Les interceptions du Dôme de Fer au-dessus de nos têtes étaient bruyantes, mais plus fort encore était le rire d’une petite fille blottie sur mes genoux, alors que nous étions assises ensemble dans l’abri de la shoul, pendant Chabbat, à quelques jours seulement de Pourim (lundi soir et mardi pour les Juifs du monde entier, et mardi soir et mercredi pour ceux de Jérusalem). Elle me racontait en détail son costume de Pourim.

Le Haman de notre époque est mort. Les enfants font la fête. Y a-t-il une meilleure manière d’entrer dans Pourim ?

Chaque femme juive est la reine Esther de son foyer. C’est ce que je me répétais, encore et encore, en me secouant pour chasser la peur, en me joignant aux danses et aux rires qui emplissaient la prière du matin de Chabbat.

Oui, il y a du danger. Mais ce n’est pas un temps de crainte. C’est un temps de célébration comme jamais auparavant. C’est le temps de retrouver dans nos vies la trame de la Méguila – celle d’un D.ieu qui peut tout et dont nous voyons l’action se déployer sous nos yeux. Toutes les prophéties parlent de ce moment, et il nous est donné de le vivre.

« Ne crains pas, car Je suis avec toi », dit Isaïe.1 Le prophète ne dit pas que rien n’arrive. Il dit : ne crains pas, parce que Je suis avec toi. Le mal a beau rugir, plus puissante encore est la promesse de D.ieu.

Ce n’est pas le moment de surveiller l’actualité en permanence.

Vous êtes un enfant de D.ieu ; c’est vous qui faites l’actualité.

C’est un temps de gratitude profonde et de danses pour tous les miracles que D.ieu nous montre, de prières pour que la libération se poursuive, d’espoir, de sourires et de rires. Un temps pour ouvrir nos cœurs à tout le bien que D.ieu veut nous donner. Un temps pour entrevoir un monde nouveau où la bonté est l’unique réalité.

Certes, nous n’y sommes pas encore. Hélas, il y a eu des victimes à Tel-Aviv et à Beth Chémech, et le peuple iranien a encore une longue route devant lui. Mais nous sommes en route.

Respirez. À pleins poumons. Respirez l’air de la libération. Respirez, et sachez que c’est D.ieu qui nous crée, qui nous porte et qui nous conduit vers le troisième et dernier Temple, avec toutes les merveilles qui l’accompagnent.

Le Talmud nous enseigne qu’en ce mois d’Adar, nous augmentons dans la joie – sim’ha en hébreu.2 Qu’est-ce que la joie ? On peut dire que sim’ha, שמחה, partage une racine avec מחה, le verbe qui signifie « effacer » ou « dissoudre » : notre perception étriquée de nous-mêmes se dissout, laissant notre moi de surface – cette version « masquée » de ce que nous sommes – être balayé par plus grand que lui et se perdre dans la réalité d’ensemble.

Accueillons la joie des miracles. Laissons les miracles que Hachem accomplit pour Sa nation choisie nous submerger de la joie la plus profonde. Que cette joie l’emporte sur toute tristesse ou difficulté personnelle. Que la joie nous atteigne tous et emporte la douleur de l’exil, apportant avec elle un nouveau nous, un nouveau monde, un nouveau commencement pour toute l’humanité.