J’ai vu une organisation juive locale mettre en avant, dans le cadre de leur campagne de construction, qu’une partie du bâtiment serait construite avec de la « pierre de Jérusalem ». Qu’est-ce que c’est exactement, et y a-t-il une coutume d’utiliser spécifiquement de la pierre de Jérusalem ?

Réponse

La pierre de Jérusalem est le nom donné à divers types de calcaire trouvés aux environs de Jérusalem, allant du blanc au jaune, en passant par le rose et le brun orangé, et utilisés dans les bâtiments depuis l’époque biblique. La structure la plus célèbre construite avec la pierre de Jérusalem, qui tient encore aujourd’hui, est le Mur Occidental (le « Kotel »).

Depuis l’époque du mandat britannique jusqu’à aujourd’hui, les lois municipales de Jérusalem exigent que tous les bâtiments soient revêtus de pierre de Jérusalem locale. Fait intéressant, une exception a été faite pour la construction d’une réplique du « 770 » – le quartier général mondial de Loubavitch – à Ramat Shlomo, une banlieue de Jérusalem.

Cependant, bien qu’il soit devenu de plus en plus populaire d’utiliser la pierre de Jérusalem dans divers bâtiments juifs en diaspora comme un moyen de montrer leur affection et leur désir pour Jérusalem, il n’y a pas de réelle « coutume » à le faire. En même temps, il existe un précédent pour la construction d’une synagogue avec de la pierre de Jérusalem véritable, remontant à la destruction du Premier Temple de Jérusalem.

Le vieux quartier de Jérusalem de Méa Shéarim est presque entièrement construit en pierre de Jérusalem (photo: Yonatan Sindel/Flash90).
Le vieux quartier de Jérusalem de Méa Shéarim est presque entièrement construit en pierre de Jérusalem (photo: Yonatan Sindel/Flash90).

L’Exil du Roi Jéchonias

Onze ans avant la destruction du Premier Temple, le roi Jéchonias (également appelé Joachin ou Conias) succéda à son père, Joiaqim, en tant que roi de Juda. Il ne régna que trois mois et dix jours avant que le roi Nabuchodonosor de Babylone n’assiège Jérusalem et que le roi ne se rende. Nabuchodonosor pilla Jérusalem et le Temple, et emmena de nombreux Juifs éminents, dont le roi Jéchonias et le prophète Ézéchiel, à Babylone (le Temple ne fut détruit que quelques années plus tard).

En commentant le verset « Tu te lèveras, Tu auras pitié de Sion, car il est temps de lui faire grâce, car l’époque fixée est arrivée ; car Tes serviteurs affectionnent ses pierres, et ils chérissent jusqu’à sa poussière. »,1 le Midrash relate que lorsque Jéchonias et ses compagnons d’exil partirent, ils emportèrent avec eux des pierres et de la terre de Jérusalem pour construire une synagogue à Babylone.2 Bien qu’elle ait été détruite et reconstruite, cette synagogue existait encore plusieurs centaines d’années plus tard à l’époque talmudique.3

La Terre d’Israël lors des funérailles

Bien qu’il n’y ait pas de coutume spécifique concernant la construction d’une synagogue avec de la pierre de Jérusalem, nous savons qu’il existe une coutume juive, liée au verset des Psaumes cité ci-dessus, de placer de la terre d’Israël dans le cercueil lors des funérailles. Cela sert à la fois comme moyen d’expiation et comme symbole de notre désir de Rédemption et de Résurrection des Morts.

Se souvenir de la destruction

Une manière dont Jérusalem est littéralement intégrée dans nos maisons est la loi selon laquelle, lors de la construction d’une nouvelle maison (par opposition à l’achat d’un bâtiment déjà peint ou fini), on doit laisser une parcelle non finie, mesurant une ama sur une ama (environ 45 cm x 45 cm), pour nous rappeler la destruction de Jérusalem et du Saint Temple.4 Par ce rappel, nous prions ardemment pour la reconstruction du Saint Temple avec la venue de Machia’h. Puisse-t-elle avoir lieu rapidement de nos jours !