénédiction suivante, vous devez recommencer la ‘Amida.
- Dans la première bénédiction, on ajoute « Zokhreinou Lé’haïm… » – « Souviens-Toi de nous pour la vie, Roi qui désire la vie ; et inscris-nous dans le livre de la vie, pour l’amour de Toi, D.ieu vivant. »
- Dans la deuxième, on ajoute « Mi kamokha… » – « Qui est comme Toi, Père miséricordieux, qui, dans Sa compassion, Se souvient de Ses créatures pour la vie ? »
- Dans l’avant-dernière bénédiction, on ajoute « Oukhetov Lé’haïm… » – « Et inscris tous les enfants de Ton alliance pour une bonne vie. »
- Dans la dernière bénédiction, on ajoute « Ouvessefer ‘Haïm… » – « Puissions-nous être rappelés et inscrits devant Toi dans le livre de la vie, de la bénédiction, de la paix et d’une bonne subsistance. »31
- Au lieu de dire « ossé chalom » à la fin de la ‘Amida et du Kaddich, on dit « ossé hachalom ».32
Si l’on a omis l’un des ajouts ci-dessus (à l’exception de hamélekh), on n’a pas à répéter la ‘Amida.
Durant le Kaddich, après le mot « lééla », beaucoup ont la coutume d’ajouter le mot « ou-lééla », se rapportant à D.ieu « au-dessus et au-delà des bénédictions, louanges, etc. » ;33 la coutume ‘Habad est de ne le faire que dans le Kaddich de Néïla à Yom Kippour.34
Après l’office du premier soir de Roch Hachana, il est traditionnel de saluer les hommes par « Lechana tova tikatev véte’hatem » (לשנה טובה תכתב ותחתם) et les femmes par « Lechanh tova tikatevi véti’hatemi » (לשנה טובה תכתבי ותחתמי), ce qui signifie : « Puisses-tu être inscrit(e) et scellé(e) pour une bonne année. »35
Après la première nuit, nous ne nous souhaitons plus cette bénédiction spécifique, car nous supposons que notre prochain a déjà été inscrit(e) pour une bonne année dès l’ouverture de la fête. À la place, on peut simplement souhaiter une bonne année, ou « Gmar ‘hatima tova » (גמר חתימה טובה) : « Un bon “sceau final”. »
Pour en savoir plus sur les salutations traditionnelles, voir « Chana tova » et autres souhaits de Roch Hachana et de Yom Kippour.
Kiddouch
Nous commençons le repas par le kiddouch de la fête sur le vin, suivi de la bénédiction de chéhé’héyanou (voir « Allumage des bougies » ci-dessus). Si la même personne allume les bougies et fait le kiddouch, elle ne répète pas la bénédiction de chéhé’héyanou pendant le kiddouch.
Repas
À de nombreuses reprises dans la Bible, lorsque D.ieu révèle une prophétie à quelqu’un, Il demande ensuite au prophète d’accomplir un signe matériel (par ex. Ézéchiel reçut l’ordre de réaliser une maquette du Temple futur), garantissant ainsi que la prophétie se concrétise non seulement dans les sphères spirituelles, mais aussi dans le monde physique. De même, le premier soir de Roch Hachana, nous mangeons plusieurs aliments qui symbolisent le type d’année que nous souhaitons avoir.36
Après le lavage des mains pour le pain et la bénédiction sur la ‘hallah, la coutume est de tremper la ‘hallah dans le miel au lieu du sel (certains le font en plus du sel).37 La coutume ‘Habad est de continuer à tremper la ‘hallah dans le miel à tous les repas de Chabbat et de fête jusqu’à Hoshana Rabba.38
Au début du repas, on trempe un morceau de pomme douce dans le miel.39 Avant de la manger, on récite la bénédiction ha’ets sur la pomme puis on ajoute :40
Yehi ratsone chete’hadèch alénou chana tova oumetouka.
« Puisse-t-Il être Ta volonté de renouveler pour nous une année bonne et douce. »
On sert une tête de bélier,41 de poisson ou d’un autre animal casher. Cela symbolise notre désir d’être « à la tête et non à la queue ».42
On mange aussi une grenade, symbolisant notre souhait d’avoir une année pleine de mitsvot et de bonnes actions, comme une grenade est remplie de graines savoureuses.43 (Bien que le « fruit nouveau » officiel de Roch Hachana soit mangé le second soir, si l’on n’a pas consommé de fruits symboliques, comme la grenade, durant toute la saison, on récitera la bénédiction de chéhé’héyanou sur ce fruit.44 )
En plus des aliments mentionnés, il est d’usage, tout au long du repas, de manger des aliments dont les noms dans la langue vernaculaire évoquent la bénédiction et la prospérité. Par exemple, beaucoup consomment un plat de carottes, car en yiddish le mot pour « carottes », « meren », signifie « multiplier ».
Aliments acides ou amers
Pendant tout Roch Hachana, beaucoup ont l’usage d’éviter les aliments acides, amers ou âpres. On met l’accent sur les mets doux, symbolisant notre désir d’une année douce, de bénédictions et d’abondance.45 Par conséquent, on évite de préparer des plats au goût vinaigré ou citronné.46
Les noix
Il est d’usage de ne pas manger de noix à Roch Hachana. Pourquoi ?
Une raison est que les noix ont tendance à augmenter la salivation, rendant la prière difficile.47 Une autre raison est que la valeur numérique du mot hébraïque pour « noix », « éguez », est dix-sept. Dix-sept est aussi la valeur numérique du mot hébraïque pour « faute », « ‘het »,48 et à Roch Hachana nous voulons rester très loin de tout ce qui rappelle la faute.49
Ne somnolez pas
Chaque instant de Roch Hachana est précieux, il faut donc les utiliser tous au mieux. Consacrez tout temps disponible à la prière – en particulier à la récitation des Psaumes. Ce moment est si spécial que nous essayons même de réduire notre sommeil et d’éviter les conversations et activités futiles.50
Deuxième soir de Roch Hachana
Comme il est interdit de se préparer le premier jour de Yom tov pour le second, toutes les préparations du deuxième jour, y compris l’allumage des bougies, doivent être faites après la tombée de la nuit.
Le fruit nouveau
Habituellement, lorsque la fête dure deux jours, nous récitons la bénédiction de chéhé’héyanou, remerciant D.ieu de nous avoir fait atteindre cette occasion particulière, au début de chacun des deux jours. Après tout, si la fête dure deux jours, c’est que, en raison de la façon dont les nouveaux mois étaient sanctifiés dans l’Antiquité, on n’était pas certain de quel jour était réellement le premier jour de la fête (pour plus de détails à ce sujet, voir « Pourquoi célèbre-t-on les fêtes un jour de plus en diaspora ? »).
Cependant, concernant les deux jours de Roch Hachana, même autrefois en Israël on observait la fête pendant deux jours. Aussi, le Talmud nous dit que l’ensemble de Roch Hachana est considéré comme une seule longue fête.51 Sur cette base, une opinion minoritaire soutient qu’on ne devrait pas réciter chéhé’héyanou le second soir.
Pour tenir compte de cette opinion, il est d’usage que, le second soir de Roch Hachana, un « fruit nouveau », c’est-à-dire un fruit de saison que l’on n’a pas encore goûté depuis le début de sa saison, soit présent sur la table lors de l’allumage des bougies et pendant le kiddouch. Pendant la bénédiction de chéhé’héyanou après l’allumage ou le kiddouch, ayez ce fruit à l’esprit.
Comme le chéhé’héyanou que nous venons de dire pendant le kiddouch vaut aussi pour ce fruit, on le mange juste après avoir goûté au vin du kiddouch, avant même de se laver les mains pour le pain.52
Même si l’on ne peut pas obtenir de fruit nouveau, on récite tout de même chéhé’héyanou, car la halakha suit l’opinion majoritaire selon laquelle chéhé’héyanou doit être récité aussi le second soir.53
Après avoir mangé le fruit nouveau, si l’on en a mangé la quantité d’un kezaït (un peu moins de 30 g), on récite la bénédiction finale, puis on se lave les mains et on mange la ‘hallah trempée dans le miel.
Beaucoup ont la coutume de manger également les aliments symboliques – comme la pomme trempée dans le miel et la grenade – le second soir. Bien que cela ne fasse pas partie de la coutume ‘Habad,54 il n’y a pas de raison de s’en abstenir si vous les appréciez.
Jour de Roch Hachana
Prières
Beaucoup ont la coutume de ne rien manger avant d’entendre le choffar. Si vous vous sentez faible ou craignez que la faim ne vous empêche de prier convenablement, vous pouvez manger ou boire, mais veillez à ne pas faire de repas55 (c’est-à-dire ne pas manger de pain et ne pas consommer plus de 60 g de mézonot56 ).
Jusqu’à la ‘Amida de Cha’harit, à quelques exceptions notables près, l’office du matin est le même qu’un Chabbat et un jour de fête ordinaires. Les exceptions :
- Avant Barekhou, au lieu de dire « Ô roi qui est assis sur un trône élevé et sublime », on dit « Le roi qui s’assied sur un trône élevé… », car c'est le jour où se renouvelle la royauté de D.ieu sur la création.
- Juste avant Barekhou, de Roch Hachana à Yom Kippour, la coutume est de réciter le Psaume 130.
- Après Barekhou, si Roch Hachana tombe un jour de semaine, on omet les lectures spéciales de Chabbat où nous exaltons la création du monde par D.ieu et Son repos le Chabbat, et l’on suit le texte ordinaire de semaine.
À partir de la ‘Amida, les prières de Roch Hachana diffèrent beaucoup de celles d’un Chabbat ou d’un jour de fête ordinaires : suivez attentivement votre ma’hzor.
Durant la répétition de la ‘Amida, l’Arche sainte est ouverte et refermée à divers moments. Bien qu’il n’y ait pas d’obligation de se lever, beaucoup se lèvent par respect pour la Torah, sauf en cas de fatigue, de faiblesse, ou si se tenir debout empêcherait de continuer à prier.57
Lecture de la Torah
Après l’ouverture de l’Arche sainte, mais avant de sortir les rouleaux, la congrégation récite trois fois les Treize Attributs divins de Miséricorde.
On sort deux rouleaux de la Torah. Le premier jour, on lit la naissance d’Isaac, et le second, la Akeida, la ligature d’Isaac. Dans le second rouleau, les deux jours, on lit les sacrifices offerts spécialement à Roch Hachana.
La Haftara du premier jour de Roch Hachana est tirée de I Samuel 1,1–2,10, et décrit la naissance du prophète Samuel à Elkana et son épouse ‘Hanna, longtemps restée stérile.
La Haftara du second jour de Roch Hachana est tirée de Jérémie 31,1–19, et parle de l’amour éternel de D.ieu pour Son peuple et du futur rassemblement des exilés.
choffar
Après la lecture de la Torah et de la Haftara, vient le temps de se préparer à la mitsva du jour : la sonnerie du choffar. On ne sonne pas du choffar Chabbat. Si le premier jour de Roch Hachana tombe Chabbat, on ne sonne que le second jour.
Avant de sonner du choffar à la synagogue, la coutume est de réciter sept fois le Psaume 47. Ensuite, on récite des versets sous forme d’acrostiche épelant les mots « kra Satan », « déchire [l’acte d’accusation du] Satan », le procureur céleste.
Toute la congrégation écoute ensuite pendant que le sonneur de choffar récite les bénédictions. En les écoutant, ayez l’intention qu’elles valent également pour les sonneries supplémentaires du choffar pendant la prière de moussaf. Afin de « rattacher » les bénédictions à la mitsva qui suit, abstenez-vous de parler jusqu’à la dernière sonnerie de choffar à la fin des prières de moussaf.
Vous devez entendre les sonneries du choffar, tout comme les personnes autour de vous : il est donc très important de rester silencieux et d’écouter attentivement les trente sonneries qui sont émises.
Après la sonnerie du choffar, les rouleaux de la Torah sont replacés dans l’Arche.
Moussaf
Le Talmud nous dit qu’à Roch Hachana, D.ieu nous demande : « Dites devant Moi [des versets dont les thèmes sont] la royauté, les souvenirs et le choffar. La royauté, pour que vous Me couronniez Roi sur vous ; les souvenirs, afin que Je Me souvienne de vous pour le bien ; et avec quoi ? Avec un choffar. »58
Ainsi, la ‘Amida de moussaf comporte trois bénédictions spéciales : l’une sur la royauté de D.ieu ; une autre sur la façon dont Il se souvient de Sa création ; et une troisième sur la puissance de l’appel du choffar. Chaque bénédiction contient des versets en accord avec son thème. Après chacune de ces trois bénédictions, on sonne dix fois du choffar.59
Dans de nombreuses synagogues, pendant la ‘Amida silencieuse, le ‘hazane frappe sur la bima pour indiquer qu’il est parvenu au terme d’une des bénédictions, et l’on sonne alors du choffar. Si vous prenez votre temps et n’en êtes pas encore à cet endroit, faites une pause, écoutez en silence les sonneries, puis reprenez votre prière.60
Si, pour quelque raison, vous priez sans minyane, ne sonnez pas du choffar après ces bénédictions.61
Ces trois bénédictions spéciales, avec les sonneries du choffar, sont répétées pendant la répétition de la ‘Amida par le ‘hazane. Après la répétition de la ‘Amida, il est d’usage de sonner encore dix fois, pour un total de cent sonneries. De plus, la coutume ‘Habad est de sonner encore trente fois après la fin des prières ; toutefois, ne vous inquiétez pas si vous manquez ces sonneries, car vous vous êtes déjà acquitté de la mitsva d’entendre le choffar.
Kiddouch et repas de fête
Après la conclusion des prières, nous rentrons chez nous et prenons un repas de fête, certains qu’il a été décrété que nous aurons une année douce.
Contrairement aux autres fêtes, pour le kiddouch du jour, on dit :
:תִּקְעוּ בַחֹדֶשׁ שׁוֹפָר בַּכֶּסֶה לְיוֹם חַגֵּנוּ: כִּי חֹק לְיִשְׂרָאֵל הוּא מִשְׁפָּט לֵאלֹהֵי יַעֲקֹב
« Sonnez du choffar à la néoménie, au jour fixé pour notre fête. Car c’est une loi pour Israël, un jugement pour le D.ieu de Jacob. »
Après le kiddouch, on se lave les mains et on dit hamotsi, et, comme mentionné plus haut, on trempe la ‘hallah dans le miel.
Tachlikh
Le premier jour de Roch Hachana, après la prière de l’après-midi, nous allons vers un lac, une rivière ou la mer – de préférence un point d’eau où il y a des poissons – et nous récitons les prières de Tachlikh, en allusion au verset « Il reviendra et aura compassion de nous ; Il cachera nos iniquités, et Tu jetteras au fond de la mer toutes leurs fautes. »62
Après les prières de Tachlikh, il est d’usage que les hommes secouent les coins de leurs tsitsit.63
Si vous n’avez pas le temps de dire Tachlikh après la prière de l’après-midi, vous pouvez le faire auparavant.64 De plus, si vous avez manqué l’occasion de dire Tachlikh pendant Roch Hachana, vous pouvez le faire jusqu’à Yom Kippour.65
On ne récite pas Tachlikh le Chabbat ; par conséquent, si le premier jour de Roch Hachana tombe Chabbat, on récite Tachlikh le second jour.66
Chabbat Chouva et Tsom Guedalia
Le Chabbat entre Roch Hachana et Yom Kippour est appelé Chabbat Chouva, « Chabbat du Retour », car sa Haftara commence par les mots « Chouva Israël », « Reviens, Israël », de la prophétie d’Osée. On l’appelle aussi Chabbat Techouva parce qu’il tombe pendant les Dix Jours de pénitence (techouva, en hébreu).
La prière de ce Chabbat est la même qu’un Chabbat ordinaire, à l’exception des ajouts à la ‘Amida des Dix Jours de pénitence.
Tsom Guedalia
Après que les Babyloniens eurent détruit le Saint Temple à Jérusalem et exilé de nombreux Juifs en 3338 (423 AEC), ils nommèrent Guedalia ben A’hikam gouverneur des Juifs restants en Terre sainte. Tragiquement, il fut assassiné à Roch Hachana. En mémoire de la mort de Guedalia et de ses conséquences désastreuses, nous jeûnons chaque année le 3 Tichri, le lendemain de Roch Hachana. Si le 3 Tichri tombe Chabbat, le jeûne est reporté au 4 Tichri. Comme les autres « petits » jeûnes, il commence à l’aube (‘alot hacha’har) et se termine à la nuit.
Pendant la prière du matin, on ajoute des Seli’hot, des prières de pénitence. À l’office du matin et à celui de l’après-midi, on sort la Torah et on lit le passage d’Exode 32,11–14 et 34,1–10 où D.ieu pardonne à Israël la faute du Veau d’or. À l’office de l’après-midi, on lit aussi une Haftara, tirée d’Isaïe 55,6–56,8.
Comme il est écrit en Zacharie 8,19, Tsom Guedalia est l’un des quatre jeûnes qui seront transformés en joie et en festin avec l’avènement de Machia’h. Puissions-nous le voir bientôt.
Pour en savoir plus, voir Le jeûne de Guedalia.

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