Pourim: la fête où nous sommes devenus juifs

Chers amis,

Pourim nous place devant une vérité que notre histoire ne cesse de murmurer : la survie du peuple juif n’est pas une simple équation de causes et d’effets. Dans l’une de ses lettres, le Rabbi de Loubavitch pose un principe radical à propos de l’étude. L’intelligence, dit-il en substance, est une alliée précieuse, mais elle ne saurait être le préalable à la fidélité. On ne peut pas dire à D.ieu : « Explique-moi d’abord, et je verrai ensuite si je pratique. » Pour le Rabbi, le premier pas vers une intelligence réelle consiste précisément à accepter que l’acte devienne la condition de la compréhension.

Au Sinaï, nous avons dit avec audace : « Nous ferons et nous entendrons. » Ce n’est pas un suicide intellectuel, c’est un acte de confiance absolue. L’âme refuse d’attendre d’avoir tout saisi pour se lier à sa source. Et c’est cette fidélité brute, concrète, qui finit par ouvrir l’esprit et l’élargir – avec l’aide d’En Haut.

L’histoire de Pourim illustre parfaitement ce paradoxe. Un roi signe un décret d’extermination, scellé et envoyé dans cent vingt-sept provinces. Rien, humainement, ne semble pouvoir enrayer la machine. Une question surgit alors, brutale : pourquoi ? Si Haman reproche aux Juifs de suivre leurs propres lois, le Rabbi souligne que c’est précisément cela qui devrait les protéger, puisque la Torah est Torat ‘Haïm, une Torah de vie.

Pourtant, le fondement de notre survie tient en un fait : durant l’année où le décret plane, pas un seul Juif n’a cherché la solution « logique ». Personne n’a choisi de se dissoudre ou de se fondre dans la masse pour sauver sa vie. La porte de sortie existait, mais elle obligeait à sortir de soi. Ils ont préféré rester au-dedans de l’alliance. Le salut est venu ensuite par un basculement des événements, transformant l’ombre en clarté et le deuil en une joie débordante.

La Méguila insiste : « Ces jours seront rappelés et célébrés. » La simple évocation ne suffit pas. Une mémoire qui ne se traduit pas en actes finit par s’étioler en simple émotion. À l’inverse, une mitsva accomplie malgré l’inertie ou la pression sociale replante nos racines dans l’indestructible.

Pourim nous provoque. C’est une invitation à ne plus négocier notre lien au Divin selon l’humeur du moment ou les modes du siècle. Ajouter un geste, une mitsva, un pas de plus. C’est de ces pas, parfois fragiles mais obstinés, que s’écrit une délivrance qui nous dépasse : celle d’un monde qui marche vers sa plénitude, jusqu’à la venue de Machia’h.

Chabbat Chalom !

Vos amis @ Fr.Chabad.org

Pourim 2026 tombe lundi soir 2 mars et mardi 3 mars (et se prolonge mercredi 4 mars à Jérusalem )