Vaéra
Faites parler l’Aaron en vous
Chers amis,
Dans la lecture de la Torah de cette semaine, Moïse dit à D.ieu : « Même les Enfants d’Israël ne m’ont pas écouté, comment Pharaon m’écouterait-il ? » Cette parole n’est pas seulement l’expression d’un découragement personnel. Dans un enseignement pénétrant, le Rabbi de Loubavitch y éclaire une dimension essentielle de notre vie intérieure.
À ce stade de l’asservissement, le peuple avait presque renoncé à toute espérance. La délivrance semblait trop lointaine, presque abstraite, sous le poids écrasant du quotidien. C’est alors que D.ieu ordonne à Moïse de s’adjoindre Aaron. Non comme un simple soutien, mais comme un partenaire indispensable. Moïse incarne la descente du divin dans le monde concret, la vérité dans sa pureté. Aaron, futur grand prêtre, incarne le mouvement inverse : l’élévation du monde vers D.ieu, pas à pas, la capacité de prendre l’humain tel qu’il est et de l’entraîner vers le haut.
Cet enseignement dépasse largement le cadre du récit historique. Dans notre être intérieur, les « Enfants d’Israël » représentent la dimension la plus élevée, tandis que « Pharaon » figure notre âme humaine et instinctive, animée par des désirs, des peurs et des réflexes profondément ancrés. L’« Égypte » symbolise cet état de conscience resserrée où la matière impose ses limites et semble dicter l’horizon du possible.
La question de Moïse devient alors la nôtre : si même la part la plus noble de nous-mêmes, éprouvée par un exil intérieur, peine parfois à croire à sa libération, comment espérer entraîner la part de nous-mêmes qui se sent chez elle dans la matérialité ? Comment demander à l’« âme animale » de quitter un monde qui lui est familier ?
La réponse de D.ieu à Moïse trace une ligne essentielle : la vérité, à elle seule, ne suffit pas. Les idées les plus élevées, si justes soient-elles, ne parlent pas toujours à toutes les strates de l’être. Pour toucher l’âme humaine, il faut une autre voix : celle d’Aaron, capable de parler le langage du cœur humain, d’entrer dans la réalité concrète et de valoriser chaque pas, même imparfait, vers le mieux.
Trouver « l’Aaron en nous-mêmes », c’est apprendre à ne pas mépriser nos résistances, mais à les reconnaître et à les apprivoiser. C’est inspirer plutôt que contraindre, élever plutôt qu’imposer. Dans nos relations aussi, cette leçon est décisive : on n’élève pas l’autre en lui imposant une vérité, mais en la rendant désirable, accessible, vivante.
C’est ainsi que commence une véritable Sortie d’Égypte, personnelle et collective. En réconciliant nos deux voix intérieures, en laissant « Aaron » préparer le terrain pour que « Moïse » puisse y faire résonner la parole de D.ieu, nous élargissons notre conscience du réel et faisons du monde un lieu plus accueillant pour la Présence divine. Et chaque pas accompli dans cette direction rapproche l’humanité de la délivrance ultime, celle qui verra se révéler pleinement Machia’h dans le monde.
Chabbat Chalom !
Vos amis @ Fr.Chabad.org
Nous discernons deux tendances de pensée quant à la place de l’aliénation et de la solitude dans l’analyse juive des émotions. Énoncer ce contraste n’est pas formuler une opposition; c’est simplement ouvrir une autre porte…
Fondateur de la branche 'Habad du mouvement 'hassidique, Rabbi Chnéour Zalman développa un enseignement qui offre à tous les Juifs, quels qu'ils soient, la capacité de servir D.ieu avec les forces les plus profondes de son âme. Il est l'auteur du Tanya, du Choul'hane Aroukh HaRav et de dizaines d'autres ouvrages exposant les profondeurs de la Torah.
Une série de raisons fascinantes puisées dans plus de deux millénaires d’érudition juive.
Elle s’est plainte hier soir de ce que je n’étais pas assez impliqué à la maison. Elle affirme qu’hier, en rentrant, je me suis affalé sur le canapé pour me détendre, la laissant s’occuper des enfants, du dîner et de tout le reste. Lorsque je lui ai fait remarquer que j’avais pourtant proposé mon aide, elle a répondu que ce n’était pas sincère. Je suis désemparé. Que puis-je faire de plus? Est-ce ma faute si elle ignore ma proposition d’aide?
Du sang, des grenouilles, des bêtes féroces, une épizootie, des furoncles, de la grêle: tout cela pour faire sortir les Juifs d'Egypte et faire sortir l'Egypte des Juifs...
Peut-on se libérer du mal que d’autres ont fait, et se résoudre à agir avec générosité et compréhension envers les autres?
Cette démonstration ne s’adressait pas à Pharaon seul. Les miracles de la Sortie d’Égypte constituent un témoignage pour les générations à venir…
