Qu’est-ce qu’un yahrtzeit/une hazkara ?

La date dans le calendrier hébraïque du jour où une âme a quitté notre monde est appelée yahrtzeit (« temps de l’année » en yiddish) dans les communautés ashkénazes, et hazkara (« évocation » en hébreu) dans les communautés séfarades.1

À chaque yahrtzeit, l’âme s’élève à des niveaux spirituels supérieurs. Nous accompagnons l’âme dans son cheminement par la prière, l’étude, la pratique de mitsvot et la récitation du Kaddich à la mémoire du défunt. Comme tous les jours juifs, cette observance commence à la tombée de la nuit et se poursuit jusqu’à la tombée de la nuit du lendemain.

Nous examinerons à présent les coutumes particulières entourant cette journée, en reconnaissant la riche diversité de pratiques au sein de nos communautés.

Que fait-on le Chabbat précédant le yahrtzeit ?

Il est d’usage que les fils soient appelés à monter à la Torah le Chabbat précédant le yahrtzeit,2 de préférence en tant que maftir.3

Beaucoup organisent ou financent un kiddouch après l’office (ou un Mélavé Malka après Chabbat4), apportant un bienfait spirituel au défunt.5

Lorsque le yahrtzeit tombe un Chabbat, la montée à la Torah et le kiddouch sont observés le jour même du yahrtzeit, et non le Chabbat précédent.6 (Certains ont l’usage de monter à la Torah à la fois le Chabbat précédent et le Chabbat du yahrtzeit lui-même,7 bien que cela ne soit pas l’usage ‘Habad.8)

Dans de nombreuses communautés séfarades, on a coutume de commencer à réciter le Kaddich dès le vendredi soir précédant le yahrtzeit, puis de continuer chaque jour jusqu’au yahrtzeit inclus.9

Certains s’efforcent d’officier lors du Moussaf ou de l’ensemble des offices le Chabbat et/ou le samedi soir précédant le yahrtzeit.10 (Ce n’est pas l’usage ‘Habad.11)

Comment commémore-t-on un yahrtzeit ?

Allumage d’une bougie : La veille du yahrtzeit, il est d’usage d’allumer une bougie qui brûlera jusqu’à la tombée de la nuit du lendemain.12 L’usage est de ne pas éteindre la bougie, même si elle brûle plus longtemps que le yahrtzeit.13 Lorsque l’endeuillé dirige14 les prières, l’usage ‘Habad est d’allumer cinq bougies près du amoud (pupitre de l’officiant), en l’honneur de l’âme du défunt.15

Kaddich et direction des offices : On récite le Kaddich à la synagogue à tous les offices du jour du yahrtzeit. Un fils qui observe le yahrtzeit de ses parents doit, si possible, s’efforcer de diriger les offices pour toutes les prières.16

Ajout de mitsvot : Si le Kaddich revêt une grande importance, l’investissement dans l’étude de la Torah et l’acceptation de mitsvot supplémentaires à la mémoire du défunt sont encore plus bénéfiques pour l’élévation de son âme.17

Don de charité : Il est d’usage de donner de la tsédaka au mérite du défunt. (Si le yahrtzeit tombe un Chabbat, on le fait le vendredi.)18

Être appelé à la Torah : Si le yahrtzeit tombe un jour de lecture de la Torah, les hommes doivent s’efforcer d’obtenir une alyah, puis de réciter le demi-Kaddich après la lecture de la Torah.19

Prière de commémoration : Beaucoup font réciter la prière Kel Malé Ra’hamim en mémoire du défunt.20 Elle est dite lors de la lecture de la Torah le jour du yahrtzeit ou le Chabbat (à Cha’harit ou Min’ha) précédant le yahrtzeit.21 (Ce n’est pas l’usage ‘Habad.22)

Offrir des rafraîchissements : Après la prière de Cha’harit, beaucoup ont l’usage d’offrir une collation et des boissons aux fidèles, car les bénédictions et les le’haïm bénéficient à l’âme du défunt.23 De plus, nombreux sont ceux qui organisent un farbrenguen ‘hassidique en l’honneur du défunt.24

Étude des Michnayot : Durant le yahrtzeit, il est d’usage d’étudier des chapitres de Michna, en particulier ceux qui commencent par les lettres du prénom hébraïque du défunt.25

Siyoum : Certains s’efforcent d’organiser un siyoum, célébrant l’achèvement d’un traité du Talmud ou d’un autre ouvrage juif majeur.26

Visite au cimetière : Beaucoup tiennent à se rendre sur la tombe du défunt. Lorsque cela n’est pas possible, certains visitent les tombes d’autres personnes, en particulier de justes, car toutes les âmes sont fondamentalement liées.27

Lors de la visite au cimetière, beaucoup récitent le psaume 91, et certains ajoutent les psaumes 33, 16, 17, 72, 104 et 130. Certains récitent également des versets du psaume 119 correspondant aux lettres du prénom hébraïque du défunt, ainsi que celles du mot נְשָׁמָה, nechama (âme).28 S’il y a un minyane29, on peut également réciter le Kaddich des endeuillés.30

Doit-on jeûner un jour de yahrtzeit ?

Bien qu’il ait existé jadis un usage de jeûner le jour d’un yahrtzeit,31 il est aujourd’hui rarement observé, et ‘Habad n’adhère pas à cette pratique.32

Ceux qui jeûnent ne le font pas si le yahrtzeit tombe un Chabbat ou un jour où le ta’hanoun n’est pas récité.33

Si l’on jeûne, on ajoute le paragraphe « Aneinou » dans la Amida (dans la bénédiction de Chéma Kolénou).

Le yahrtzeit est-il un jour de deuil ?

Le yahrtzeit est un jour de réflexion, mais il ne constitue pas en soi un jour de deuil.34

La seule exception est que certains choisissent de s’abstenir de participer à un mariage (sauf s’il s’agit d’un très proche parent) la veille du yahrtzeit d’un parent. Ils y participeront toutefois dès la nuit suivant le yahrtzeit, ainsi qu’aux autres réjouissances ayant lieu le jour du yahrtzeit, telles qu’une brit mila ou un pidyone habène.35

On observe que le premier yahrtzeit correspond généralement au dernier jour des douze mois de deuil suivant le décès d’un parent, et que les restrictions du deuil sont encore en vigueur.36 Cela ne s’applique pas dans une année juive embolismique, où les douze mois de deuil s’achèvent un mois avant le premier yahrtzeit.

Comment calcule-t-on la date du yahrtzeit ?

Un yahrtzeit est fixé à la date anniversaire hébraïque du décès, qui commence à la tombée de la nuit. Si le calcul est généralement simple, certaines situations peuvent prêter à confusion. L’usage ‘Habad est présenté ici, mais d’autres communautés peuvent avoir des traditions différentes ; consultez votre rabbin.

Et si l’enterrement a été retardé ?

Certains ont l’usage que, si l’enterrement a eu lieu deux jours ou plus après le décès, le premier yahrtzeit soit observé à la date de l’enterrement, les années suivantes suivant la date du décès. Toutefois, l’usage le plus répandu (ainsi que l’usage ‘Habad37) est de commémorer le yahrtzeit selon la date du décès, indépendamment de la date de l’enterrement, même la première année.38

Et si le décès est survenu au crépuscule ?

Comme indiqué, les jours juifs commencent à la tombée de la nuit. Toutefois, l’intervalle entre le coucher du soleil et la nuit complète (« crépuscule ») est considéré comme une zone intermédiaire. Si le décès a eu lieu à ce moment-là, certains commémorent le jour suivant comme yahrtzeit, tout en récitant le Kaddich également le premier jour.39 Dans un tel cas, consultez un rabbin.

Et si je ne connais pas la date du décès ?

Si la date du décès est inconnue (comme ce fut souvent le cas pour les victimes de la Shoah), consultez un rabbin afin qu’il vous aide à déterminer une date appropriée pour commémorer le yahrtzeit. Si vous connaissez la date civile, vous pouvez utiliser notre outil de calcul du yahrtzeit.

Et si le décès a eu lieu en Adar lors d’une année simple et que l’année en cours est embolismique ?

L’usage le plus courant est de commémorer le yahrtzeit en Adar I. Le Kaddich est récité à la même date en Adar II, mais les autres usages du yahrtzeit ne sont pas observés.40

Et si le décès a eu lieu en Adar lors d’une année embolismique ?

Lors d’une année simple, on observe le yahrtzeit en Adar (unique). Lorsqu’il y a deux Adars, on observe le yahrtzeit dans le mois exact du décès.41

Et si le décès a eu lieu le 30 Adar I lors d’une année embolismique ?

Un adar ordinaire ne compte que 29 jours ; aucune date ne correspond donc au 30 Adar I. Dans ce cas, le yahrtzeit sera observé, les années simples, le 30 Chevat.42

Et si la date n’existe pas ?

Les mois juifs de ‘Hechvane et de Kislev peuvent compter 29 ou 30 jours selon l’année. Ainsi, si le décès a eu lieu le 30 de l’un de ces mois, la date du yahrtzeit peut ne pas exister certaines années.

Dans ce cas, beaucoup retiennent la date du premier anniversaire pour fixer le yahrtzeit. Par exemple, s’il n’y avait pas de 30 ‘Hechvane la première année suivant le décès, le yahrtzeit est observé le 29, et cet usage se poursuit les années suivantes sans 30 ‘Hechvane. En revanche, si la première année comportait un 30 ‘Hechvane, alors les années sans 30 ‘Hechvane, le yahrtzeit est observé le 1er Kislev. La même règle s’applique au 30 Kislev.

Bien que la majorité,43 y compris ‘Habad,44 suivent cet usage, certains ont l’usage d’observer le yahrtzeit les deux jours les années où le 30 du mois n’existe pas.45

Vous hésitez ? Notre outil de calcul du yahrtzeit peut vous aider.

Addenda : Quand est le dernier jour de récitation du Kaddich ?

Le Kaddich pour un parent est récité pendant onze mois moins un jour, soit, en règle générale, un mois et un jour avant le yahrtzeit.

Lorsque la date du décès n’est pas celle de l’enterrement, les usages diffèrent. Certains comptent les onze mois à partir du jour de l’enterrement,46 tandis que d’autres, dont ‘Habad,47 comptent à partir du jour du décès.48

Certaines communautés séfarades récitent le Kaddich jusqu’à la dernière semaine des douze mois suivant le décès.49

Puissions-nous bientôt mériter le jour où nous serons réunis à nouveau avec nos êtres chers, avec la venue du Machia’h et la résurrection des morts !