Connus pour être le peuple du livre, les Juifs sont inextricablement liés aux textes sacrés du judaïsme, depuis le canon biblique qui remonte à l’aube de notre peuple jusqu’aux enseignements des érudits contemporains.

Dans le judaïsme, l’étude de ces textes (désignés collectivement sous le nom de « Torah » qui signifie « enseignement ») est un acte sacré par lequel on se connecte à D.ieu au niveau le plus profond. Bien qu’il existe des milliers de textes de ce type, nous en avons sélectionné 10 que l’on peut s’attendre à trouver dans une bibliothèque juive de base.

1. Les Cinq Livres de Moïse (Torah)

(Photo: Beis Yisroel Torah Gemach)
(Photo: Beis Yisroel Torah Gemach)

Souvent appelés simplement « la Torah », surtout lorsqu’ils sont sous forme de rouleau de parchemin, les Cinq Livres de Moïse sont le fondement du judaïsme. Jusqu’à ce jour, le texte, écrit en hébreu il y a plus de 3000 ans, a été soigneusement préservé par le peuple juif. Il est également connu sous le nom de ‘Houmach ou Pentateuque (en référence aux mots hébreu et grec signifiant « cinq »).

Comme leur nom l’indique, ces livres furent écrits par Moïse, tels que dictés par D.ieu lui-même. Le peuple juif en considère chaque lettre et chaque nuance comme une communication sacrée de D.ieu, chargée de sens et d’importance. Ils contiennent 613 mitsvas – des commandements divins qui façonnent la vie du peuple juif partout dans le monde.

Divisés en 53 parachas ou « portions », la lecture publique en est faite chaque lundi, jeudi et Chabbat à la synagogue, ainsi que les jours de fête et de Roch ‘Hodech.

Voir : Archives d’enseignements sur la paracha hebdomadaire

2. Les Psaumes (Tehilim)

Les Cinq Livres de Moïse sont suivis de 19 autres livres qui constituent les Prophètes (Neviim) et les Écrits (Ketouvim). L’ensemble est désigné par l’acronyme « Tanakh ». Chacun de ces livres est une révélation précieuse de la Sagesse Divine, mais un livre en particulier a trouvé une place spéciale dans le cœur des Juifs : le Livre des Psaumes (Tehilim). Ses 150 chapitres, compilés par le roi David, expriment la foi profonde, le désir et la joie qui font partie intégrante de l’identité juive. Rabbi Mena’hem Mendel de Loubavitch (1789-1866) dit un jour que si nous connaissions la puissance des Psaumes, la façon dont leurs mots franchissent toutes les barrières et montent sans entrave jusqu’au Trône céleste, nous les réciterions certainement toute la journée !

3. La Méguila (le Livre d’Esther)

L’un des derniers livres ajoutés au canon biblique est le Livre d’Esther, également connu sous le nom de Méguila (« rouleau »). L’une des cinq méguilas incluses dans le canon, Esther est la seule qui soit couramment lue à partir d’un rouleau de parchemin manuscrit. Elle raconte l’histoire dramatique de Pourim, dans laquelle la reine Esther est l’héroïne placée par D.ieu par laquelle le peuple juif vivant dans l’immense Empire perse est sauvé du plan diabolique d’Haman visant à l’anéantir.

La Méguila est lue deux fois chaque Pourim, une fois le soir et une fois le matin.

Lire : Traduction commentée du Livre d’Esther

4. La Michna

(Photo: Wikimedia)
(Photo: Wikimedia)

Moïse a reçu la Torah ainsi que la Torah Orale – qui élucide le langage quelque peu laconique de l’Écriture ainsi qu’un ensemble de règles permettant de l’analyser et de l’expliquer.

Au fil des ans, les sages ont développé un ensemble de traditions orales pour accompagner les lois de la Torah. Au cours des années tumultueuses qui suivirent la destruction du Second Temple de Jérusalem, Rabbi Juda le Prince compila un grand nombre de ces traditions rabbiniques dans un texte de grande envergure, connu sous le nom de Michna (« répétition » ou « étude »). Divisée en six « ordres » (thèmes), la Michna est le texte fondateur de la loi rabbinique.

5. Le Talmud

Un set complet du Talmud de Babylone. (Photo: Wikimedia)
Un set complet du Talmud de Babylone. (Photo: Wikimedia)

Pendant plusieurs centaines d’années, les sages (principalement en Terre Sainte et à Babylone) ont étudié et analysé la Michna ainsi que d’autres textes rabbiniques (beraïtoth) qui n’étaient pas inclus dans le recueil.

Avec le temps, ces textes se sont cristallisés en deux corps de tradition distincts : le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone. Réparti sur de nombreux volumes, le Talmud de Babylone est le texte juif le plus étudié – une passion qui peut prendre toute une vie.

Le texte traditionnel du Talmud en araméen est imprimé aux côtés des commentaires serrés de Rachi, des Tossafot et d’autres, qui apportent chacun une perspective cruciale.

Lire : 38 dictons populaires du Talmud

6. Zohar

Une page des notes de Rabbi Levi Its’hak sur le Zohar, écrites en exil avec 
de l’encre préparée par la Rabbanit ‘Hanna. Remarquez les différentes couleurs 
de cette encre improvisée (Bibliothèque de Agudas Chassidei Chabad).
Une page des notes de Rabbi Levi Its’hak sur le Zohar, écrites en exil avec de l’encre préparée par la Rabbanit ‘Hanna. Remarquez les différentes couleurs de cette encre improvisée (Bibliothèque de Agudas Chassidei Chabad).

L’un des grands sages de la Michna fut Rabbi Chimone bar Yo’haï, qui vécut en Israël à l’époque de l’oppression romaine. Il était également un maître de la Kabbale, la partie « cachée » de la tradition juive.

Nombre de ses enseignements, en particulier ceux qui ont été dispensés juste avant sa mort, furent rassemblés dans le Zohar, un texte en araméen qui remplit généralement trois volumes et qui a été arrangé pour correspondre aux portions hebdomadaires de la Torah.

7. Le Michné Torah

L’ouverture du « Michné Torah » de Maïmonide, copié et enluminé dans le nord-ouest de la France. MS Kaufmann 77A, Bibliothèque de l’Académie hongroise des sciences, Budapest. (Photo: Wikimedia)
L’ouverture du « Michné Torah » de Maïmonide, copié et enluminé dans le nord-ouest de la France. MS Kaufmann 77A, Bibliothèque de l’Académie hongroise des sciences, Budapest. (Photo: Wikimedia)

Au fur et à mesure que les rabbins et les Juifs érudits continuaient à affiner et à réviser les décisions du Talmud, les discussions devinrent si vastes et complexes que l’homme du commun n’avait pas accès à des directives pratiques pour la vie quotidienne (halakha).

Pour remédier à cela, Rabbi Moïse Maïmonide (connu sous l’acronyme « Rambam ») compila ce qu’il appela le Michné Torah (« Revue de la Torah »), une encyclopédie clairement organisée des décisions halakhiques tirées de toute la littérature rabbinique. Ce livre a servi de référence et de base pour de nombreux ouvrages rabbiniques importants.

Dans le cadre d’un effort unifié pour maîtriser l’ensemble de la Torah, beaucoup étudient le Michné Torah (ou son compagnon, le Sefer Hamitsvot) selon un cycle annuel ou tri-annuel.

Lire : L’étude quotidienne du Michné Torah

8. Le Choul’hane Aroukh (le Code de Loi juive)

La première page du Choul’hane Aroukh, imprimé à Venise du vivant de l’auteur.
La première page du Choul’hane Aroukh, imprimé à Venise du vivant de l’auteur.

Connu en hébreu sous le nom de Choul’hane Aroukh (« La Table Dressée »), le Code de Loi juive donne des directives quotidiennes extraites du code de Maïmonide et d’autres commentaires. Il fut rédigé par Rabbi Yossef Caro (1488-1575), un sage séfarade qui vivait dans la ville sainte de Safed, dans le nord d’Israël. Peu après sa publication, Rabbi Moché Isserlès, un rabbin ashkénaze de Cracovie en Pologne ajouta des gloses dans lesquelles il note chaque fois que la tradition ashkénaze diffère des décisions de Rabbi Yossef Caro.

Le texte unifié fut accepté par tous les segments du monde juif ; son nom même est devenu synonyme de loi juive. Lorsque l’on souhaite décrire un Juif dont chaque geste est en accord avec la halakha, on peut l’appeler « un Juif du Choul’hane Aroukh ».

9. Le Sidour (le livre de prières)

Les prières juives furent composées par les Anshei Knesset Haguedola, « les Hommes de la Grande Assemblée », un groupe de 120 prophètes et sages constituant l’autorité religieuse suprême au début de l’ère du Second Temple. En plus de la Amida (la « Prière Silencieuse ») et d’autres compositions, les prières juives comprennent des sections de l’Écriture, notamment le Chéma et une sélection de Psaumes.

Depuis l’époque de Rav Saadya Gaon (882-942), les prières juives sont consignées dans le Sidour (livre de prières). Il existe des milliers de Sidourim sur le marché, reflétant les différentes traditions des diverses communautés juives ainsi que divers styles de traduction et de mise en page.

Le Siddour ‘Habad (Noussa’h Ari) fut compilé par le premier Rabbi de ‘Habad, Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, sur la base des enseignements du Arizal, le plus important des kabbalistes de la Renaissance.

De nos jours, le Sidour est un élément de base du foyer juif et le compagnon indispensable du juif pratiquant.

10. Le Tanya

Texte principal de l’approche de la vie du ‘hassidisme ‘Habad, le Tanya fournit une carte routière de l’âme et des conseils inestimables pour maintenir la joie, l’inspiration et la cohérence à travers les défis de la vie. Rédigé par Rabbi Chnéour Zalman de Lyadi, il est étudié quotidiennement par les ‘hassidim ‘Habad.

Lire : Introduction au Tanya