Et lorsque ton fils te demandera dans l’avenir : « Qu’est-ce que cela ? », tu lui diras : « C’est par une main puissante que D.ieu nous a fait sortir d’Égypte, de la maison d’esclavage. »

Exode 13,14

Ma nichtana halaïla hazé... « Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? » Voilà ce que nos enfants nous demandent au Séder de Pessa’h. Parce que, leur répondons-nous, nous étions esclaves de Pharaon en Égypte et D.ieu nous a libérés.

Libérés ? Êtes-vous libres ?

Quelqu’un qui rembourse un crédit immobilier peut-il être libre ? Quelqu’un qui a une belle-mère peut-il être libre ? Celui qui a un emploi peut-il être libre ? Et celui qui n’en a pas ?

La liberté ! Y a-t-il quelque chose de plus désiré et pourtant de plus insaisissable ? Existe-t-il pour l’âme un besoin plus fondamental, et pourtant plus hors de portée ? Comment, en effet, nous affranchir des exigences, des soucis et des fardeaux de la vie quotidienne ?

Mais regardez votre enfant. Observez-le en train de jouer, absorbé dans un livre, endormi, souriant à ses rêves. Sûr que son père et sa mère le nourriront, le protégeront et se soucieront de tous les soucis, l’enfant est libre. Libre de s’épanouir dans son monde intérieur, libre de grandir et de se développer, ouvert aux joies et aux promesses de la vie.

C’est pourquoi Pessa’h, la fête de la liberté, est à ce point la fête de l’enfant. Car c’est l’enfant qui éveille en nous la conscience que nous aussi sommes les enfants de D.ieu et que, de ce fait, nous sommes libres par essence et pour toujours. C’est l’enfant qui nous ouvre les yeux sur la portée ultime de Pessa’h : en nous faisant sortir d’Égypte pour faire de nous Son peuple élu, D.ieu nous a libérés de toute servitude et de tout assujettissement, à jamais.

L’enfant est le participant le plus important du Séder de Pessa’h. Tout le Séder est conçu dans un seul but : intriguer l’enfant, éveiller sa curiosité, l’amener à demander : « Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? »

L’enfant interroge et nous répondons. Mais un autre dialogue se déroule en parallèle, un dialogue dans lequel c’est nous qui interrogeons et l’enfant qui nous éclaire.

Regardez bien votre enfant en ce Pessa’h. Accordez-lui toute votre attention – entrez dans son esprit, regardez la réalité depuis son point de vue. Car autrement, comment pourrions-nous goûter à la liberté ?