En cette ère de journalisme à sensation, il est difficile d’imaginer une célébrité au sujet de laquelle on ne sait que très peu de choses. C’est pourtant ce qui décrit avec justesse la Rabbanit ‘Haya Mouchka, l’épouse du Rabbi de Loubavitch, de mémoire bénie. Certes, les événements de sa vie ont été bien documentés, et une poignée d'anecdotes donnent un aperçu de cette femme de grande bonté et intégrité. Pourtant, elles ne suffisent pas à nous édifier sur la véritable personnalité de la Rabbanit.

Ce qui est certain, cependant, c'est que c'est exactement ce que la Rabbanit souhaitait. Réservée à l’extrême, elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour rester anonyme, inconnue et ignorée. Et ce fait en lui-même est si frappant, si radicalement différent de ce qui prévaut aujourd’hui, qu’il mérite toute notre attention. La modestie de la Rabbanit avait un but très précis. Comme le relate un émouvant témoignage, « Elle a pleinement partagé toutes les préoccupations du Rabbi et a limité son contact avec le monde extérieur, afin de veiller à ce qu’il puisse accomplir sa tâche dans la paix et la tranquillité. »

Il n’est pas exagéré de dire que la Rabbanit fut un discret partenaire dans toute l’œuvre du Rabbi. Dans une génération où la pudeur est devenue une notion déplacée, la Rabbanit nous rappelle que, bien que la culture de l’auto-promotion puisse cacher un vide de sens, le discret sacrifice de soi d'une femme peut être une force suffisamment puissante pour changer le monde.