Il convient de réaliser que Myriam ne mentit pas, pas plus qu’elle ne critiqua son frère Moïse. Elle ne fit qu’exprimer sa désapprobation de sa conduite sans chercher à lui faire part auparavant de ses doléances en privé. Et pourtant, Myriam fut immédiatement punie pour avoir décrié Moïse.
Cela nous enseigne combien nous devons être précautionneux lorsque nous nous exprimons (y compris par écrit) à propos d’autres personnes. Car même des propos apparemment anodins peuvent facilement tourner au colportage ou à la calomnie. Il convient plutôt de veiller à parler ou à écrire de façon constructive. Si la conduite d’autres personnes semble inappropriée, il nous appartient de clarifier les choses avec elles en privé et ainsi épargner à tous la peine qui résulte inévitablement d’un malentendu.1


Dans ce monde qui reste barbare, D.ieu nous demande dans notre coeur de laisser de la place à la délicatesse, délicatesse de sentiments qui donnera un mot nuancé, une approche d'autrui plus subtile et respectueuse, que notre force brute d'élan de vie. Que Myriam ait osé s'exprimer devant tous n'était pas un affront, c'est ce qu'elle a dit et comment elle l'a dit qui nous inspire cette crainte qu'invite Moïse à contempler de l'intérieur. J'ai le coeur un peu serré quand j'entends aujourd'hui décrier partout celui qui pose des règles ou celui qui convaincu de sa vérité n'écoute plus celle des autres. Avant la critique hargneuse se passait dans la tête ou finissait arbitrée en petit comité. Maintenant tout le monde a une tribune pour dire le mal de l'autre ou proclamer son exceptionnelle vertu. Le temps pour tous de s'offrir des pots de miel, des figues et des mots délicats à préparer de l'intérieur avant de les présenter à l'autre, est pour maintenant. Et ne plus entendre l'aigreur.