Vayé'hi
Droit vers la Délivrance
Avec la lecture de la paracha de Vayé’hi, nous achevons cette semaine la lecture du livre de Béréchit – la Genèse. Comme les autres livres du Pentateuque, celui-ci a un autre nom que la tradition lui a attribué : Séfer HaYachar, le « Livre de la Droiture », au nom d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, nos Patriarches, qui furent des hommes droits.
On pourrait s’étonner de l’importance donnée à ce qui doit être, somme toute, une évidence pour tout un chacun : l’honnêteté, la probité, la droiture, la fidélité à ses principes sont les fondements de la société et de la civilisation. Il suffit de suivre l’éducation qui nous est dispensée par nos parents et à l’école, bien se tenir, faire « comme tout le monde », et l’on est automatiquement « quelqu’un de bien ». Faut-il s’enorgueillir à ce point de descendre de gens qui étaient « des gens bien » ? N’est-ce pas la moindre des choses ?
Une autre chose est réputée avoir toujours été « droite » dans l’histoire juive : la colonne de fumée qui s’élevait de l’autel du Temple, sur lequel les sacrifices étaient consumés. C’est l’un des dix miracles qui avaient lieu au Temple en permanence : lorsque le vent soufflait, toutes les colonnes de fumée qui s’échappaient des cheminées de Jérusalem étaient inclinées dans le sens du vent. Toutes sauf une. La fumée de l’autel demeurait verticale, témoignant du lien inflexible entre le Créateur et le peuple qui Le servait.
S’agissant de nos Patriarches, le fait est qu’ils vécurent à une époque où il ne fallait justement pas « faire comme tout le monde ». Une époque où « soufflaient des vents mauvais », ceux de l’idolâtrie, de l’iniquité, de la cupidité, de la débauche. Et alors que tous courbaient l’échine devant la corruption « politiquement correcte » de l’époque, eux demeurèrent droits et inflexibles dans leur attachement aux valeurs divines.
C’est de là que leurs descendants ont puisé les forces pour traverser les siècles sans abdiquer ces valeurs, et les rendre finalement universelles. Le monothéisme, le respect de la vie et des personnes, l’honnêteté et la droiture sont à présent l’héritage de l’humanité tout entière, pour tout celui qui le veut.
Lorsque nous dirons « ‘Hazak ! » à la fin de la lecture, prenons la résolution d’être dignes de cet héritage, de poursuivre cet effort pour la dernière ligne droite qui mène à la suite de la Genèse, l’Exode, Sefer HaGuéoula, le « Livre de la Délivrance », avec la venue imminente de Machia’h.
Chabbat Chalom !
Emmanuel Mergui
au nom de l’équipe éditoriale de Chabad.org
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