Le peuple avait initialement refusé de poursuivre vers la Terre d’Israël, car il pensait qu’il était impossible de la conquérir, même avec l’aide de D.ieu. À quoi doit-on l’abandon soudain de leur scepticisme ? Après tout, Moïse ne leur montra pas alors le moindre miracle, pas plus que D.ieu n’apparut pour faire quelque sublime démonstration de Sa puissance.
Nos sages attestent que chaque Juif est habité d’une inhérente foi en D.ieu. Aussi, même lorsque le peuple manifesta son scepticisme, il avait cependant foi en Lui ; sa foi fut seulement momentanément obscurcie par l’émotion qui fut alors la sienne. C’est la raison pour laquelle dès que D.ieu les réprimanda et lui fit connaître la sévérité des conséquences de sa défection à la foi, celle-ci se réveilla immédiatement en lui.
Il en va de même de nombre de doutes dont nous sommes parfois assaillis. Notre questionnement est souvent dû à une perception exagérément matérialiste des enjeux de la vie. La foi en D.ieu nous habite bien au plus profond de notre cœur. En de tels moments, la façon de vaincre nos doutes ne consiste pas à leur répondre directement, mais simplement à réveiller la foi pure qui sommeille au fond de nous.1


Croire et être sûr, ce n'est pas une posture, c'est un engagement corporel, une forme de galvanisation. Les moments clés ne sont pas nécessairement fébriles. Ils peuvent être paisibles mais restent déterminés totalement farouchement. Ce n'est pas que le matérialisme qui est en jeu. Le prosaïsme, la vision rétrécie et le repli intérieur sont les freins qui créent le doute dans un no man's land intérieur. Il est des moments où on choisit de ne plus douter, c'est un acte volontaire et il commence par le pas qu'on fait immédiatement après, matériellement, en vrai. Si c'est pour s'asseoir ou pour prendre un sac ou pour presser son cœur, ce n'est pas douter mais juste avoir peur et sentir avant de penser. On ne peut pas combattre si on est chargé de poids, de doutes. Il faut avancer sans poids, lâcher ses poids et y aller de toutes ses forces dans un présent permanent. Douter c'est arbitrer extrapoler. Sentir c'est recevoir pour agir ensuite avec détermination