Nos Sages statuent dans le Midrache que l'Étrog, le Loulav, les Hadassim et les Aravot utilisés pendant la fête de Souccot pour accomplir le commandement de « prendre les quatre espèces », symbolisent chacun une catégorie spécifique de Juifs.

L'Étrog – le cédrat – qui possède à la fois un goût agréable et un parfum délicat, représente le Juif qui étudie la Torah et pratique les Mitsvot. Puisque l'étude de la Torah constitue une quête intellectuelle, qui doit être appréciée et savourée, elle est comparée au goût. L'accomplissement des com­mandements (« bonnes actions ») par l'acceptation du joug divin est comparé au parfum, quelque chose de moins tangible.

Le Loulav – la branche de palmier – fait allusion à ces Juifs qui excellent dans l'étude de la Torah, mais non dans la pratique des Mitsvot ; comme la datte, poussant sur la branche de palmier, qui possède un bon goût, mais n'a aucun parfum.

Les Hadassim – les branches de myrte – ont un arôme plaisant, mais aucun goût. Ils symbolisent les Juifs qui accomplissent les Mitsvot, mais n'étudient pas la Torah.

Les Aravot – les branches de saules – manquant à la fois de goût et de parfum, évoquent ces Juifs qui ne se distinguent ni dans l'étude de la Torah, ni dans la pratique des Mitsvot.

Quand vient la fête de Souccot, D.ieu dit : « Que toutes les “quatre espèces” soient rassemblées et elles apporteront mutuellement le pardon. »

La fête de Souccot célèbre-t-elle donc l'unité de tout le peuple juif, à son sens le plus propre ?

Selon le commentaire du Midrach, il apparaîtrait que la plus spirituelle des « quatre espèces » est l'Étrog, puisqu'il représente la catégorie de Juifs la plus élevée, ceux qui excellent à la fois dans l'étude de la Torah et les bonnes actions.

Et pourtant, lorsque nous prononçons la bénédiction sur les « quatre espèces », nous disons vetsivanou al netilat Loulav, « ...et nous a commandé de prendre le Loulav » et non « ...de prendre l'Étrog ». Quelle en est la raison ?

Nos Sages répondent que le Loulav est plus grand que les trois autres espèces. La forme que prennent tous les objets matériels, et plus particulièrement ceux qui sont relatifs aux Mitsvot, a un rapport direct avec la source spirituelle dont ils émanent. La grandeur du Loulav résulte nécessairement du fait que spirituellement, également, il possède une qualité qui en fait une espèce plus élevée que les autres.

Mais comment le Loulav peut-il posséder un statut spirituel plus grand que l'Étrog, qui possède à la fois le goût agréable de la Torah et le parfum des Mitsvot, alors que (le fruit) du Loulav ne possède que le goût : la Torah ?

On peut résoudre cette difficulté en comparant la Torah et les Mitsvot. En ce qui concerne les Mitsvot, Le Zohar les décrit comme étant « les membres du Roi ». Nos Sages se réfèrent à la Torah par ces mots : « la Torah et D.ieu sont véritablement un ». Bien que les membres du corps soient totalement annulés devant l'âme et ses désirs, ils ne sont toutefois pas l'âme elle-même. Il en est de même pour les Mitsvot. Leur accomplissement indique la subordination du Juif à D.ieu, mais il n'en reste pas moins une entité indépendante.

Mais, lorsqu'un Juif comprend la Torah et que, pour ainsi dire, son intellect appréhende l'intellect de D.ieu, il se trouve alors totalement uni à Son intellect, qui forme « Un » avec D.ieu Lui-même.

On comprend alors que plus il se dévoue à l'étude de la Torah, plus intense devient son attachement à D.ieu.

C'est pourquoi le « Juif-Loulav », celui qui se consacre totalement à l'étude de la Torah, parvient à un degré d'attachement à D.ieu plus intense que le « Juif-Étrog », qui se consacre, dans la même mesure à l'étude et à l'accomplissement des Mitsvot.

C'est cette unité plus étroite, représentée par le Loulav, qui est à l'origine de la bénédiction que l'on récite.

Ainsi, les « quatre espèces » sont-elles utilisées pour parvenir à l'unité qui résulte directement de l'unité des Juifs avec D.ieu et qui trouve sa meilleure expression dans le Loulav, qui évoque le dévouement absolu à la Torah.