Qu’est-ce qu’une Bar Mitsva ?
Bar mitsva signifie en hébreu « fils du commandement ». Lorsqu’un garçon juif atteint l’âge de 13 ans, il acquiert tous les droits et toutes les obligations d’un juif adulte, y compris les commandements de la Torah. À partir de cette date, il mettra les téfiline quotidiennement, participera aux offices à la synagogue et s’intégrera pleinement à la communauté juive. Cette étape — appelée bar-mitsva — est souvent célébrée par une cérémonie à la synagogue, la mise des téfiline et des festivités. Le garçon pourra être appelé à la Torah, diriger l’office, prononcer un discours ou encore témoigner de diverses manières de son nouveau statut.
Le statut de bar-mitsva prend effet automatiquement, qu’il y ait ou non une célébration ou une cérémonie particulière. Mais puisque devenir bar-mitsva est une étape si importante et une occasion si joyeuse, nous veillons à célébrer cela entourés de la famille et des amis.
Comment célèbre-t-on une Bar-Mitsva ?
Depuis toujours, la tradition juive est de marquer cette étape par une cérémonie à la synagogue, accueillant le garçon bar-mitsva dans le monde des adultes juifs et l’initiant aux possibilités et aux responsabilités liés à ce nouveau statut.
La cérémonie de la Bar-Mitsva diffère quelque peu selon les communautés, mais les éléments de base restent les mêmes. Nous allons présenter l’ensemble des pratiques traditionnelles en respectant leur ordre d’importance. Bonne lecture !
La mitsva des Téfiline
Que sont les Téfiline ?
Les téfiline sont des boîtes en cuir noir contenant des parchemins sur lesquels sont inscrits le Chéma Israël et d’autres passages de la Torah. La Torah ordonne aux hommes juifs adultes d’attacher les téfiline sur la tête et le bras à l’aide de lanières de cuir, pour accomplir le verset : « Tu les attacheras comme un signe sur ta main, et ils seront comme un rappel entre tes yeux » (Deutéronome 6,8). Les téfiline sont portés pendant la prière du matin en semaine.
Les téfiline se portent sur la tête et sur le bras, près du cœur, afin de rappeler que l’on doit engager son intellect, ses sentiments et ses actions au service de D.ieu. Les Juifs accomplissent cette mitsva avec amour et dévotion depuis plus de 3 000 ans, comme c’est le cas aujourd’hui.
Téfiline et Bar-Mitsva :
Bien que les jeunes garçons soient éduqués à observer toutes les mitsvot même avant leur bar-mitsva, les téfiline font exception. Un garçon ne commence à poser les téfiline qu’à l’approche de son treizième anniversaire. C’est pourquoi, plus que toute autre pratique, les téfiline ont toujours été le symbole de l’honneur du passage à la majorité religieuse. Traditionnellement, l’achat des téfiline à l’occasion de la bar-mitsva est une grande source de fierté pour les parents et les grands-parents.
Ressources
Consultez notre section complète sur les Téfiline.
La montée à la Torah
Lorsque la Torah est lue publiquement à la synagogue (le Chabbat, le lundi et le jeudi matin, ainsi que lors des fêtes et des jeûnes), des membres de l’assemblée sont appelés à monter pour une aliya : l’honneur de réciter l’une des bénédictions sur la Torah. À l’origine, celui qui était appelé (le oleh) lisait lui-même un passage de la Torah. Mais de nos jours, nombre de fidèles n’ayant pas reçu l’entraînement nécessaire, un « lecteur » désigné lit le passage à haute voix, tandis que le oleh lit à voix basse (ou écoute).
Aliya signifie « élévation », en référence à la fois à la montée physique sur l’estrade de la lecture de la Torah et à l’élévation spirituelle vécue à ce moment-là.
Traditionnellement, un garçon reçoit une aliya lors du premier « jour de lecture de la Torah » qui suit son treizième anniversaire. Certains attendent le premier Chabbat qui suit la bar-mitsva.
Pour recevoir une aliya, il faut connaître la procédure d’appel à la Torah ainsi que les bénédictions à réciter avant et après la lecture.
La fête
La majorité religieuse juive implique de nombreuses responsabilités, mais c’est aussi un immense privilège. Il est difficile d’imaginer une occasion plus joyeuse à célébrer qu’une bar-mitsva. D’ailleurs, selon certains avis, organiser un festin en l’honneur d’une bar-mitsva est en soi une mitsva !
Beaucoup de fêtes de bar-mitsva se tiennent immédiatement après la cérémonie à la synagogue et comprennent un repas festif, suivi de musique (lorsqu’il ne s’agit pas de Chabbat) et de danses.
Lors du choix de la date, gardez à l’esprit que si la fête n’a pas lieu le jour même de la Bar-Mitsva (c’est-à-dire le treizième anniversaire hébraïque du garçon), il convient de marquer ce jour par une célébration, même modeste.
Un dernier point : dans de nombreuses communautés, la fête de bar-mitsva peut parfois égaler celle d’un mariage. Il est important de rappeler que, tout comme la fête de mariage est secondaire à la cérémonie nuptiale, la cérémonie de la Bar-Mitsva est bien plus essentielle que la fête, et doit constituer le cœur de la préparation.
Le discours de la Bar-Mitsva
Il est d’usage que le garçon prononce un discours, soit à la synagogue après la lecture de la Torah, soit lors de la réception qui suit.
Ce discours comporte généralement une réflexion tirée de la paracha de la semaine, que le jeune homme appliquera d’une manière ou d’une autre à sa propre vie. Le but du discours est d’encourager le garçon dans la tradition juive de partager les enseignements de Torah acquis avec autrui.
Le discours est aussi l’occasion idéale de remercier ses parents, sa famille et ses amis.
La lecture de la haftara ou d’une portion de la Torah
Dans de nombreuses communautés, il est d’usage que le garçon lise lui-même la lecture de la Torah, ou au moins une section. D’autres ont la coutume d’honorer le garçon avec la dernière aliya, appelée « Maftir », après quoi il lit la haftara : la lecture tirée des prophètes qui suit la lecture de la Torah du Chabbat.
Néanmoins, beaucoup considèrent que cette coutume n’a pas de source obligatoire et ne constitue donc pas une exigence pour la cérémonie de bar-mitsva. Le Rabbi de Loubavitch écrit qu’en préparation à « l’acceptation du joug des mitsvot », le garçon devrait consacrer du temps à l’étude des fondements du judaïsme, notamment les lois qui régissent la vie quotidienne. Se préparer à lire dans la Torah ou à réciter la haftara demande beaucoup de temps, et est moins important que ces études mentionnées. Il est donc préférable de consacrer ce temps précieux à des sujets plus fondamentaux.
Projet Mitsva
La Torah contient 613 mitsvot — ce qui peut sembler impressionnant pour le garçon bar-mitsva. Quelle meilleure manière de s’y préparer qu’en approfondissant une mitsva en particulier et en s’appropriant sa pratique ? Dans le cadre du « Projet Mitsva », le garçon étudie une mitsva en profondeur, afin de pouvoir l’accomplir pleinement lorsqu’il en aura l’opportunité.
Le projet peut être orienté vers l’aide à autrui, par exemple une collecte de charité, pour encourager la tradition juive de ‘hessed (bienfaisance), ou porter sur une mitsva telle que la mise des téfiline. Quelle que soit la mitsva choisie, il en retirera assurément une grande satisfaction.
Préparation et étude
Maintenant que vous savez ce qu’implique la bar-mitsva, il est temps de commencer à se préparer !
Bien se concentrer
La bar-mitsva n’est pas seulement un événement unique, mais un maillon essentiel dans une chaîne continue d’expériences religieuses et spirituelles. L’aspect le plus important de la bar-mitsva n’est donc pas la fête ou la performance, mais l’impact et l’effet à long terme que cette expérience aura sur l’identité juive du jeune homme. Les préparatifs de la bar-mitsva doivent rester centrés sur cet objectif et ne pas être dominés par des considérations accessoires.
Le jeune homme doit passer les mois précédant sa bar-mitsva à réviser la pratique des mitsvot, à apprendre leur importance, et à approfondir sa compréhension de ce que signifie être juif.
Évidemment, il est impossible de tout assimiler en quelques mois. La meilleure préparation à une vie juive pleine de sens reste une scolarité dans une école juive, un programme extrascolaire ou le Talmud-Torah du dimanche.
Mais quel que soit leur parcours antérieur, tous les garçons suivent une préparation spéciale en vue du grand jour de leur bar-mitsva.
Les cours de Bar-Mitsva et le choix de la synagogue
Pourquoi choisir des cours de bar-mitsva ?
Les cours aident le garçon à se préparer pour le grand jour.
Que va-t-on y apprendre ?
Le contenu varie selon l’éducation reçue, les coutumes de la communauté et les attentes du garçon et de ses parents. Pour certains, les cours porteront sur la lecture de l’hébreu et l’apprentissage des bénédictions pour la montée à la Torah ; pour d’autres, il s’agira d’apprendre à réciter la haftara, une portion de la Torah ou à diriger les prières. Les cours servent également, en général, à la préparation du discours de bar-mitsva.
Combien de temps à l’avance faut-il commencer les cours ?
La durée optimale de préparation varie de six à dix-huit mois, selon le niveau de lecture en hébreu et selon que l’on souhaite apprendre à lire la Torah ou à chanter la haftara. Plus les cours débutent tôt, moins le garçon subira de pression à l’approche de la date.
Choisir un enseignant et une synagogue
Lorsque vous recherchez un enseignant, privilégiez une personne qui saura donner à cette préparation une véritable dimension, au-delà de l’aspect purement technique.
Si vous êtes affilié à une synagogue, le rabbin pourra éventuellement assurer les cours lui-même, ou vous orienter vers quelqu’un d’autre. Si vous n’êtes pas affilié, vous pouvez chercher un rabbin ‘Habad dans votre région. Pour en savoir plus sur ‘Habad-Loubavitch cliquez ici.
Choisir la bonne date
Un garçon devient bar-mitsva le jour de ses 13 ans d’après le calendrier hébraïque. Veillez à planifier la célébration pour le jour juif de son anniversaire, ou peu après. Utilisez notre calculateur de date de bar-mitsva pour vérifier la date exacte.
Cadeaux de Bar-Mitsva
Les cadeaux traditionnels offerts à l’occasion d’une bar-mitsva sont des livres à valeur religieuse ou éducative, des objets rituels, des chèques-cadeaux ou de l’argent. Offrir une somme en multiple de 18 est considéré comme particulièrement propice, et cette coutume s’est largement répandue lors des bar-mitsva.
Comme mentionné plus haut, c’est en général avec une grande fierté que les parents ou grands-parents offrent à l’enfant sa première paire de téfiline.
Après la Bar-Mitsva
Bien que la cérémonie de la bar-mitsva constitue une étape majeure dans la vie d’un garçon juif, nécessitant une préparation et des études sérieuses, elle ne doit jamais être considérée comme une « fin d’études » du judaïsme, mais comme le début lumineux d’une vie juive riche et épanouissante.
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