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La royauté dans votre vie
Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous lisons : « Ce mois-ci sera pour vous le commencement des mois ». Ces mots, prononcés à la veille de la Sortie d’Égypte, ouvrent une séquence décisive : avant même la délivrance, avant même le départ, le peuple juif reçoit une première mitsva collective : sanctifier le temps en conférant une portée sacrée au commencement du mois.
Le Rabbi de Loubavitch souligne que cette injonction n’est pas seulement technique ou calendaire. Certes, elle fonde le rythme des mois, détermine les fêtes et, selon l’enseignement de nos Sages, engage même les mondes spirituels supérieurs, qui « attendent » la décision du Beth Din ici-bas. Mais au-delà de la halakha, elle révèle une vérité plus intime : le pouvoir du renouveau a été confié à l’homme.
Avant d’être libérés de l’esclavage, les Enfants d’Israël sont appelés à devenir maîtres du temps. Non pas à le subir, mais à le sanctifier. Non pas à s’y enfermer, mais à l’ouvrir. Cette capacité de dire : « Voici un nouveau commencement », devient le socle même de l’identité juive. Elle enseigne qu’aucune situation n’est figée, qu’aucun état n’est définitif.
Chacun porte en soi une étincelle divine, « une part de D.ieu d’en haut ». Et parce que cette étincelle transcende l’ordre naturel, elle permet de dépasser ses propres conditionnements. Les habitudes, les réflexes, les limites intériorisées ne sont pas des fatalités. Elles peuvent être interrogées, déplacées, transformées. Le renouveau n’est pas une illusion morale : il est une possibilité réelle, enracinée dans l’âme.
Le verset emploie le mot « lakhem », « pour vous », dont les lettres forment aussi le mot « mélekh », roi. Nos Sages rappellent que Roch ‘Hodech Nissan marque le point de départ du calcul des règnes. Dans une lecture intérieure, cela signifie que chacun est invité à exercer une royauté sur sa propre vie : non par agitation ou par contrainte, mais avec calme, lucidité et autorité intérieure.
Il n’est pas anodin que cette mitsva soit la première donnée au peuple en tant que peuple. Avant même la sortie d’Égypte, il fallait apprendre à sortir de l’immobilisme, de la résignation, de la « maison de servitude » intérieure. Nissan, mois du printemps, vient inscrire cette leçon jusque dans le monde visible : les bourgeons apparaissent, les arbres se réveillent, la vie recommence.
Ce que nous avons été ne définit pas ce que nous pouvons devenir. À chaque instant, un nouveau mois peut commencer. En faisant place au renouveau en nous-mêmes, nous élargissons le monde, et nous rapprochons le moment où cette capacité de transformation se révélera pleinement, avec la venue de Machia’h.
Chabbat Chalom !
De vos amis @ Fr.Chabad.org
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