Le premier jour

À peine Yom Kippour achevé, nous voilà occupés à préparer Soukkot. Il faut monter la Soukkah, choisir le loulav et l’étrog, prévoir les repas, penser aux personnes qu’on invitera. Après les longues heures de prière et de recueillement, cette agitation pourrait sembler nous éloigner du Jour du Pardon. Et si elle en était déjà la suite ?

Au sujet des Quatre Espèces, la Torah nous ordonne : « Vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar… » (Lévitique 23, 40). Pourquoi ce « premier jour » alors que la nouvelle année a commencé à Roch Hachana ? Nos Sages expliquent qu’il s’agit du premier jour où l’on recommence à compter les fautes. Après le pardon de Yom Kippour, les journées sont si remplies des préparatifs de Soukkot que, selon leur expression, nous n’avons « pas le temps » de fauter.

Le Rabbi reprend cette explication du Midrash : l’un construit sa Soukkah, l’autre se procure les quatre espèces. Tous sont occupés à préparer une mitsva. L’élan du pardon passe des mots aux gestes. Nous avons demandé à D.ieu de nous pardonner ; nous employons maintenant nos forces à préparer une demeure où vivre sous Sa protection.

Cette année, le premier jour de Soukkot est Chabbat : nous prendrons les quatre espèces dimanche. Dès l’entrée de la fête, cependant, nous habiterons la Soukkah. Sous son toit de feuillage, nous prenons nos repas comme à la maison, mais nous nous rappelons que notre sécurité ne repose pas sur nos murs seuls. Dans le désert, nos ancêtres dépendaient de la protection de D.ieu. Nous Le remercions pour les bienfaits de l’année écoulée et abordons celle qui commence avec confiance. La joie de Soukkot naît là, au milieu des gestes ordinaires de la vie.

Le Rabbi relie cette joie à l’unité que crée la Soukkah : elle accueille des personnes différentes sous un même toit. Il souligne aussi que notre fête ne peut être pleinement joyeuse si d’autres manquent de quoi la célébrer. Inviter quelqu’un à notre table, aider une famille à préparer ses repas : ce que nous avons reçu devient alors une joie partagée. Et lorsque la fête sera passée, nous pourrons garder du temps pour l’étude, accomplir une mitsva avec attention et offrir notre aide avant même qu’on nous la demande.

Le « premier jour » ne nous promet pas de ne plus jamais nous tromper. Il nous montre ce que le pardon rend possible : une année animée par la Torah, les mitsvot et l’attention aux autres. En ouvrant ainsi notre Soukkah et nos journées à autrui, nous contribuons à préparer la délivrance avec Machia’h, où aucun membre de notre peuple ne restera à l’écart.

Chabbat Chalom et ‘Hag Saméa’h !


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