« Vous ne pouvez pas vous permettre de vivre toute votre vie à l’état de potentiel ; à un moment donné, vous devez libérer ce potentiel et passer à l’action. »

– Eric Thomas, conférencier et coach en développement personnel.

J’ai grandi en détestant mon potentiel. C’était ce mot que les professeurs inscrivaient sur mes bulletins quand je perturbais la classe, ou qu’ils griffonnaient dans mon cahier d’autographes à la fin de l’année : « Tu as tellement de potentiel… » Les mots non écrits qui suivaient étaient : « … mais quand vas-tu enfin en faire quelque chose ?! »

J’ai grandi en détestant mon potentiel.

Et c’est cela que je trouvais si troublant. Car le potentiel n’a de valeur que lorsqu’on en fait quelque chose.

Dans le deuxième chapitre de l’Éthique de nos Pères (Pirkei Avot), nous lisons comment Rabbane Yo’hanane ben Zakaï cultivait le potentiel propre à chacun de ses disciples. « Il avait coutume d’énumérer leurs qualités : Rabbi Éliézer ben Hourkanos – une citerne cimentée qui ne perd pas une goutte ; Rabbi Yéhochoua ben ‘Hanania – heureuse est celle qui l’a enfanté ; Rabbi Yossé le Prêtre – un ‘hassid (homme pieux), etc. »

Mais quelle qualité les mots « heureuse est celle qui l’a enfanté » mettaient-ils ainsi en lumière chez Rabbi Yéhochoua ? Et pourquoi le texte ne dit-il pas simplement : « heureuse est sa mère », au lieu de préciser que c’est elle qui l’a mis au monde ?

Chaque enfant naît avec des qualités propres, adaptées à la mission de son âme dans la vie, ainsi qu’avec le potentiel de vivre une vie consacrée au service de D.ieu. Le maître de Rabbi Yéhochoua soulignait que son plus grand atout était qu’il cherchait à réaliser son propre potentiel, au point que les gens regardaient la beauté de son caractère et disaient : « Heureuse est celle qui l’a enfanté » – heureuse est la mère qui voit son enfant devenu adulte réaliser le potentiel avec lequel il est né !

La mère de Rabbi Yéhochoua n’est pas mentionnée par hasard. Elle fut, dans une large mesure, responsable de sa grandeur. Lorsqu’il était nourrisson, elle apportait son berceau à la maison d’étude afin qu’il s’accoutume à la douce mélodie de l’étude de la Torah. Les efforts qu’elle déploya pour former son caractère portèrent leurs fruits, et elle eut la chance de voir son fils réaliser ses capacités latentes.

C’est par son libre arbitre que Rabbi Yéhochoua choisit d’employer les talents que D.ieu lui avait donnés, mais ce furent les actes de sa mère qui l’orientèrent dans la bonne direction.

Fil de pensée : Aujourd’hui, je ferai de l’environnement de mes enfants un environnement de sainteté, afin de leur donner toutes les chances de réaliser leur potentiel.

(Adapté de Likoutei Si’hot, vol. 23, p. 258 ; Si’hot Chabbat, parachat Kedochim 5736.)