Vous marchez dans la rue et vous trouvez un objet. Un iPod, un portefeuille, un chat perdu. C’est « qui trouve, garde » ? Ou bien devriez-vous le laisser là et passer votre chemin ?
Ni l’un, ni l’autre.
« Tu ne dois pas voir le bœuf ou la brebis de ton frère égarés et te dérober à eux : tu es tenu de les ramener... » – Deutéronome
Est-ce qu’il y a un nom de dessus ? Ou quelque signe distinctif ?
L’iPod peut être identifié grâce aux morceaux qu’il contient, ou même par son numéro de série (si son propriétaire est du genre très organisé). Et le propriétaire du portefeuille peut probablement être retrouvé grâce à son contenu.
Alors ramenez cet objet chez vous et essayez de retrouver son propriétaire. Mettez des annonces sur des tableaux d’affichage, annoncez votre trouvaille dans les synagogues du quartier. Ne donnez pas de détails. Dites seulement que vous avez trouvé une montre, sans préciser la couleur ou la marque. Si quelqu’un vous en donne la bonne description, vous la lui restituez.
Tant que l’objet est en votre possession, gardez-le en sécurité. Mettez un bijou au coffre, pliez et rangez un vêtement, gardez un vélo au sec dans un garage. Et n’oubliez pas qu’il ne vous appartient pas et que vous n’avez pas le droit de l’utiliser ! N’utilisez l’objet que si c’est nécessaire pour son entretien. Vous pouvez faire le tour du pâté de maisons avec une moto une fois tous les mois pour maintenir le moteur en forme, mais pas de balades.
Exceptions :
- « Qui trouve, garde » s’applique à des objets génériques qui n’ont aucun signe distinctif. Par exemple : un billet de banque qui flotte au vent, un stylo, un sachet de chips (s’il est à présumer que le propriétaire se désespère de le retrouver avant que vous soyez tombé dessus).
- Vous ne pouvez pas faire une mitsva en en transgressant une autre. Alors ne ramassez pas ce portefeuille le Chabbat.
- Il n’y a pas d’obligation de rapporter des objets sans aucune valeur.
Également :
Aidez votre prochain avant qu’il ait perdu quelque chose. Si vous voyez que la propriété de votre prochain est en danger, sauvez-la. Si une inondation approche, mettez des sacs de sable. Si vous voyez que le vent va faire tomber une branche sur sa voiture, sonnez à sa porte et dites-lui de la déplacer.


Restituer Cette Mitsva a un support -objet perdu- assez anodin, mais qui ouvre sur des sujets majeurs qu'on rencontre tout au long de sa vie. Ne pas s'approprier la chose d'autrui lorsqu'on en est le gardien provisoire, n'empêche pas d'en prendre soin. Cette Mitsva évoque la notion de détention précaire et révocable. Il peut advenir qu'on reçoive un jour une gratification, un don, par défaut ou en absence du bénéficiaire légitime - et à son retour c'est sans ciller qu'on doit consentir à restituer. Pour qu'il n'y ait pas de conflit entre la loi et la grâce cette Mitsva renvoie simplement à la cause initiale -l'objet trouvé- et montre l'objet comme indisponible à tout usage autre que la conservation intacte. Nous sommes confrontés à la différence entre le gardien légitime qui est actif et préserve et le dépositaire provisoire tenté d'user à son profit de la chose d'autrui. Différence qui devient interdiction de la saisir le Chabbat. Ce que nous appelons une nuance est toujours du fondamental.