Le terme « Juif » dérive du nom du quatrième fils de Jacob, Judah – Yéhoudah en hébreu – et peut avoir à l’origine uniquement désigné les descendants de Judah, qui constituaient l’une des douze tribus d’Israël. Sur son lit de mort, Jacob assigna à Judah le rôle de chef et de roi ; prophétie qui s’accomplit en 869 avant l’ère commune lorsque l’ensemble des douze tribus se soumit au règne du roi David de la tribu de Judah.
Après la mort du fils de David, le roi Salomon, un conflit scinda les douze tribus d’Israël en deux royaumes : le « Royaume de Judah » au sud, qui comprenait les tribus de Judah et de Benjamin (ainsi que des Lévites et des prêtres) et qui avait pour centre la capitale Jérusalem et le Saint Temple ; et le « Royaume d’Israël » au nord, qui comprenait les dix autres tribus.
Au 5ème siècle avant l’ère commune, le Royaume d’Israël fut conquis par le roi assyrien Sennachérib et les dix tribus furent exilées et perdues. Les seuls Israélites restants furent les habitants du Royaume de Judah, et le terme « Yéhoudi » ou « Juif » vint à désigner tous les Israélites, indépendamment de leur ascendance tribale.
Le sens profond
Il y a toutefois un sens plus profond au nom de « Juif ». La première personne à être appelé un Juif (Yéhoudi) dans les Écritures fut Mordékhaï (Mardochée), le héros de Pourim.
« Il y avait un homme, un Yéhoudi, à Chouchane la capitale, dont le nom était Mordékhaï ... un Yémini » (Esther 2, 5).
Le Talmud (traité Méguilah 12b) s’interroge sur ce verset : « Il est appelé Yéhoudi, laissant entendre qu’il descend de Judah, puis il est appelé Yémini, signifiant qu’il est de la tribu de Benjamin ! » À quoi Rabbi Yo’hanane répond : « Il était bien de la tribu de Benjamin. Mais il fut quand même appelé Yéhoudi car il rejetait l’idolâtrie, et quiconque rejette l’idolâtrie est appelé un Yéhoudi. »
Les commentateurs expliquent que le nom Yéhoudah est de la même racine que le mot hébraïque hodaah, qui signifie reconnaissance ou soumission. Une personne qui reconnaît l’existence de D.ieu et se soumet à Son autorité – au point d’être prête à sacrifier sa vie pour la sanctification de Son nom – est appelée un Yéhoudi.
C’est pourquoi Abraham est souvent désigné comme ayant été « le premier Juif ». Il fut en effet la première personne à utiliser son pouvoir cognitif pour découvrir et reconnaître le D.ieu unique, rejeter les pratiques idolâtres de ses ancêtres et de ses contemporains. Il répandit activement la vérité divine et fut prêt à donner sa vie pour cela. De ce fait, Abraham personnifia la « Judaïté » de nombreux siècles avant que ce terme n’entre dans le vocabulaire courant.

J'ai lu avec attention l'article cependant plusieurs questions me taraudent :
J'ai bien compris que le mot "Juif" (Yéhoudi, en hébreu) ? vient du mot "reconnaissance" (Hodaa, en hébreu), parce que le juif reconnaît et remercie le Créateur et sa création mais pourquoi on continue de faire appeler 'vulgairement " Juif et d'être "rattachés" au Peuple Juif alors que finalement c'est Hodda est la profession de foi pour le Judaïsme donc c'est être rattaché à sa croyance et à sa religion.
Souvent lorsque je pose la question à une personne qui s'avère être de confession juive de quelle origine elle est ? La réponse systématique est juive sauf que ça n'a pas de sens. La question porte forcément sur l'origine géographique, sa nationalité et non son appartenance religieuse. Un français ne dira pas qu'il est chrétien mais français, ou un arabe ne dira pas qu'il est musulman mais arabe. Du coup, le mot 'juif" perd son sens je trouve. Par contre je suis cananéen ou israélien a déjà plus de sens.