Qu’est-ce qu’une corne de Choffar ?

Un choffar est une trompe faite à partir de la corne d’un animal cachère dont la moelle a été retirée. La mitsva centrale de Roch Hachana (le Nouvel An juif) est d’entendre la sonnerie du choffar, dans l’idéal à la synagogue, au cours de l’office de prière. Cette année, 2019, nous sonnons le choffar le lundi 30 septembre et le mardi 1er octobre.

Quand sonner du Choffar

Dans la Torah, Roch Hachana est appelé « Le jour de la sonnerie du choffar ».1 Comme Roch Hachana dure deux jours, nous devons entendre le choffar pendant les heures de journée de ces deux jours, à moins que le premier jour tombe un Chabbat, auquel cas nous sonnons du choffar seulement le deuxième jour.

Bien que le choffar puisse être sonné jusqu’au coucher du soleil, la tradition est de sonner du choffar lors de l’office du matin, après la lecture de la Torah et avant la prière du Moussaf (prière supplémentaire récitée le Chabbat et les jours de Fêtes). Il est de coutume de sonner encore du choffar à plusieurs reprises au cours de l’office de Moussaf.

Ce que la sonnerie du Choffar signifie pour nous

Il est temps de nous extraire de notre torpeur spirituelle et de nous reconnecter à notre source

La Torah ne précise pas pourquoi nous devons sonner le choffar à Roch Hachana. Cependant, Rav Saadia Gaon a compilé une liste de 10 raisons de cette mitsva spéciale :

  1. À Roch Hachana, nous couronnons D.ieu comme Roi du monde. L’appel du choffar annonce cet événement passionnant.
  2. Son cri perçant sert à réveiller des âmes endormies tombées dans la complaisance.
  3. Il évoque les sons de choffar qui furent entendus lorsque D.ieu descendit sur le mont Sinaï et nous donna la Torah.
  4. Il fait écho aux appels des prophètes qui exhortèrent Israël à s’amender et à revenir à D.ieu et à Ses commandements.
  5. Il nous rappelle les cris de guerre de nos ennemis qui pénétrèrent dans le Temple de Jérusalem et le détruisirent.
  6. Constitué d’une corne de bélier, le chofar rappelle le quasi-sacrifice d’Isaac, sauvé lorsque D.ieu instruisit Abraham d’offrir un bélier à sa place.
  7. Le son puissant et perçant du choffar nous rend humbles et suscite notre crainte devant la grandeur de D.ieu.
  8. Il préfigure le jour du jugement à la fin des jours, que le prophète décrit comme « un jour de choffar et d’alarme contre les villes fortifiées et les hautes tours ».2
  9. Il nous donne de l’espoir, évoquant le « grand choffar » qui rassemblera le peuple juif dispersé aux quatre coins de la terre au moment de la venue de Machia'h.
  10. Il nous rappelle la Résurrection des Morts, à propos de laquelle nous lisons : « Habitants de la terre [...] quand le choffar retentira, vous l’entendrez. »3

Procédure de la sonnerie du Choffar

Photo: Chaya Mishulovin, Lubavitch Chabad of Skokie
Photo: Chaya Mishulovin, Lubavitch Chabad of Skokie

Le sonneur de choffar se tient à la bimah (plate-forme à l’avant de la synagogue) et commence par réciter une série de versets des Psaumes suivis de deux bénédictions : la première bénit D.ieu « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a commandé d’écouter le son du choffar. » La seconde est la bénédiction de Chéhé’héyanou, remerciant D.ieu de nous avoir accordé une autre année de vie, nous permettant ainsi de sonner le choffar une fois de plus.

La sonnerie du choffar contient une série de trois types de coups : la tekiah, un long son ressemblant à un long sanglot ; les chevarim, une série de trois courts gémissements ; et la terouah, au moins neuf coups saccadés.

La première sonnerie du choffar est composée de ces 30 coups :

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah
 

Tekiah-chevarim-tekiah

Tekiah-chevarim-tekiah

Tekiah-chevarim- tekiah
 

Tekiah-Terouah-Tekiah

Tekiah-Terouah-Tekiah

Tekiah-terouah-tekiah guédola (très longue sonnerie)

Pendant la prière de Moussaf, nous avons 7 autres occasions de sonner le choffar, produisant à chaque fois les 10 coups suivants :

Tekiah-chevarim-terouah-tekiah

Tekiah-chevarim-tekiah

Tekiah-Terouah-Tekiah

Ajoutez tout cela et vous arriverez à exactement 100 coups. La coutume de ‘Habad est de sonner une séquence supplémentaire de 30 coups après la fin de Moussaf.

Qui doit entendre le Choffar ?

The "Small Synagogue" of St. Petersburg's gold-covered bimah, uniquely patterned ceiling and wooden floors exemplify the architectural glory of the synagogue.
The "Small Synagogue" of St. Petersburg's gold-covered bimah, uniquely patterned ceiling and wooden floors exemplify the architectural glory of the synagogue.

Techniquement, seuls les hommes adultes ont l’obligation d’entendre le choffar. Cependant, il convient certainement que les femmes fassent l’effort d’accomplir cette mitsva (de fait, certaines autorités rabbiniques sont d’avis que dans la mesure où les femmes juives ont depuis longtemps accepté cette mitsva, celle-ci est devenue obligatoire pour elle aussi, et elles aussi font la bénédiction avant d’entendre le choffar), et même petit les enfants devraient être amenés à la synagogue pour l’entendre. Après tout, le choffar parle à l’âme de chaque Juif. Vous ne pouvez pas vous rendre à la synagogue ? Contactez votre rabbin ‘Habad local. Il fera de son mieux pour qu’un sonneur de choffar vous rende visite personnellement.

Du fait que les lois concernant la sonnerie du choffar sont assez complexes, seul celui qui les maîtrise bien doit sonner le choffar.

Qu’est-ce qui constitue un Choffar casher ?

Le Talmud nous dit que les cornes de tous les animaux cashers sont casher pour les choffars, à l’exception de la corne de bœuf, qui n’est techniquement pas appelée « choffar », mais « kerèn », et des bois des cervidés, qui ne sont pas considérés comme des choffars (choffar signifie « creux » et les bois sont solides).

Pourtant, de toutes les possibilités, la source privilégiée pour le chofar est la corne du bélier, pour les deux raisons suivantes : 1. Il évoque le bélier offert à la place d’Isaac, mettant en lumière le mérite d’Abraham qui était prêt à sacrifier son unique fils pour D.ieu. 2. Sa forme courbée symbolise l’humilité que nous ressentons lorsque nous nous tenons devant D.ieu.

Une fois retirés de l’animal, les cornes sont creusées en en retirant le contenu. Un trou est ensuite produit sur le petit bout par sciage ou perçage, ou une combinaison des deux.

Il est courant de polir et même de remodeler les choffars par application d’une forte chaleur.

La sonnerie du choffar doit provenir de la pression de la respiration humaine sur la corne. Les revêtements ou les ornements peuvent l’invalider, de même que les fissures et les trous (même s’ils ont été recouverts).

Chaque chofar est différent, et la taille, la forme et d’autres facteurs contribuent au son qu’il produit, alors prenez le temps de choisir le chofar qui vous convient le mieux.

Autres occasions

Shofar blowing during the month of Elul (Zalman Kleinman)
Shofar blowing during the month of Elul (Zalman Kleinman)

Dans les temps anciens, le choffar était sonné dans le cadre de l’office du Temple et à la guerre. Aujourd’hui, à part Roch Hachana, le son du choffar est généralement sonné à deux reprises :

1. Pendant le mois d’Eloul, pour nous mettre dans l’ambiance de Roch Hachana.

2. À l’issue du jeûne de Yom Kippour.

Une dernière pensée

Les maîtres ‘hassidiques nous apprennent que l’appel du choffar s’apparente à la plainte d’un enfant qui aspire à être réuni avec son père bien-aimé. Il n’y a pas de mots pour exprimer un désir si profond, si primordial et si authentique. Assurez-vous donc d’assister à la sonnerie du choffar à Roch Hachana et donnez une expression au cri de votre âme.