Réeh
Qu’est-ce qui vous rassasie?
Chers amis,
Voici une belle adaptation par Tzvi Freeman d’un enseignement développé par le Rabbi de Loubavitch en 1963 :
Lorsque les Juifs concluent un repas satisfaisant qui comprend du pain, ils disent quatre bénédictions.
Pourquoi ?
Parce que la Torah dit : « Lorsque tu mangeras et que tu seras rassasié, tu béniras D.ieu pour la terre qu’Il t’a donnée. »
Les trois dernières bénédictions furent composées en Terre Promise. Mais la première bénédiction fut composée par Moïse lorsque la manne descendit du ciel pour la première fois.
N’est-il pas étrange que nous prononcions une bénédiction composée pour du pain du ciel après avoir mangé du pain de la terre ?
Mais il y a plus étrange encore : la bénédiction ne porte pas sur la nourriture elle-même, mais sur le fait que nous nous rassasions de cette nourriture.
Pourtant la manne était un aliment qui ne rassasiait jamais ceux qui le mangeait. D’une part, on ne pouvait pas voir ce que l’on mangeait. D’autre part, on ne pouvait pas en conserver pour le lendemain.
En effet, les rabbins appellent la manne « le pain de la faim », comme l’a dit Moïse : « Il t’a fait souffrir, Il t’a affamé, Il t’a donné la manne... »
Alors pourquoi disons-nous une bénédiction composée pour un aliment qui laissait les gens insatisfaits pour remercier D.ieu d’un repas satisfaisant ?
Tout s’explique dès lors que l’on saisit la psychologie de la gratitude. Comme les rabbins le résument : « Un récipient plein ne peut rien contenir. Mais un récipient vide peut tout contenir ».
Les êtres humains ressemblent beaucoup à ces récipients : ils doivent apprendre à être vides pour pouvoir être pleins.
C’est ce qui s’est produit avec ceux qui ont mangé de la manne pendant quarante ans :
Ceux qui s’accrochaient à leur besoin de garder la bouteille remplie, qui avaient besoin de voir qu’ils avaient accumulé des biens et qu’ils en étaient propriétaires – ceux-là avaient toujours faim.
Mais ceux qui ont appris à être vides, à compter toujours sur la bénédiction de D.ieu quel que soit la quantité de dur labeur qu’ils aient fourni – ceux-là ont appris à être satisfaits de chaque repas.
Et lorsqu’ils se sont installés dans le pays de Canaan, qu’ils l’ont labouré, ensemencé, moissonné et qu’ils ont mangé de ses fruits, ils ont continué à regarder vers le ciel et à remercier D.ieu pour leur repas.
Il en va de même pour nous tous : lorsque nous considérons nos revenus comme des actifs tangibles, acquis et préservés par des moyens naturels, nos possessions remplissent nos vies de telle sorte que nous ne pouvons pas voir les bénédictions de D.ieu.
Mais lorsque nous savons que tout est toujours entre les mains de D.ieu, comme la manne du ciel, alors nous sommes vides et prêts à recevoir.
Quoi que vous ayez, considérez-le comme un don d’En Haut, et célébrez-le.
N’attendez rien et vous aurez tout.
Chabbat Chalom !
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