Il y eut un temps, juste avant la Seconde Guerre mondiale et durant quelques années après, où les larges boulevards ombragés du centre de Brooklyn étaient le domicile du Juif américain satisfait et en ascension sociale. Rien ne semblait manquer : Prospect Park, la promenade ensoleillée d’Eastern Parkway, de bonnes écoles et bibliothèques, l’équipe des Dodgers, et des synagogues et temples respectables où l’on pouvait se rassembler pour danser ou célébrer les bar et bat-mitsva de leurs enfants. Ils savaient qu’ils étaient juifs, pour la plupart de classe moyenne aussi — leurs coreligionnaires plus aisés et plus conscients d’eux-mêmes vivaient de l’autre côté du fleuve, dans la City, quelque part sur l’Upper East Side ou ailleurs — mais ils étaient satisfaits de la tournure des choses et n’avaient certainement pas l’intention de faire des vagues. À bien des égards, ces habitants de Brooklyn incarnaient le Juif américain typique.

Dans ce monde respectable arriva ‘Habad-Loubavitch, un mouvement ‘hassidique de Russie blanche qui s’établit à Crown Heights en 1940, lorsque le Sixième RabbiRabbi Yossef Its’hak Schneersohn, que le souvenir du juste soit une bénédiction — s’échappa de l’Europe occupée par les Allemands et établit son nouveau siège sur Eastern Parkway. Les Juifs du quartier s’en étaient bien sortis dans le Nouveau Monde — Alfred Kazin les appelait les alrightniks — et ils respectaient profondément l’abnégation de Rabbi Yossef Its’hak dans sa défense du judaïsme en Union soviétique.

Cela ne signifiait pas pour autant qu’ils souhaitaient nécessairement voir des ‘hassidim à l’ancienne envahir leurs rues propres, sûres et élégantes.

Bien que leur opposition se soit rapidement dissipée, les habitants avaient raison de penser que leurs nouveaux voisins ne se fondraient pas simplement dans le tissu de la vie juive américaine moderne. Cela devint encore plus évident en 1950, lorsque le Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, que le souvenir du juste soit une bénédiction, succéda à son beau-père à la direction du mouvement de Loubavitch. S’appuyant sur les fondations posées par Rabbi Yossef Its’hak, le Rabbi déploya une vaste vision visant à reconnecter chaque Juif avec son âme juive, en commençant par les Juifs américains profitant de leurs après-midi sur les bancs et les perrons du centre de Brooklyn.

En septembre 1953, le secrétaire en chef du Rabbi, le Rav ‘Haïm Mordekhaï Aïzik Hodakov, convoqua deux étudiants de yeshiva dans son bureau avec une nouvelle directive du Rabbi. « Il nous a dit que pour Soukkot, nous devions sortir dans la rue avec un loulav et un etrog et aussi rassembler des enfants dans la soukka, et les aider à faire la bénédiction sur l’etrog… », écrivit l’un des étudiants, Elya Gross, dans son journal. « Il nous en a parlé [quelques semaines avant la fête] afin que nous ayons suffisamment de temps pour partager [ses instructions avec nos camarades] qui quittaient la ville pour les fêtes. »

Le regretté Rav Its’hak Méir Kagan, émissaire de longue date du mouvement ‘Habad-Loubavitch à Détroit, parcourt les rues dans une soukka-mobile, muni d’un loulav et d’un étrog, vers 1970. - Photo: Challenge
Le regretté Rav Its’hak Méir Kagan, émissaire de longue date du mouvement ‘Habad-Loubavitch à Détroit, parcourt les rues dans une soukka-mobile, muni d’un loulav et d’un étrog, vers 1970.
Photo: Challenge

Cette entrée de journal enregistre la naissance, il y a 70 ans, de la campagne du Loulav et Etrog. L’idée était simple : pendant la semaine de Soukkot, prendre les Quatre Espèces, c’est-à-dire une branche de palmier (loulav), deux saules (aravot), au moins trois rameaux de myrte (hadassim) et un cédrat (etrog), et offrir aux Juifs la possibilité d’accomplir l’une des mitsvot centrales de la fête de Soukkot. (La campagne du Chofar — au cours de laquelle on sonne le chofar à Roch Hachana pour des Juifs dans la rue ou ailleurs remonte elle aussi à l’automne 1953, bien qu’il existe moins de documentation sur ses débuts.)

Peut-être le Rabbi a-t-il choisi d’inaugurer ses campagnes de mitsva par la mitsva du loulav et de l’etrog parce qu’il est relativement facile de la partager. D’abord, vous tendez à votre frère juif un loulav et vous l’aidez à réciter la première bénédiction de ‘al netilat loulav. Ensuite, s’il s’agit de sa première fois cette année, vous lui donnez l’etrog et vous l’aidez à réciter Chéhé’héyanou — l’habitué des campagnes sait que beaucoup de Juifs américains sont assez familiers de cette bénédiction pour la terminer d’eux-mêmes. Enfin, vous montrez à votre nouvel (ou ancien) ami comment joindre les Quatre Espèces et les balancer. S’il le souhaite, vous pouvez lui montrer comment les agiter dans les six directions, comme c’est la tradition — mais ce n’est pas fondamental à la mitsva, qui peut s’accomplir en une minute.

Le plus difficile, dans tout ce processus, c’est d’aborder un inconnu et de lui demander, dans la langue et la forme où vous êtes le plus à l’aise, la question d’ouverture : « Pardonnez-moi, êtes-vous juif ? »

Un jeune émissaire ‘Habad-Loubavitch aide à accomplir la mitsva du loulav et de l’étrog au Beth ‘Habad du Ghana, en 2022. - Photo: Chabad of Ghana
Un jeune émissaire ‘Habad-Loubavitch aide à accomplir la mitsva du loulav et de l’étrog au Beth ‘Habad du Ghana, en 2022.
Photo: Chabad of Ghana

Étude de marché

Si le journal d’Elya Gross raconte le lancement de l’initiative, c’est le dou’h — acronyme des mots hébraïques dine vé-‘heshbone, litt. « loi et comptabilité », mais, en usage courant, un « rapport » — de son camarade, le Rav Berel Shemtov, qui précise ce qui s’ensuivit. Directeur de ‘Habad-Loubavitch du Michigan depuis 1958, Rav Shemtov, né en Russie, était étudiant à la yeshiva de Loubavitch à Brooklyn lorsque lui et Elya Gross furent appelés dans le bureau de Hodakov. Peu après la campagne inaugurale de Loulav et Etrog, Berel Shemtov s’assit et rédigea un rapport, destiné au Rabbi, sur ce qui s’était passé dans la rue. Ce document singulier offre une fenêtre sur l’état de la vie juive américaine de l’époque, et sur la voie sur laquelle le Rabbi orientait ‘Habad. Berel Shemtov écrivit :

Pendant les deux premiers jours de Soukkot, presque tous les étudiants de la yeshiva et certains membres de la communauté mariés sont sortis avec les Quatre Espèces dans les rues et parcs de Crown Heights, Brownsville, East New York et le Bronx pour permettre au public de participer [à la mitsva]. En plusieurs endroits, des groupes d’enfants se sont rassemblés autour, produisant une impression très positive. Certains sont retournés chez eux pour chercher un couvre-chef et se laver les mains avant d’accomplir la mitsva. Au total, environ 1 500 de nos frères juifs ont accompli la mitsva.

Le mouvement ‘Habad en Israël aide le président Shimon Peres à réciter la bénédiction sur le loulav et l’étrog, en 2007. - Photo: Moshe Milner/GPO.
Le mouvement ‘Habad en Israël aide le président Shimon Peres à réciter la bénédiction sur le loulav et l’étrog, en 2007.
Photo: Moshe Milner/GPO.

Le Rav Elya Gross a organisé une Messibos Shabbos [rassemblement l’après-midi de Chabbat ou de fête, centré sur quelques paroles de Torah, peut-être une histoire juive, et quelques en-cas sur lesquels réciter des bénédictions] dans la soukka et la synagogue du Rabbi durant les premiers jours de la fête, rassemblant environ 25 enfants chaque jour.

Quelques-unes des réactions que nous avons reçues de Juifs non pratiquants :

  1. Les larmes aux yeux : « Cela fait tant d’années (ou jamais) que nous n’avons pas accompli cette mitsva. »
  2. « Revenez nous voir les autres jours de la fête » ou : « Nous viendrons chez vous dans les jours qui viennent. »
  3. « Merci infiniment de faire cela. »

Tous les répondants ci-dessus furent stupéfaits que nous ne prenions pas l’argent qu’ils nous proposaient.

Quelques réactions négatives :

  1. « Pourquoi vous livrez-vous à ces absurdités ?! Ceux qui veulent faire la bénédiction l’ont déjà faite d’eux-mêmes. »
  2. « Mêlez-vous de vos affaires » [מאן דשעראן ביזנעס]. Et ainsi de suite.

Quelques réactions de Juifs pratiquants :

  1. « Comme ces activités de Loubavitch sont précieuses et remarquables ! »
  2. « Si seulement d’autres rabbins envoyaient leurs fidèles faire des choses similaires. » Etc., etc.
  3. « Bittoul Torah [perte de temps qui devrait être consacrée à l’étude de la Torah] ! » « Une profanation du nom de D.ieu ! » « Pourquoi cette mitsva en particulier ? » « Ces Juifs devraient être tenus à l’écart, pas abordés ! » Etc.

Le rapport était suivi de deux listes de noms, une pour chacun des deux premiers jours de Soukkot, des 70 jeunes gens ayant participé à la campagne inaugurale de Loulav et Etrog — 35 par jour, beaucoup de noms étant dupliqués —, le plus jeune d’entre eux étant un garçon de 7 ans. Parmi ceux qui sortirent, outre Berel Shemtov (Elya Gross, né en Amérique, avait été chargé d’animer le rassemblement d’enfants pendant la fête), figuraient les rabbins Yoel Kahn, Pin’has et Guédalia Korf, Berel Raskin et Chmouel Fogelman.

Le Rav ‘Haïm Mordekhaï Aïzik Hodakov, secrétaire en chef du Rabbi, s’adresse aux étudiants de la yeshiva centrale Loubavitch à Brooklyn (New York), au milieu des années 1970.
Le Rav ‘Haïm Mordekhaï Aïzik Hodakov, secrétaire en chef du Rabbi, s’adresse aux étudiants de la yeshiva centrale Loubavitch à Brooklyn (New York), au milieu des années 1970.

« Sortir et résoudre »

Il n’y avait rien de grandiose dans ce premier effort de sensibilisation. « Il n’y avait pas de médias, je peux vous l’assurer », se souvient le Rav Yehouda Krinsky, autre participant mentionné sur la liste, qui devint quelques années plus tard membre du secrétariat du Rabbi et qui est aujourd’hui président à la fois de Merkos L’Inyonei Chinuch (le bras éducatif du mouvement ‘Habad-Loubavitch) et de Machanei Israël (son bras de services sociaux). « C’était une affaire très discrète, de personne à personne, mais c’était assurément quelque chose de nouveau. »

L’idée d’aller à la rencontre de leurs nombreux voisins juifs, souligne le Rav Krinsky, n’était pas vraiment nouvelle. ‘Habad le faisait depuis sa fondation à la fin du XVIIIe siècle, et, une fois transplanté en Amérique, ce souci pour leurs frères juifs se manifesta de multiples manières.

Loubavitch fut pionnier du réseau des écoles juives à travers les États-Unis, Merkos L’Inyonei Chinuch ayant été fondé en 1942 pour « promouvoir l’éducation religieuse juive dans toutes les composantes du peuple juif », comme l’indique une brochure de 1948, « sans aucune distinction, afin de former une nouvelle génération d’enfants juifs… »

Le rapport du Rav Berel Shemtov de 1953 sur les résultats de la première campagne du loulav et de l’étrog. - Photo: Chabad of Michigan
Le rapport du Rav Berel Shemtov de 1953 sur les résultats de la première campagne du loulav et de l’étrog.
Photo: Chabad of Michigan

Il y eut aussi le programme « Released Time », dans le cadre duquel des éducateurs de Loubavitch utilisaient — comme ils le font encore à ce jour — une disposition du droit de l’État de New York pour dispenser chaque semaine, pendant une heure sur le temps scolaire, un enseignement de Torah aux élèves des écoles publiques. Il y eut aussi les groupes de jeunesse « Messibos Shabbos ». « Je m’occupais des Messibos Shabbos alors même que j’étais adolescent à Boston, avant de venir à la yeshiva à New York », explique Yehouda Krinsky, qui se souvient d’avoir pris son loulav et son etrog cette première année pour passer de chambre en chambre au Carson C. Peck Memorial Hospital qui se situait autrefois sur Crown Street.

Mais malgré tout, sortir dans la rue et interagir ainsi avec les gens était nouveau, tant pour les étudiants de ‘Habad que pour les Juifs qu’ils rencontraient. Dans une interview accordée à Chabad.org en 2020, le Rav Moché Pessa’h Goldman — un autre étudiant mentionné — se souvenait avoir grandi à proximité, à Brownsville, et avoir vu un homme frapper aux portes du quartier avec un loulav et un etrog. « Mais lui, il faisait cela contre rémunération », a plaisanté Goldman. « Nous, nous le faisions gratuitement ! »

‘Habad était relativement petit à l’époque, avec seulement quelques dizaines d’étudiants à la yeshiva centrale de Crown Heights. C’étaient principalement soit des garçons américains dont les parents allaient à contre-courant en envoyant leurs enfants dans des écoles juives, soit des survivants de la Shoah et de la terreur stalinienne nés en Russie. C’est le Rabbi qui les orientait vers l’extérieur, leur illustrant parfois même les principes de base. Goldman, l’un de ces garçons nés en Amérique, se souvient d’un épisode remarquable qui semble remonter à la fin des années 1940, juste avant l’accession du Rabbi à la direction.

« Le Rabbi a une fois convoqué les garçons — ce n’était pas Soukkot, c’était une autre fois — et nous a dit de sortir dans la rue et de parler à des Juifs non pratiquants », se rappelle Goldman dans la même interview de 2020. « Nous avons dit : “Nous devrions leur parler ? Nous ne savons pas comment.” Alors le Rabbi a dit : “Je vais vous montrer.” »

Le Rav Goldman raconte que le Rabbi les conduisit aussitôt, lui et ses camarades de yeshiva, hors du bâtiment, le long d’Eastern Parkway jusqu’à l’angle d’Utica Avenue, alors cœur commercial d’un Crown Heights très juif. « Le Rabbi est monté sur un banc et a commencé à parler [aux personnes assises autour]. Au bout de quelques minutes, il est descendu, s’est tourné vers nous et a dit : “Nou, guezehn [Vous avez vu] ?” C’était la première fois que nous voyions ce que signifiait partager une idée juive avec un tel public. »

Les médias ont peut-être manqué l’événement au départ, mais ils ont fini par y prêter attention. « Attention, les Loubavitch sont partout ! », lisait un titre pince-sans-rire du National Jewish Post and Opinion en octobre 1965. « Comme les années précédentes, observait l’auteur, les Loubavitch descendront dans les carrefours bondés des villes du monde avec etrog et loulav en main pour inciter à l’accomplissement de la mitsva ceux qui ne la pratiquent pas. »

« … le fait demeure que, pendant que le reste d’entre nous discute des raisons pour lesquelles les jeunes Juifs ne viennent pas à la synagogue pour prier, et encore moins pour mettre les téfiline, les Loubavitch font quelque chose pour amener la synagogue, et les téfiline, jusqu’à eux », écrivait le Rav Irving J. Rosenbaum en 1968 dans sa chronique « Rabbi at Random » du Chicago Sentinel. « Cette approche directe, presque primitive, a marqué leurs efforts étonnants pour contribuer à répondre aux besoins religieux des Juifs soviétiques, à maintenir des écoles pour les Juifs de Perse aussi bien que pour ceux de Brooklyn, ou à acheminer des “matsot chemourot” spéciales aux GI au Vietnam. Alors que la plupart des organisations expliquent pourquoi le problème ne peut pas être résolu, les ‘hassidim de Loubavitch sortent et le résolvent. »

Une marche organisée par Messibos Shabbos en faveur de l’observance du Chabbat se forme devant le siège du mouvement ‘Habad, au 770 Eastern Parkway, dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn (New York), vers les années 1940.
Une marche organisée par Messibos Shabbos en faveur de l’observance du Chabbat se forme devant le siège du mouvement ‘Habad, au 770 Eastern Parkway, dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn (New York), vers les années 1940.

Tous ensemble

En un mot, sortir dans la rue avec un loulav et un etrog, une paire de téfiline ou des boîtes de ‘hanoukiot en métal et des bougies, c’est une manière d’engager les Juifs avec l’essence du judaïsme : l’action. Les conférences et les fêtes, c’est très bien, mais si vous voulez qu’un Juif s’implique dans sa vie juive, offrez-lui d’accomplir une mitsva. Car, à cet instant où il a mis les téfiline, ou allumé les bougies de Chabbat ou de ‘Hanouka, ou récité la bénédiction sur le loulav et l’etrog et les a secoués, il est un Juif pleinement engagé avec son héritage.

Dans une lettre de 1980 au sujet des personnes ayant des besoins particuliers, le Rabbi souligna l’importance de partager les mitsvot avec tous les Juifs, y compris ceux qui peuvent ne pas saisir pleinement le sens des rites, citant en particulier le loulav et l’etrog. Il notait que les ‘hassidim de Loubavitch avaient mis un accent particulier sur les visites dans les maisons de retraite et les centres pour personnes âgées avec les Quatre Espèces, et que les résultats étaient frappants. « Les médecins et les infirmières furent stupéfaits de constater une telle transformation », écrivit le Rabbi. « Des personnes qui avaient passé d’innombrables jours dans une immobilité silencieuse, profondément déprimées et indifférentes à tout ce qui les entourait, au moment où elles voyaient un jeune homme entrer avec un loulav et un etrog à la main manifestaient soudain un vif intérêt, saisissaient avec empressement les objets de la mitsva qu’on leur tendait, certaines récitant les bénédictions par cœur, sans qu’on ait besoin de les leur souffler. La joie dans leurs cœurs transparaissait sur leurs visages, qui n’avaient que trop longtemps oublié le sourire.

« Point n’est besoin de rechercher une explication mystique à cette réaction. De manière compréhensible, la vue de quelque chose de si tangible et clairement associé à la joie de [Soukkot] a manifestement touché et libéré des souvenirs vivaces d’expériences qui les avaient imprégnés dans les années antérieures. »

Le Rav Nosson Gourary, émissaire ‘Habad de longue date à Buffalo (New York), discute avec un étudiant juif depuis les marches de sa soukka-mobile sur le campus de la SUNY Buffalo, au début des années 1970. - Photo: Kehot Publication Society
Le Rav Nosson Gourary, émissaire ‘Habad de longue date à Buffalo (New York), discute avec un étudiant juif depuis les marches de sa soukka-mobile sur le campus de la SUNY Buffalo, au début des années 1970.
Photo: Kehot Publication Society

L’idée que tel est l’héritage partagé du peuple juif — que la Torah et les mitsvot de D.ieu appartiennent à l’ensemble du peuple juif, chaque homme, femme et enfant, quel que soit son milieu, son niveau d’instruction ou son affiliation déclarée — est également mise en lumière lors de la fête de Soukkot, quand il est enjoint au peuple juif d’entrer ensemble dans la soukka. Plus encore, le Rabbi faisait remarquer que cette unité se reflète dans la mitsva des Quatre Espèces. Chacune représente l’un des quatre types de Juifs, mais ce n’est qu’en prenant l’etrog, le loulav, le myrte et le saule et en les unissant que la mitsva de Soukkot peut être accomplie.

« Lorsque nous accomplissons la mitsva du loulav, expliqua le Rabbi le deuxième jour de Soukkot en 1970, et que nous veillons à ce qu’un autre Juif accomplisse aussi la mitsva des Quatre Espèces en les balançant — alors c’est le monde entier qui tremble ! »

Loulav et étrog dans les rues de Kharkov, en Ukraine, en 2006. La statue de Lénine qui domine à l’arrière-plan a été déboulonnée en 2014.
Loulav et étrog dans les rues de Kharkov, en Ukraine, en 2006. La statue de Lénine qui domine à l’arrière-plan a été déboulonnée en 2014.

Envie de partager la mitsva du loulav et de l’etrog avec d’autres ce Soukkot ? Voici comment faire :

Étape 1. Abordez quelqu’un dans la rue, au bureau ou partout où vous voyez des gens et demandez-lui (poliment) : « Pardonnez-moi, êtes-vous juif ? » Vous pouvez sauter cette étape s’il s’agit d’un ami, d’un voisin, d’un proche ou d’un collègue dont vous savez qu’il fait partie de « la tribu ».

Étape 2. Demandez-lui s’il souhaite prendre une minute pour accomplir une mitsva en l’honneur de Soukkot.

Étape 3. Il accepte ? Magnifique ! Tendez-lui votre loulav (il le tient de la main droite, sauf s’il est gaucher) et proposez-lui de répéter, mot à mot :

Bah-roukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh ha-olam, acher kidéchanou bé-mitsvotav vé-tsivanou ‘al nétilat loulav.

Donnez-lui l’etrog à tenir dans la main gauche.

[Le premier jour de Soukkot (ou la première fois qu’il accomplit cela pendant Soukkot), demandez-lui de réciter encore une bénédiction, très connue :]

Bah-roukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh ha-olam ché-hé’héyanou, vé-kiyemanou vé-higuiyanou lizmane ha-zé.

Dites-lui de rapprocher le loulav et l’etrog et de les balancer.

Et voilà, c’est terminé. Votre ami a accompli une mitsva, et vous avez officiellement rejoint la campagne du Loulav et de l’Etrog lancée par le Rabbi. Mazal tov !

Des militants ‘Habad en Israël apportent la mitsva du loulav sur les lignes de front, vers les années 1980.
Des militants ‘Habad en Israël apportent la mitsva du loulav sur les lignes de front, vers les années 1980.
Une membre des Forces de Défense d’Israël récite la bénédiction du loulav et de l’étrog sur Jaffa Street, à Jérusalem, en 2008. - Photo: Mark Neyman/GPO
Une membre des Forces de Défense d’Israël récite la bénédiction du loulav et de l’étrog sur Jaffa Street, à Jérusalem, en 2008.
Photo: Mark Neyman/GPO