Question :
Pouvez-vous m’expliquer mes enfants ? J’ai dédié ma vie à subvenir à leurs moindres besoins. Mais si je demande à l’un d’entre eux de m’amener un verre d’eau, il se met instantanément à rechigner et maugréer. Pourquoi les parents sont-ils tellement plus dévoués envers leurs enfants que les enfants ne le sont envers leurs parents ?
Réponse :
Nous sommes tous les descendants d’Adam et Ève, les premiers êtres humains. Nous avons hérité d’eux les ingrédients de base de la nature humaine. Ils n’avaient pas de parents. Ils furent créés, pas engendrés. Ils n’eurent pas de cordon ombilical et ils n’avaient sans doute pas non plus de nombril. C’est pourquoi le désir de s’occuper de ses enfants est dans la nature humaine, mais s’occuper de ses parents est un talent qui ne vient pas naturellement.
Les gênes que nous transmettons à nos enfants ne suffisent pas. Nous devons aussi leur transmettre un code moral. S’ils sont élevés de manière à penser qu’ils ne sont rien d’autre que des animaux intelligents, alors ils suivront leur instinct, qui les programme à s’occuper d’eux-mêmes et de leur progéniture, mais pas de leurs parents. Mais si nous apprenons à nos enfants qu’ils sont des êtres moraux qui peuvent aller au-delà de leur programmation génétique, alors nous les éduquons à savoir que la vie est affaire d’accomplir ce qui est droit plutôt que ce que l’on ressent comme droit ; ce qui est bien plutôt que ce que l’on ressent comme bien.
Nous ne sommes pas simplement des singes dotés d’intelligence, mais des êtres éthiques avec un nombril.
Je crains que ce soit parce qu'il nous faut toute une vie pour devenir l'éthique que nous transmettons en parole (et en actes) aux enfants. Et je crains que ce ne soit que le jour où nous sommes à la place de nos parents que nous comprenons ce qu'il nous ont enseigné. C'est pourquoi parfois (voire souvent) nous sommes à la fois maître et élève lorsque nous avons la chance d'avoir près de nous nos parents nos enfants. Je bénis les milles fois où mon père ou ma mère m'ont regardée en souriant (ou l’œil sombre) quand je jugeais inappropriée l' attitude d'un de mes enfants me rappelant en un instant que ce n'était que pâle copie de ma même attitude à l'age de mes enfants. Ressentir que l'on peut avoir été pire que ses propres enfants, au delà des remords, c'est une vraie leçon d'humilité mais aussi signe qu'on fait ou qu'on a peut être fait de vrais progrès éthiques. et qu'on les fait ensemble grands-parents, parents, enfants. Si les enfants le vivent ainsi rien n'est perdu.