Lois relatives aux vœux : Chapitre Dix

1. Celui qui formule un vœu ou prête serment [en disant] : « Que je ne goûterai rien aujourd’hui » n’a pas le droit [de manger] que jusqu’à ce qu’il fasse nuit. [S’il dit :] « Que je ne goûterai rien un jour », il n’a pas le droit [de manger] que durant les vingt-quatre heures qui suivent son vœu. C’est pourquoi, celui qui fait un vœu [en disant] : « Que je ne goûterai rien aujourd’hui », bien qu’il ait le droit [de manger] dès qu’il fait nuit, il ne doit [toutefois] pas manger avant d’avoir demandé à un sage [de le délier de son vœu] ; ceci est un décret, de crainte qu’il prête serment une autre fois [de ne pas manger, en utilisant l’expression] un jour, et mange après la tombée de la nuit, car la différence entre l’un et l’autre [la signification de ces deux expressions] n’est pas connue de tout le monde.

2. S’il a fait un vœu [en disant :] « Que je ne goûterai rien jour », c’est un cas de doute [étant donné qu’il n’a pas précisé un jour ou aujourd’hui] ; il n’a [donc] pas le droit [de manger] vingt-quatre heures, comme s’il avait dit « un jour ». [Toutefois,] s’il mange après qu’il fasse nuit, il ne se voit pas infliger la flagellation. [S’il dit :] « Que je ne goûterai rien cette semaine », il n’a pas le droit [de manger] le reste de la semaine et le jour du Chabbat, et il a pas le droit [de manger] à partir de dimanche. [S’il dit :] « Que je ne goûterai rien une semaine », il n’a pas le droit [de manger durant] sept jours en durée. S’il dit : « semaine » sans préciser s’il s’agit d’une semaine [entière] ou de cette [semaine en cours, jusqu’à la fin du Chabbat], c’est un cas de doute et il n’a pas le droit [de manger] durant sept jours en durée. [Toutefois,] s’il mange après le Chabbat, il ne se voit pas infliger la flagellation [étant donné que c’est un cas de doute].

3. [S’il dit :] « Que je ne boirai pas pendant ce mois », il n’a pas le droit [de boire] le reste des jours du mois. Par contre, le Roch ‘Hodech [début du mois suivant], il aura le droit [de boire], même si c’est [le mois suivant est] un mois « Manquant » [et que le mois présent compte trente jours, le trentième est donc le premier jour de Roch ‘Hodech du mois suivant]. [S’il dit :] « Que je ne goûterai rien pendant un mois », il n’a pas le droit [de manger] durant trente jours entiers en durée. S’il fait un vœu [en employant le terme] « mois » sans précision, il n’a pas le droit [de manger] durant trente jours en durée, du fait du doute.

4. [S’il formule le vœu suivant :] « Que je ne mangerai pas de viande cette année », même s’il ne reste qu’un jour dans l’année, il n’est sous l’interdiction que ce jour-là, et le premier jour de l’année, il a le droit [de manger de la viande]. Et le premier jour de l’année en ce qui concerne les vœux est le premier jour du mois de Tichri. [S’il formule le vœu suivant :] « Que je ne mangerai pas [de viande] pendant un an », il n’a pas le droit [de manger de la viande] une année entière, jour pour jour. Et si l’année est déclarée embolismique, il n’a pas le droit [de manger de la viande] cette [année] ainsi que le mois supplémentaire [soit treize mois]. [S’il dit :] « Que je ne mangerai pas [de viande] année » [sans préciser s’il s’agit de l’année en cours ou d’une année entière], il n’a pas le droit [de manger de la viande] une année entière jour pour jour du fait du doute, comme nous l’avons expliqué.

5. [S’il formule le vœu suivant :] « Que je ne boirai pas de vin ce septénaire-là », il n’a pas le droit [de boire du vin] les années restantes du septénaire, ainsi que l’année de Chemita [la septième année], et il n’a le droit [de boire du vin] qu’à partir du premier de l’an qui suit la septième [année]. [S’il dit :] « Que je ne boirai pas de vin un septénaire », il n’a pas le droit [de boire du vin] sept années entières, jour pour jour. S’il dit : « ce Yovel », il est sous l’interdiction les années restantes du cinquantenaire, et la cinquantième année elle-même.

6. [S’il a dit :] « Que je ne boirai pas de vin jusqu’au début [du mois] d’Adar », s’il s’agit d’une année embolismique, et qu’il ne savait pas qu’elle [l’année] était embolismique au moment de son vœu, il n’a pas le droit [de boire du vin] jusqu’au premier jour du premier mois de Adar seulement. Et s’il a dit : « Jusqu’à la fin de Adar », [même s’il ne savait pas que l’année était embolismique] il n’a pas le droit de boire de vin] jusqu’à la fin du second [mois de] Adar. Et s’il savait que l’année était embolismique et a fait le vœu [de ne pas boire de vin] jusqu’au début [du mois] de Adar, il n’a pas le droit [de boire de vin] jusqu’au début du second mois de Adar.

7. Celui qui s’interdit quelque chose jusqu’à Pessa’h, qu’il dise « Jusqu’à l’arrivée de Pessa’h » ou « Jusqu’à Pessa’h », il n’a pas droit [à cette chose] que jusqu’au début [de la fête] seulement. Et s’il dit : « Jusqu’à ce que soit advenu Pessa’h », il n’a pas droit [à cette chose] jusqu’à la fin de Pessa’h. S’il dit : « Jusqu’à la moisson », ou « Jusqu’à la vendange » ou s’il dit : « Jusqu’à ce que soit advenue la moisson » ou « [jusqu’à ce que soit advenue] la vendange », il n’a pas le droit [à cette chose] jusqu’au début [de la vendange ou de la moisson] seulement.

8. Telle est la règle générale : pour tout ce [événement] qui a une durée déterminée, si l’on formule un vœu [où l’on s’interdit quelque chose] jusqu’à [cet évènement], l’interdiction s’arrête au moment où il commence. Et si l’on formule un vœu [où l’on s’interdit quelque chose] jusqu’à ce que soit advenu [cet évènement], l’interdiction dure jusqu’à ce qu’il passe. Et pour tout ce [événement] qui n’a pas de temps déterminé, par exemple, le temps de la moisson et de la vendange, que l’on fasse un vœu jusqu’à [cet évènement] ou jusqu’à ce que soit advenu [cet évènement], l’interdiction ne dure que jusqu’à ce que commence [le dit évènement].

9. Celui qui s’interdit quelque chose jusqu’à l’été est sous l’interdiction jusqu’à ce que les habitants de l’endroit où il a formulé un vœu commencent à amener les paniers de figues. [S’il dit :] « Jusqu’à la moisson », [il est sous l’interdiction] jusqu’à ce que la moisson du blé commence, mais non la moisson de l’orge. S’il dit explicitement : « Jusqu’à ce que passe l’été », il est sous l’interdiction jusqu’à ce que l’on plie la majorité des nattes qui se trouvent dans le dépôt [endroit réservé dans les cour pour garder les fruits], sur lesquelles on fait sécher les figues et les raisins pour en faire [respectivement] des figues sèches et des raisins secs. Tout dépend de l’endroit où est formulé vœu.

10. Comment cela s’applique-t-il ? S’il formule un vœu dans une vallée et s’interdit quelque chose jusqu’à l’été, puis, monte sur la montagne [au moment de la récolte des figues ; or, dans une vallée, l’été commence plus tôt], il ne prête pas attention si l’été de l’endroit où il se trouve maintenant est arrivé ou non, mais il se réfère à l’été de l’endroit où il a formulé le vœu. Et de même pour tout ce qui est semblable.

11. Celui qui s’est interdit quelque chose jusqu’à la [saison des] pluie[s] est sous l’interdiction jusqu’à la saison des pluies, qui est en terre d’Israël jusqu’au premier jour du mois de Kislev. Dès que la saison des pluies arrivent, il a droit [à ce qu’il s’est interdit], que le pluie soit tombée ou non. Et si la pluie tombe à partir du 17 Mar’hechvan, il a droit [à cette chose dès que tombe la pluie]. Et s’il a dit : « Jusqu’aux pluies », il est sous l’interdiction jusqu’à ce que tombe la pluie, à condition qu’elles tombent après le temps des secondes pluies, ceci étant en Terre d’Israël et dans les environs à partir du 23 Mar’hechvan. Et s’il dit explicitement : « Jusqu’à ce que s’arrêtent les pluies », il est sous l’interdiction jusqu’à ce que passe Pessa’h en Terre d’Israël et dans les endroits qui sont semblables et qui ont besoin de pluie].

12. Celui qui engage sa femme par un vœu en Mar’hechvan et lui dit : « Que tu ne tireras pas profit de moi à partir de maintenant jusqu’à Pessa’h si tu te rends à la maison de ton père à partir d’aujourd’hui jusqu’à Souccot », elle n’a pas le droit de tirer profit de lui immédiatement ; ceci est un décret, de crainte qu’elle se rende [à la maison de son père]. Et si elle se rend [à la maison de son père] avant Pessa’h et qu’il lui donne un profit avant Pessa’h, il se voit infliger la flagellation. Si Pessa’h passe [après qu’il l’ait laissée partir et tirer profit de lui], bien que la condition [formulée, à savoir la punition qu’il lui a assignée] n’existe plus, il lui est défendu de considérer son vœu comme sans valeur et de la laisser se rendre [à la maison de son père] et profiter [de lui]. Plutôt, il doit considérer [son vœu comme] contraignant jusqu’à Souccot, comme il a formulé dans son vœu. [Et ce,] bien qu’il ait fait dépendre son vœu d’un temps d’interdiction qui est passé. Et de même pour tout ce qui est semblable. Et si elle se rend [à la maison de son père] après Pessa’h, il n’a pas d’interdiction de tirer profit de lui .

13. S’il lui dit : « Que tu n’auras aucun profit de moi jusqu’à Souccot si tu te rends à la maison de ton père avant Pessa’h », elle n’a pas le droit de tirer profit [de lui] immédiatement. Et si elle se rend à la maison de son père et qu’il lui donne un profit [même après Pessa’h], il se voit infliger la flagellation et elle n’a pas le droit de tirer profit de lui jusqu’à Souccot. [Cependant,] elle a le droit de se rendre à la maison de son père dès que Pessa’h arrive.