Matot-Massei
Consoler le père et ses enfants
Dans la lecture de la Torah de cette semaine, D.ieu dit à Moïse : « Exerce la vengeance des Enfants d’Israël contre les Midianites » (Nombres 31, 2). Et pourtant, lorsque Moïse transmet ce commandement au peuple, il modifie légèrement les termes : « Pour exécuter la vengeance de D.ieu contre Midiane » (verset 3). Selon le Midrash, Moïse leur disait : « Ce n’est pas une vengeance humaine, mais celle de Celui qui a parlé et par qui le monde fut. »
Le Rabbi attire notre attention sur cette nuance, et sur sa résonance particulière en ce Chabbat qui inaugure le mois de Mena’hem Av. Lorsque les lectures de Matot et Massei sont lues ensemble – comme cette semaine – elles tombent soit le Chabbat qui précède et bénit le mois de Av, soit le premier jour de ce mois si particulier.
Ce nom lui-même mérite réflexion. La coutume établie veut qu’on ne nomme pas ce mois simplement « Av », mais « Mena’hem Av » – « Celui qui console le Père ». C’est une formulation étonnante. Car à première vue, ce sont les enfants, le peuple juif, qui auraient besoin d’être consolés dans cette période d’exil et de deuil. Et pourtant, comme dans notre lecture de la Torah, c’est du Père qu’il est question ici. C’est Lui, en quelque sorte, que nous nous efforçons de consoler.
Les Sages nous disent que D.ieu Lui-même s’exclame : « Malheur au Père qui a exilé Ses enfants ». L’exil n’est pas seulement notre douleur. C’est aussi la Sienne. C’est pourquoi, lorsque nous aspirons à la Délivrance, nous le faisons non seulement pour apaiser nos souffrances, mais pour ramener la Présence divine à Sa place véritable. Lorsque le peuple juif est dispersé, la Chekhina est en exil avec lui. Et lorsque nous revenons, elle revient avec nous.
Alors, pourquoi ne parle-t-on pas de la consolation des enfants ? Parce qu’un Juif ne se considère pas comme une entité séparée. Son exil, sa peine, sa rédemption – tout cela est intrinsèquement lié à D.ieu. Consoler le Père, c’est la plus grande consolation possible pour les enfants.
Ce mois s’ouvre donc avec une tâche singulière : porter en nous le souci de la Présence divine, et nous attacher à vivre chaque jour comme une étape vers Son retour. Nos efforts spirituels, nos actes de bonté, nos prières – tout cela participe à la consolation du Père. Dans cette consolation se trouve la nôtre.
Puissions-nous faire de ce mois de Mena’hem Av un moment de consolation réelle – pour Lui, et donc pour nous, jusqu’à mériter la consolation universelle, la délivrance véritable avec la venue de Machia’h, très bientôt.
Chabbat Chalom !
Vos amis @ Fr.Chabad.org
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