Je viens de voir un post inquiétant d’un jeune homme que je connais. Nous avons déjà joué ensemble dans une pièce de théâtre, mais nous n’avons gardé que peu de contact depuis. Il vient de poster un message très alarmant : « À vous tous, je suis désolé. J’abandonne. Merci d’avoir essayé. » Il s’avère qu’il souffre de dépression et qu’il est actuellement interné. Ils le surveillent de près et il reçoit le traitement dont il a besoin. Mais en tant qu’ami, quels mots d’encouragement ou de sagesse pourrais-je lui offrir qui pourraient faire la différence ?
Réponse :
Tout d’abord, je vous félicite pour votre démarche. Tout message de soutien, même juste dire que vous vous souciez de lui et que vous êtes là, a un pouvoir immense. Toute autre chose que du silence est une étape positive.
Mais il y a peut-être une autre façon de faire la différence. Plutôt que de l’aider, vous pouvez faire l’inverse : demandez-lui de l’aide.
Lorsque vous le contactez, mettez la maladie de côté un instant comme si elle n’existait pas et demandez-lui un conseil. Pensez à son domaine d’expertise et à son talent et dites-lui que vous avez besoin de son aide.
Par exemple, si vous travaillez sur une pièce de théâtre, demandez-lui comment il aborderait une scène difficile ou de quelle manière présenter un certain personnage. Plutôt que de simplement lui dire « Tu comptes et on a besoin de toi », vous lui montrerez concrètement qu’il est nécessaire.
Certes, nous traitons ici de graves problèmes de santé. Ils ne partiront pas avec une petite conversation. Cela pourrait ne pas fonctionner du tout. Il se peut qu’il ne soit pas même réceptif à une demande, ou qu’il soit incapable de répondre. Mais si vous avez ne serait-ce qu’une petite chance de lui faire entendre ce message, cela vaut la peine d’essayer. Cela pourrait lui procurer un moment où il ne serait pas absorbé par ses propres problèmes. S’il peut se concentrer sur quelqu’un d’autre même un court instant, cela peut être pour lui une bouffée d’air frais et cela peut l’élever, même momentanément, au-dessus de ses ténèbres.
Parfois, le piège de la dépression est l’égocentrisme qu’elle entraîne. Le meilleur antidote à cela est de servir les autres. Donnez-lui une occasion de le faire. Même si cela ne donne rien, vous lui aurez exprimé que, quoi qu’il soit en train de traverser, il peut toujours apporter quelque chose au monde, et que vous lui accordez suffisamment de valeur pour le lui demander. C’est peut-être tout ce qu’il a besoin d’entendre.

B''D
C'est une excellente approche.
La bonne nouvelle est que ce message alarmant, au fond, signifie que cette personne, bien au contraire, ne souhaite pas partir. Elle veut être écoutée, soutenue. Elle fait entendre sa voix, par ce message, pour compter elle aussi.
Celui qui veut vraiment partir ne le dira pas mais fuira sans le dire.
Donc, tout acte consistant à lui faire comprendre qu'il compte, qu'il est important et nécessaire est un remède à son désespoir.
Sachez que la dépression morbide est le fait de ne plus vouloir être comptabilisé. Rappelez-lui aussi qu'il est le maillon d'une chaîne familiale ou même communautaire dont l'histoire serait appauvrie de signification sans lui.
Enfin, partir de ce monde par soi-même n'est pas un repos mais une nouvelle tourmente. En effet, ce n'est pas le moment inscrit par Hashem et cette neshama peut ne pas être tout de suite accueillie.
Faite, de votre côté le tehilim de son âge avec une petite tsedaka. C'est puissant!
Bessorot tovot!