L’importance de la famille

Chers amis,

Dans la lecture de la Torah de cette semaine, nous lisons : « Procède à un relevé de toute la communauté d’Israël par familles. » (Nombres 1, 2)

La paracha de Bamidbar s’ouvre sur un recensement. Le premier jour du mois d’Iyar, dans le désert du Sinaï, D.ieu demande à Moïse de compter les enfants d’Israël, afin de les organiser comme peuple et de les préparer à marcher vers la Terre promise. Chaque homme est recensé, chaque tribu reçoit sa place, chaque camp son ordre. Tout semble orienté vers la construction d’une nation.

Mais le Rabbi relève un détail qui donne à ce recensement une portée plus profonde. La Torah demande que les enfants d’Israël soient comptés « par familles ». Pourtant, lorsqu’elle rapporte les résultats, elle ne donne pas le nombre des familles, mais seulement les totaux de chaque tribu. Pourquoi, alors, préciser que le compte devait se faire de cette manière ? Parce que la Torah veut inscrire, dès le départ, une vérité essentielle : la force d’un peuple commence dans la famille.

La famille est le premier lieu où l’être humain apprend à sortir des limites étroites de son propre moi. Un homme et une femme portent chacun une histoire, une sensibilité, une vocation, parfois même un rythme intérieur très différents. Parents et enfants, frères et sœurs, générations réunies autour d’une même table, tous y découvrent que vivre ensemble ne signifie pas effacer les différences, mais les orienter vers une unité plus profonde. C’est là que s’apprend le véritable don de soi : non pas l’effacement de ce que l’on est, mais la capacité de faire place à l’autre pour lui permettre d’exister pleinement.

Notre époque possède d’innombrables moyens de communication, et pourtant elle peine souvent à faire naître une vraie rencontre. On parle beaucoup, mais on écoute moins. On affirme ses droits, on se protège, on se définit, parfois au point de ne plus savoir rejoindre l’autre. La Torah nous enseigne pourtant : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Et le premier prochain, celui que la Providence place chaque jour devant nous, est souvent celui qui partage notre maison, notre table, nos inquiétudes et nos espérances.

Cet amour n’est pas seulement une qualité sociale. Il devient une véritable école intérieure. L’amour familial nous éduque à l’amour du prochain ; l’amour du prochain révèle en nous l’amour de D.ieu, car aimer une créature, c’est reconnaître Celui qui lui donne vie ; et l’amour de D.ieu ouvre naturellement le cœur à l’amour de Sa Torah. L’étude n’est alors plus seulement une obligation : elle devient une parole que l’on recherche, que l’on accueille et que l’on aime.

Ainsi, le recensement du désert devient une leçon pour toutes les générations. Pour bâtir durablement un peuple, il faut d’abord fortifier les foyers. Pour réparer le monde, il faut commencer par la manière dont nous regardons ceux qui nous sont les plus proches. Car la Délivrance ne sera pas seulement un grand événement de l’histoire : elle sera aussi la révélation d’une humanité réconciliée, où chaque foyer devient un lieu de Présence divine, et où l’unité vécue prépare concrètement la venue de Machia’h.

Chabbat Chalom !


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