Comment se détermine le droit juif

La Halakha (orthographiée aussi hala’ha) désigne le droit juif. Selon son sens littéral, « la voie », elle guide la vie quotidienne du Juif.

Le Talmud consigne de nombreux débats entre les Sages. En définitive, la Halakha est arrêtée en faveur d’une tradition particulière. Comment ce choix est-il opéré ? Le plus souvent, la halakha suit l’avis de la majorité, mais, dans le même temps, certains Sages sont considérés comme faisant davantage autorité dans des domaines précis du droit.

À l’issue de l’époque talmudique, de grands rabbins, au premier rang desquels Maïmonide, ont composé des ouvrages qui extraient et systématisent les décisions halakhiques issues du Talmud.

Ces décisions halakhiques ont ensuite été progressivement affinées et consolidées dans le Choul’hane Aroukh, le Code du droit juif. L’étude de cet ouvrage et de ses commentaires est appelée « étude de la halakha », par opposition à l’étude du Talmud et d’autres commentaires plus théoriques.

Une autre source importante de décisions halakhiques réside dans les techouvot, des responsa rédigées par de grands érudits de la Torah en réponse aux questions posées par des individus ou des communautés de leur époque.

À mesure que les circonstances continuent d’évoluer, il revient aux érudits de la halakha de déterminer comment la halakha s’applique à de nouvelles questions et à des situations inédites.

On appelle psak halakha une décision halakhique faisant autorité. Le rabbin hautement estimé et érudit à qui l’on fait confiance pour rendre ce type de décisions est appelé un possek (au pluriel : poskim).

Il importe de souligner que les poskim ne créent pas la halakha et ne sont pas autorisés à la modifier à leur guise. Ils sont plutôt les gardiens d’un ensemble de traditions sacrées, qu’ils transmettent avec humilité et prudence. Dans le même temps, il ne fait aucun doute qu’une part de perspective subjective, et même de créativité, intervient dans la détermination de la halakha.

Un Choul’hane Aroukh imprimé à Venise, en Italie, vers 1565. (Photo: Wikimedia)
Un Choul’hane Aroukh imprimé à Venise, en Italie, vers 1565. (Photo: Wikimedia)

Quelques grands compendiums halakhiques

Cette liste est loin d’être exhaustive. Elle présente seulement quelques jalons majeurs du long parcours de la halakha, depuis l’achèvement du Talmud de Babylone (VIᵉ siècle) jusqu’à nos jours.

Michné Torah : Vaste répertoire encyclopédique du droit juif en quatorze volumes, codifié par Rabbi Moïse Maïmonide, dit le « Rambam » (XIIIᵉ siècle).

Tour : Ouvrage divisant les halakhot pratiques en quatre grandes sections, rédigé par Rabbi Jacob ben Asher (XIVᵉ siècle).

Choul’hane Aroukh : Le Code du droit juif. Il rassemble des décisions concises en suivant la structure du Tour ; il a été rédigé par Rabbi Joseph Karo (XVIᵉ siècle).

Mapa : Gloses de Rabbi Moché Isserlès intégrées au texte du Choul’hane Aroukh, présentant les traditions et décisions halakhiques du judaïsme ashkénaze (XVIᵉ siècle).

Nossei Kélim : Terme signifiant « porteurs d’armes », désignant l’ensemble des commentaires apparus autour du Code du droit juif dans les décennies et les siècles suivant sa publication.

Choul’hane Aroukh Harav : Considéré dans les milieux ‘hassidiques comme l’arbitre ultime de la halakha, cet élargissement du Choul’hane Aroukh a été rédigé par Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, fondateur du mouvement ‘Habad (XVIIIᵉ siècle).

Kitsour Choul’hane Aroukh : Réputé pour sa concision et sa langue claire, cet abrégé du Code du droit juif, dû à Rav Shlomo Ganzfried, est devenu un ouvrage de référence dans les salles de classe et les foyers du monde entier (XIXᵉ siècle).

Ben Ich ‘Haï : Rédigé par Rabbi Yossef ‘Haïm de Bagdad pour être étudié parallèlement à la paracha hebdomadaire sur deux ans, cet ouvrage intègre mystique, homilétique et décisions halakhiques (XIXᵉ siècle).

Michna Beroura : Commentaire de référence du Choul’hane Aroukh, rédigé par le ‘Hafets ‘Haïm, Rav Israël Méir Kagan de Radine (XXᵉ siècle).