La Chli’hout (« mission », « mandat » ou « tâche » en hébreu), désigne la mission d’un rabbin ‘Habad et de son épouse, envoyés dans un lieu donné pour y développer la vie juive et se mettre au service de la population de toutes les manières possibles.
Au cœur de cette dynamique – dans laquelle le chalia’h (émissaire au masculin) et la chlou’ha (émissaire au féminin) se consacrent à leur communauté pour la vie – se trouvent l’inspiration et la force que leur donne le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, à la demande duquel les chlou’him (émissaires) sont envoyés.
Histoire de la chli’hout
Depuis la naissance du mouvement ‘Habad à la fin du XVIIIe siècle, les Rabbis ont envoyé des ‘hassidim dévoués servir d’enseignants, de guides et de rabbins dans les communautés qui en avaient besoin.
À l’époque du cinquième Rabbi de ‘Habad, Rabbi Chalom Dovber Schneersohn, des émissaires furent envoyés dans des communautés reculées du Caucase qui avaient cruellement besoin de rabbins pour les guider.
Sous la direction de son fils et successeur, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, cette initiative devint un vaste réseau de responsables juifs œuvrant dans la clandestinité à travers l’Union soviétique.
À son arrivée aux États-Unis en 1940, Rabbi Yossef Its’hak entreprit d’y recréer une vie juive. En quelques années, il envoya des dizaines d’étudiants de yeshiva et de couples mariés dans des communautés à travers les États-Unis et le Canada. Leur mission consistait principalement à fonder et à diriger un ensemble d’écoles juives à plein temps, où l’enseignement des matières juives était dispensé le matin, avant celui des matières générales – une formule alors nouvelle aux États-Unis.
Peu avant son décès en 1950, il jeta les bases de la chli’hout au Maroc.
Le septième Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, donna une bien plus grande ampleur à cette œuvre, envoyant des couples en Europe, en Asie, en Afrique et même en Australie, chacun ayant pour mission de renforcer la vie juive par tous les moyens à sa disposition.
Ainsi naquit le « Beth ‘Habad » ou « Chabad House », un centre de vie juive où chacun est invité à progresser, à apprendre et à vivre le judaïsme, à son niveau et à son rythme.
Depuis les années 1970, un nombre croissant de couples – aujourd’hui plus de 200 – se sont engagés dans la chli’hout sur les campus, y assurant une présence ‘Habad dans le monde entier.
Pour beaucoup de ces couples, le Beth ‘Habad est aussi leur domicile, car leur chli’hout est permanente et indissociable de leur vie privée.
La chli’hout aujourd’hui
Même après la disparition du Rabbi en 1994, des couples ont continué à quitter Brooklyn pour tous les coins du monde. En 2026, des chlou’him sont établis dans diverses villes des 50 États américains et de plus de 100 autres pays. La grande majorité d’entre eux resteront auprès de leur communauté jusqu’à la fin de leur vie, dévoués corps et âme aux habitants de leur pays d’adoption.
Chaque chli’hout est unique, adaptée aux qualités des chlou’him et aux besoins du lieu concerné. Du Pérou à Bangkok, par exemple, de nombreux chlou’him concentrent leurs efforts sur l’accueil des routards et des autres touristes. Ailleurs, de jeunes couples rejoignent des chlou’him déjà établis, avec pour mission de se consacrer aux jeunes actifs, aux personnes âgées, aux adolescents, aux personnes en situation de handicap ou à d’autres groupes au sein d’une communauté plus vaste.
Les efforts de ce vaste groupe dynamique d’hommes et de femmes sont salués chaque année lors des Congrès Internationaux des Émissaires ‘Habad-Loubavitch, qui se tiennent séparément pour les hommes et pour les femmes, respectivement à la fin de l’automne et au milieu de l’hiver.
Si la chli’hout a donné naissance à des milliers de synagogues, de Talmud Torah, de restaurants, de soupes populaires et d’autres institutions communautaires, l’essentiel reste le dévouement à chaque personne : ces hommes et ces femmes qui sont inspirés, nourris, instruits et rendus plus forts par les chlou’him et par le judaïsme que ceux-ci enseignent volontiers.
Comme l’a si éloquemment résumé lord Jonathan Sacks, ancien grand rabbin de Grande-Bretagne : « De même que les nazis recherchaient chaque Juif par haine, le Rabbi – par l’intermédiaire de ses chlou’him – recherchait chaque Juif par amour. »
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