De l’étroitesse j’appelle D.ieu ; Il me répond dans la largesse du divin.

Psaumes 118, 51

« Entre les constrictions »,2 c’est ainsi que le prophète Jérémie décrit la période entre le 17 Tamouz, le jour où la muraille de Jérusalem fut percée, et le 9 Av, le jour où le Saint Temple fut détruit et où débuta l’exil d’Israël. Jusqu’à aujourd’hui, ces deux jours sont observés comme des jours de deuil, et le « goulet » de trois semaines qui les sépare comme une période de deuil et de repentir.

Le rétrécissement, toutefois, n’est pas un barrage. Au contraire, c’est un mécanisme permettant d’accroître la productivité. Les centrales hydroélectriques, les fusées et les tuyaux d’arrosage accroissent ainsi la puissance et la vitesse des éléments qu’ils compressent. Le Chofar, sonné pour éveiller l’homme au repentir, est aussi basé sur ce principe : son étroite embouchure pince l’air exprimé des poumons du souffleur, rendant le son perçant qui émane de sa large ouverture, tournée vers le haut.

Il en est de même des constrictions du 17 Tamouz et du 9 Av et des deux mille ans d’exil physique et d’obscurité spirituelle qu’ils évoquent. Vingt siècles d’oppression à travers l’entonnoir de l’exil ont distillé l’âme juive, révélant ses convictions profondes et ses plus hauts potentiels. Dans cette terrible constriction, nous n’avons jamais cessé de rechercher D.ieu, et c’est cette recherche qui produira la « largesse divine » de la Délivrance ultime et l’ère de perfection des temps messianiques.

« Ce jour-là, annonce le prophète, le grand Chofar sera sonné. Et ils viendront, ceux qui étaient perdus en terre d’Assyrie et les reclus en terre d’Égypte.3