Tetsavé
Ce que D.ieu vous dit
Le calendrier « Hayom Yom », paru en 1943, est une sélection d’enseignements ‘hassidiques du Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson, compilée par le Rabbi de Loubavitch. Il rapporte l’anecdote suivante pour la date du 8 Adar I :
L’Admour Hazakène fit venir un jour un jeune homme qui était l’un des disciples du Maguid de Mézeritch. Il lui dit, sur un air chantant, comme il en avait l’habitude :
« Moi j’ai le commandement “vous enseignerez à vos enfants” et toi tu as celui de subvenir aux besoins de ta famille. Faisons un échange : moi je te donnerai de quoi accomplir ta mitsva, et toi tu enseigneras à mon fils », le futur Admour Haemtsahi.
Il lui expliqua alors comment il convenait d’enseigner :
« En premier lieu, on apprend les lettres de l’aleph-beth... C’est quoi un aleph ? Un point en haut, un point en bas, une ligne au milieu, c’est ça un aleph. Un enfant doit savoir que l’“aleph de la Torah” c’est le youd d’en haut, le youd d’en-bas, et la ligne de la foi qui les relie. »
Explication : le « youd d’en haut » représente D.ieu, dont le Nom ineffable commence par un youd, et le « youd d’en bas » représente le Juif, en hébreu yehoudi, mot qui commence également par un youd.
Un aspect intéressant de ce texte est qu’il ne dit pas que la « ligne de foi » relie « le Juif à D.ieu », mais « les relie » tous les deux.
Car en effet, la foi est une route à double sens : il y a la foi de l’homme en D.ieu, et celle de D.ieu en l’homme, en Sa capacité de mener à bien la volonté de Son Créateur. Et l’une se nourrit de l’autre. Car la foi en D.ieu c’est aussi la foi en le fait que D.ieu a foi en moi. Et la foi de D.ieu en moi repose sur la capacité qu’Il m’a accordée d’avoir foi en Lui, sur la capacité de l’homme à se sublimer.
Un autre enseignement qui découle de cette entrée du Hayom Yom est la notion que chacune des lettres de l’aleph-beth est porteuse d’un sens divin. Or notre monde est créé à chaque instant par la parole divine, constituée de ces mêmes lettres. C’est-à-dire que toute chose qui existe est propulsée dans l’existence par une certaine parole divine. La conscience de cela a de quoi nourrir le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure et sur les événements qui jalonnent notre vie : tout ce que nous voyons ou percevons est finalement le langage que D.ieu nous adresse.
Lors des temps messianiques, qui arrivent incessament, ce sera directement perceptible par tous. En attendant cela – et pour préparer cela –, il nous incombe de toujours nous en rappeler, de toujours vivre cette foi au présent, dans le présent, et par là-même d’élever le niveau spirituel de notre existence.
Chabbat Chalom !
Emmanuel Mergui
au nom de l’équipe éditoriale de Chabad.org
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